Emmanuel Macron présente son plan de relance pour l’Europe

Emmanuel Macron a dévoilé ce mardi, dans l’emblématique amphithéâtre de la Sorbonne, son plan de refondation pour l’Europe. Face à un parterre d’étudiants français et européens, le Président a détaillé sa feuille de route pour la décennie à venir. Les propositions phare de son discours.

Il s’agissait d’une promesse de campagne du candidat Macron : ouvrir une « nouvelle page de l’Union européenne ». Cet après-midi, le chef de l’État a levé le voile sur ses intentions, dévoilant une série de mesures concrètes destinées selon l’Elysée à « lancer le débat » au niveau européen« . Des réformes ambitieuses qui, pour certaines, devront entraîner l’adhésion de ses partenaires européens, au premier chef Angela Merkel, sans doute plus difficile à convaincre après sa difficile réélection. Cinq chantiers-clés ont été mis en avant par le président : les questions économiques et commerciales, la question migratoire, la sécurité et la défense, le numérique et le climat.

Le constat

Avant de dérouler ses propositions, le président de la République a établi son diagnostic sur les institutions européennes. Une Europe qualifiée par lui de « trop faible, trop lente, trop inefficace« , qu’il est essentiel de relancer face aux « grands défis » du monde. « L’Europe seule peut nous donner une capacité d’action dans le monde face aux grands défis contemporains« . « L’Europe ne vivra que par l’idée que nous nous en faisons« .

Convergence fiscale et sociale

L’harmonisation des bases de l’impôt sur les sociétés

Le président appelle l’Europe à se doter “d’instruments de solidarité concrète par la convergence sociale et fiscale, notamment sur l’impôt sur les sociétés ». Il souhaite à ce titre voire s’établir d’ici à 2020, une « fourchette de taux «  commune de cet impôt. « Nous devons accélérer l’harmonisation des bases de l’impôt sur les sociétés, a t-il déclaré. Il s’est également déclaré pour une taxation européenne sur les transactions financières, qui serait « affectée intégralement à l’aide  au développement ».

Sur le plan social, Emmanuel Macron s’est déclaré favorable à un salaire minimum, adapté à la réalité économique de chaque pays, et à un encadrement de la concurrence par les niveaux de cotisations sociales. Évoquant son combat pour réviser la directive sur les travailleurs détachés, il a appelé à « plus de convergence sociale en Europe », déclarant vouloir mener à bien cette réforme d’ici la fin de l’année.

Sécurité et défense

Le chef de l’État propose de renforcer l’Europe de la défense et de la sécurité par création d’une force commune d’intervention européenne à l’horizon 2020 et d’un budget de défense commun. Il plaide également pour la mise en place d’une académie européenne du renseignement pour « »assurer le rapprochement de nos capacités de renseignement » et d’un parquet européen contre le terrorisme.

Migrations

Outre ses propositions sur la sécurité et la défense, le chef de l’État a proposé d’améliorer la réponse de l’Union européenne à la crise migratoire. Dans son viseur, la création en 2018 d’un Office européen de l’asile et une police européenne des frontières, afin de maîtriser efficacement nos frontières, d’accueillir dignement les réfugiés […] et de renvoyer rapidement ceux qui ne sont pas éligibles au droit d’asile. L’objectif étant d’accélérer et d’harmoniser les procédures, de mettre en place des fichiers interconnectés et des documents d’identité biométriques sécurisés. Le président veut également installer un programme européen de formation et d’intégration pour les réfugiés.

Zone euro

« Une puissance économique durable ne peut se construire qu’autour d’une monnaie unique forte. (…) Je n’ai pas la zone euro honteuse. »a déclaré le Président qui a confirmé sa volonté de créer un budget de la zone euro qui permette de financer des investissements communs, avec des impôts liés à ce budget.

Il propose dans ce but une  « impulsion franco-allemande « , consistant à « intégrer totalement » les économies des deux côtés du Rhin d’ici 2024. Pour ce faire, Emmanuel Macron propose « un nouveau partenariat à l’Allemagne » et « de signer un nouveau traité de l’Elysée le 22 janvier prochain ». « Le groupe pour la refondation européenne définira d’ici l’été 2018 des propositions qui mettront en œuvre cette ambition, en se nourrissant des débats des conventions démocratiques. (…) S’il faut passer par un nouveau traité européen, je suis prêt à l’assumer. », a indiqué le Président.

Institutions

 « Nous avons tourné la page d’une forme de construction européenne qui s’est fracassée avec le doute », a lancé Emmanuel Macron.  « Nous devons refonder le projet européen par et avec le peuple ». Le président a appelé à « un vaste débat sur l’Europe dans les pays qui le souhaitent ». « Un débat ouvert, libre, transparent et européen” pour “offrir un contenu à l’Europe avant les élections européennes de 2019”

Afin de relancer l’intérêt et les enjeux des élections européennes, le président propose l’introduction dès 2019, de listes transnationales pour l’élection des eurodéputés. Il propose qu’en 2024, la moitié du Parlement européen soit élue sur ces listes transnationales. Il plaide par ailleurs pour « Une Commission européenne à quinze membres ».

Environnement et développement durable

Sur le terrain de l’environnement, le président a mis en avant la nécessité d’une taxe carbone à l’extérieur des 28 états membres de l’Union européenne. « Il nous faut une taxe aux frontières de l’Europe sur le carbone, c’est indispensable », a t-il déclaré, proposant aussi de fixer au niveau européen un « juste prix » pour le carbone.

Numérique

Emmanuel Macron a mis l’accent sur la nécessité de créer une agence européenne pour l’innovation, finançant en commun des champs de recherche nouveaux, comme l’intelligence artificielle. Il souhaite aussi taxer les entreprises numériques et réguler les grandes plateformes. Il a également plaidé pour la défense des droits d’auteur.

Jeunesse

Le chef de l’État  a déclaré souhaiter que « chaque étudiant parle au moins deux langues européennes d’ici à 2024 ». Il souhaite également que chaque jeune, qu’il soit étudiant ou apprenti, passe au moins six mois dans un autre pays européen. « L’Europe du multilinguisme est une chance », a-t-il ajouté.

Le chef de l’État souhaite enfin que la moitié d’une classe d’âge puisse passer au moins six mois dans un autre pays européen, qu’il s’agisse d’étudiants ou d’apprentis. Il propose d’élargir le système aux lycées en installant «un processus d’harmonisation ou de reconnaissance des diplômes permettant les échanges dans tout le système secondaire européen.» Enfin, il propose la création d’une vingtaine d’universités européennes, qui délivreraient des diplômes à l’échelle de l’Union.

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