La prévention des risques peut être une affaire rentable

 

La prévention des risques professionnels est-t-elle un obstacle à l’efficacité économique ? Plusieurs études montrent le contraire. Réduire les risques et améliorer les conditions de travail permet le plus souvent aux entreprises du BTP d’accroître leur compétitivité. Une démarche à la portée de tous.

Perçues très souvent comme un coût net d’autant plus difficile à supporter en temps de crise, les actions de prévention peuvent pourtant contribuer à la performance économique de l’entreprise.

Un bilan économique global positif

Qu’en est-il des gains escomptés ? Selon une étude de 2011 publiée par l’association internationale de la Sécurité sociale (AISS), les actions en santé et sécurité procurent des avantages directs à l’entreprise, à raison d’un ratio de retour sur  investissement de 2,2. Concrètement, un  employeur qui s’engage dans cette démarche, peut espérer gagner 2,20 €, pour chaque euro investi, par année et par salarié, dans des mesures de prévention.

Pour atteindre de tels rendements, il est toutefois crucial de faire les bons choix en concentrant ses moyens sur les principales lacunes constatées. La meilleure des méthodes consistant  à se référer au document unique de prévention des risques professionnels, de façon à bien hiérarchiser les actions à mener et à identifier les investissements prioritaires.

Moins classique dans son approche, le travail mené par l’OPPBTP en 2013 auprès d’entreprises de tailles diverses couvrant 90% des métiers de la Construction, n’en est pas moins instructif. Il révèle en effet un rendement global de 2,19 des actions de prévention. Autrement dit, pour 100 euros engagés dans une action visant à réduire les risques, les gains économiques sont de 219 euros.

Cette étude montre par ailleurs que le payback moyen, c’est-à-dire, le retour sur investissement, est relativement bas : une année et demie, pour des actions de prévention d’une durée moyenne d’un peu plus de 5 ans.

Autre constat de cette enquête : les gains observés se situent sur des axes majeurs de la compétitivité des entreprises :

la productivité : le travail en sécurité s’accompagnant d’une plus grande efficacité des temps passés ;

  • les achats : une utilisation plus maîtrisée des ressources permet d’enregistrer des gains sur ce poste clé ;
  • la qualité : 80% des actions étudiées sont en relation avec des gains liés à la qualité ;
  • la marge : 13% des actions étudiées ont permis de développer le chiffre d’affaires et la marge de l’entreprise, en ouvrant la porte à des activités connexes, au travers de l’action engagée.

Des actions à la portée de tous

Si les grandes entreprises retirent de leurs actions de prévention un gain net supérieur en valeur, ce ne sont pas elles selon l’étude qui présentent le meilleur taux de rendement.

Balayant une idée reçue, l’étude de l’OPPBTP montre en effet que les actions qui affichent le meilleur retour sur investissement sont très souvent celles qui représentent une mise de fonds initiale de moins de 5.000 euros, tout comme celles liées aux changements de produits et de méthodes.

Les TPE qui dans l’échantillon étudié bénéficient d’un rendement supérieur à trois, ont donc tout à y gagner.  D’autant que leur trésorerie reste épargnée puisqu’il leur faut en moyenne 1,5 an pour que la dépense soit couverte par les gains. Un délai relativement court qui ne pèse pas trop longtemps sur les comptes de l’entreprise en temps de crise.

 

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