LaREM réforme ses statuts

Quand :
25/11/2019 – 16/12/2019 Jour entier
2019-11-25T00:00:00+01:00
2019-12-17T00:00:00+01:00

A mi-mandat, la République En Marche (LaREM) lance cette semaine son acte II incarné par une nouvelle version de ses statuts. Le fruit de neuf mois de travail mené par les “marcheurs” depuis le début de l’année 2019. Aux manettes, le député parisien, Pacome Rupin, un homme de l’ombre, Jean-Marie Girier, le directeur de cabinet de Richard Ferrand, un membre du gouvernement, Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire, et une militante, Justine Henry, référente LaREM du XVIIIe arrondissement de Paris.

Depuis le début novembre, les adhérents depuis plus de 6 mois de la République En Marche, ont reçu une convocation pour la consultation électronique sur les nouveaux statuts. Le vote sur ces nouveaux statuts se tiendra de manière dématérialisée du 25 novembre au 16 décembre 2019. Une fois votés, ces statuts s’appliqueront au printemps 2020, après les municipales

Quels objectifs ?

Après son accession au pouvoir en 2017, le parti présidentiel a du se doter rapidement de statuts opérationnels. Deux mois après l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron les adhérents du mouvement avaient du en effet valider une organisation minimaliste lors d’un scrutin ouvert du 23 juillet au 16 août 2017. “Au lendemain de la présidentielle, il fallait aller vite pour démarrer le plus rapidement possible le quinquennat,” rappelle le délégué général du mouvement, Stanislas Guerini. “Mais aujourd’hui, les marcheurs attendent plus de démocratie interne d’un mouvement qu’ils veulent tourné vers les territoires plus que vers Paris. “

La réforme engagée repose selon le mouvement sur cinq piliers : “Voter et mieux voter”, ” Décentraliser davantage“, “Assurer une meilleure représentativité“, ” Garantir la parité à tous les niveaux“, “Rester fidèles à nos marqueurs“. Avec pour objectifs affichés, d’accorder plus d’attention aux militants et répondre aux accusations de centralisation excessive. Afin de répondre au procès en verticalité porté par les marcheurs eux-mêmes, le parti recrute ainsi actuellement 25 permanents qui seront basés dans les 13 grandes régions françaises, pour porter à 25% la part de salariés dans les territoires. “Le mouvement doit trouver l’équilibre entre verticalité et horizontalité et tendre davantage la main au local”, explique son délégué général, Stanislas Guérini.

Télécharger (PDF, 5.72MB)

Ce qu’on trouve dans les nouveaux statuts ?

Les grands principes d’En Marche y sont d’abord confirmés : la possibilité d’adhérer tout en militant dans un parti traditionnel et l’importance de confier des responsabilités à des adhérents qui ne disposent d’aucun mandat électoral, notamment. La fonction de référent territorial reste ainsi incompatible avec l’exercice d’un mandat parlementaire. L’interdiction qui avait disparu des nouveaux statuts dans un premier temps, a en effet été réintégrée après un ultime débat, lors du dernier bureau exécutif

Parmi les nouveautés, l’élection de binômes paritaires d’animateurs locaux, qui formeront le premier échelon de la pyramide macroniste. Un conseil territorial est également créé dans chaque département. Il regroupera les ministres, parlementaires et élus locaux du coin, le référent et un collège d’adhérents. Charge à lui de désigner les membres du comité politique territorial, l’instance pivot dans chaque territoire. Stanislas Guerini met également en avant la création d’une “commission nationale des talents”, chargée “d’objectiver”  le choix des référents.

La “décentralisation” opérée par ces nouveaux statuts épargne toutefois les référents départementaux. Déjà fragilisés par leur mode de désignation (par la direction parisienne),  ces bénévoles qui se plaignent de manquer de légitimité face aux parlementaires de leur territoire, ne voient pas leurs aspirations prises en compte.  L’idée qu’ils soient élus par les adhérents a ainsi été écartée, alors même que de nouveaux postes seront, eux, attribués par élections internes.

Mais la grande nouveauté de cette nouvelle version des statuts est sans conteste le choix d’un nouveau mode de scrutin. Premier mouvement politique, après le Parti pirate, à faire ce pari, la République En Marche fait le choix de régler ses élections internes selon le mode de scrutin du jugement majoritaire. Et ce, de l’élection des animateurs locaux à celle du délégué général. Dans les faits, il ne sera plus  demandé aux électeurs de choisir un candidat ou une proposition parmi d’autres mais de s’exprimer sur tous et toutes. Chaque personne appelée aux urnes attribuera la mention de son choix aux impétrants, par exemple, “très bien“, “bien“, “assez bien“, “passable“, “à rejeter”. Restera ensuite à additionner les mentions qui permettent d’arriver à 50 % des suffrages exprimés pour déterminer la mention majoritaire de chaque candidat.

Télécharger (PDF, 806KB)

Posted in .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *