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SUMMARY:Élections provinciales en Nouvelle-Calédonie
DESCRIPTION:Quelque 192 000 Calédoniens sont appelés aux urnes ce dimanche 28 juin\, pour renouveler notamment les assemblées des trois provinces de l’archipel. Un scrutin crucial après l’élargissement du corps électoral souhaité par le Premier ministre\, Sébastien Lecornu.\n  \n \nLa Nouvelle-Calédonie s’apprête à jouer une partie de son avenir ce 28 juin. Après plusieurs reports\, en raison notamment des émeutes de 2024\, les Calédoniens sont appelés dimanche à élire les représentants des trois assemblées provinciales ainsi que les conseillers du Congrès\, qui désigneront à leur tour l’exécutif local. \nInitialement prévues au printemps 2024\, ces élections ont été reportées à trois reprises dans le cadre des discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie\, issues des référendums d’autodétermination de 2018\, 2020 et 2021\, les dernières élections provinciales datant de 2019. \nUn scrutin décisif\nUn vote unique pour décider de la couleur politique de trois institutions\nL’objectif du scrutin\, qui existe depuis 1989\, est d’abord d’élire les représentants des trois assemblées provinciales. La Nouvelle-Calédonie se partage en effet géographiquement en trois provinces (Nord\, Sud et Iles Loyauté). “Ces provinces ont été prévues par les accords de Matignon en 1988 pour un rééquilibrage politique\, puisqu’on a confié aux indépendantistes kanaks deux provinces sur trois [celles du Sud et les îles Loyauté]“\, rappelle Pierre-Christophe Pantz\, chercheur associé à l’université de la Nouvelle-Calédonie. Ces assemblées qui concentrent la plupart des compétences\, ont des prérogatives dans de nombreux domaines\, comme l’enseignement primaire\, l’entretien des collèges\, le réseau routier\, l’action culturelle\, ou encore la protection de l’environnement. \n\nLe scrutin\, à un seul tour\, se déroule à la proportionnelle plurinominale\, selon la règle de la plus forte moyenne\, dans chaque province\, chaque liste devant dépasser la barre des 5 % des inscrits pour obtenir au moins un élu. \n\nCe scrutin est également décisif\, car il permet  d’élire les membres du Congrès\, l’assemblée délibérante du territoire. Car parmi les 76 conseillers de province\, 54 siègent également au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. (32 élus de la Province Sud\, 15 élus de la Province Nord et 7 élus de la Province des Iles Loyautés). C’est enfin ce Congrès qui vote ensuite pour désigner les membres du gouvernement local Un seul vote détermine ainsi la couleur politique de trois institutions. “Ces élections déterminent quasiment tous les échelons\, à l’exception des municipalités. C’est le baromètre de la vie politique en Nouvelle-Calédonie“\, résume Pierre-Christophe Pantz. “L’enjeu est double\, avec à la fois la gouvernance des provinces et l’équilibre au Congrès\, donc la prise ou non de la majorité au gouvernement collégial“ ajoute Mathias Chauchat\, professeur de droit public émérite à l’université de la Nouvelle-Calédonie. \nLe corps électoral au coeur des tensions\nDébut avril\, le rejet par l’Assemblée nationale de la réforme constitutionnelle créant un nouveau statut pour le territoire a obligé le gouvernement à revoir ses plans. Le premier ministre a fini par trancher l’une des questions les plus polémiques dans le territoire : le corps électoral appelé à voter. Un sujet ultra-sensible\, à l’origine des émeutes du printemps 2024\, tant les indépendantistes y voient le risque d’une “dilution“ du vote kanak\, au profit d’arrivants plus récemment installés. \n\nActuellement\, le corps électoral de l’archipel (d’environ 260 000 personnes) est gelé à l’année 1998. Pour pouvoir voter\, il faut donc être arrivé en Nouvelle-Calédonie avant 1998\, mais également justifier de dix ans de résidence à cette date ou avoir un de ses parents remplissant ces conditions. \n\n\n🇳🇨🗳 Nouvelle-Calédonie : le Premier ministre @SebLecornu  propose des élections provinciales le 28 juin avec un corps électoral élargi aux personnes nées en Nouvelle-Calédonie depuis 1998 – soit plus de 11.000 personnes supplémentaires sur quelque 37.000 exclus du droit de vote… pic.twitter.com/H2a7ZPV8mB \n— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) May 7\, 2026 \n \nSébastien Lecornu a donc proposé\, lors d’une allocution le 8 mai dernier\, d’intégrer les natifs“ de Nouvelle-Calédonie qui ne remplissaient jusque là pas les conditions pour voter. Soit\, quelque 10 500 personnes qui ont pu voter aux trois consultations référendaires organisées sur le “Caillou“\, mais qui sont aujourd’hui exclues du corps électoral pour les élections provinciales. \n\nAdresse aux Calédoniennes et aux Calédoniens. pic.twitter.com/yHKm77XKGs \n— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) May 7\, 2026 \n \nLe 20 mai dernier\, le Parlement a définitivement adopté\, par un dernier vote de l’Assemblée nationale\, la proposition de loi organique élargissant le corps électoral à ces “natifs“. Une modification qui est loin d’être anodine. Dans un scrutin où quelques centaines de voix peuvent faire basculer un siège\, l’ajout de 10 000 électeurs dans le Sud pourrait peser lourd dans l’équilibre entre les listes. \nL’annonce si elle a permis de donner une perspective\, a déçu dans tous les camps. “Cette “ouverture“ du corps électoral est largement insuffisante“ et “démocratiquement inacceptable“\, a ainsi jugé Sonia Backès\, figure de la droite loyaliste et présidente de la province Sud. Le Front de libération nationale\, kanak et socialiste (FLNKS) qui dénonce le risque d’une “dilution“ du vote kanak au profit d’électeurs arrivés plus récemment\, a pour sa part accusé l’État de “passer en force“ et “en dehors de tout accord politique global “ La principale organisation indépendantiste exclut toutefois le scénario d’un boycott du scrutin. \nLes partis en présence\nLe camp loyaliste uni\nPrès de quarante ans après les accords de Matignon-Oudinot\, qui ont organisé le partage du pouvoir entre un Sud majoritairement loyaliste et des provinces Nord et Îles Loyauté à dominante indépendantiste\, l’enjeu principal demeure la province Sud. Avec près de 75% de la population\, l’essentiel de l’activité économique du territoire et 40 élus provinciaux — dont 32 siègent également au Congrès (sur 54 élus) –\, elle constitue la clé de voûte du système politique calédonien. Pour la présidente sortante Sonia Backès\, qui conduit une liste commune Les Loyalistes-Le Rassemblement\, les deux principaux partis non-indépendantistes\, l’objectif dépasse la conservation de son bastion électoral. “Pour la première fois\, on a peut-être une occasion unique et historique“ que “les non-indépendantistes prennent la majorité seuls au Congrès de la Nouvelle-Calédonie“\, a affirmé durant la campagne le député Nicolas Metzdorf. \nLes indépendantistes divisés\nFace à eux\, les indépendantistes espèrent empêcher ce qui apparaît comme une tentative de “grand chelem institutionnel“ et faire du scrutin un vote sanction contre les politiques menées par Mme Backès à la tête de l’exécutif de la province Sud. Dans cette dernière\, pas moins de 11 listes s’affrontent\, les indépendantistes partent en ordre dispersé– le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) d’un côté\, l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) de l’autre. Le fossé entre les deux mouvements\, déjà largement creusé par les violences de 2024\, s’est encore aggravé avec l’accord de Bougival (Yvelines) de juillet 2025\, \n\nNouvelle-Calédonie : les indépendantistes en ordre dispersé à l’approche des élections provinciales \n— Libération (@liberation.fr) 2026-06-20T14:54:11.000Z \n \nUne “troisième voie“\nPhilippe Dunoyer\, Milakulo Tukumuli\, Robert Kakue et Walles Kotra… Rarement\, depuis la signature de l’Accord de Nouméa\, en 1998 autant de têtes de listes avaient tenté d’occuper un espace politique distinct des deux grands blocs traditionnels. Cinq listes incarnent ainsi la “troisième voie“\, qui entend dépasser le clivage entre indépendantistes et loyalistes. Mais ont-elles réellement une chance de peser dans les urnes ? Avec un seuil fixé à 5 % des inscrits – et non des votants – pour prétendre s’asseoir dans l’hémicycle\, la quasi-totalité d’entre elles semblent plutôt en danger. La fragmentation des listes devrait affaiblir leur poids dans les urnes. \n\n🇳🇨🗳️ Élections en Nouvelle-Calédonie: sortir du clivage indépendantiste/non-indépendantiste : c’est le pari que tentent plusieurs listes le 28 juin. Mais derrière ce que certains observateurs qualifient de "bloc central"\, les divergences restent nombreuses https://t.co/aWHEKgxj2p pic.twitter.com/Bkbd6S2oRZ \n— Florence Labbé (@flolabbe) June 26\, 2026 \n \n“La troisième voie existe“ veut pourtant croire Milakulo Tukumuli\, candidat de L’Eveil océanien\, qui estime que l’élection pourrait se jouer sur les réserves de voix centristes et abstentionnistes. Le mouvement né lors des élections de 2019 sur une base communautaire\, celle de la défense des intérêts des Wallisiens et Futuniens vivant en Nouvelle-Calédonie\, joue son avenir à quitte ou double. Sous les 5 %\, il disparaîtrait purement et simplement du paysage politique\, mais s’il devait être le seul à se qualifier aux côtés de la liste de Sonia Backès\, il pourrait doubler sa représentation et conforter son statut de “faiseur de majorité“. La participation pourrait être décisive\, alors que l’abstention avait atteint 34\,5 % en province Sud en 2019. \n 
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