Le discours 2.0 de Macron au salon Viva Tech

Emmanuel Macron a inauguré ce jeudi matin à Paris, le salon VivaTech consacré aux nouvelles technologies. Invité à s’exprimer devant le gotha de la « tech », le président de la république a prononcé un discours inaugural très politique, alternant le français et l’anglais. Intelligence artifielle, GAFA, régulation… Retour sur les déclarations du chef de l’état.

Le gouvernement annoncera « à l’automne » des mesures pour « déployer encore davantage l’excellence de la recherche française« , a annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution. « Nous avons en quelque sorte construit un terrain de jeu« , a-t-il résumé en évoquant les efforts de la France en matière d’investissements dans l’innovation et de soutien au développement des start-up. « Dans les prochaines semaines et les prochains mois nous allons poursuivre ce travail avec l’ensemble des partenaires, en rendant notre université plus forte et plus efficace avec la réforme en cours, en clarifiant nos objectifs et en ayant une politique ambitieuse que nous annoncerons à l’automne pour déployer encore davantage notre recherche et l’excellence de la recherche française« , a ajouté le chef de l’Etat devant un parterre d’investisseurs et dirigeants d’entreprises.

La France aura aussi « une politique en matière de santé et d’innovation en santé, dans laquelle les premières décisions ont été prises, que nous allons clarifier pour donner une perspective à toutes les start-up comme les grands groupes de la biotech« , a-t-il poursuivi. Evoquant des « réformes en profondeur », il a cité la loi Pacte « qui permettra en particulier pour les start-up, les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) partout dans le pays de se développer beaucoup plus rapidement par des simplifications massives, une réforme en profondeur de leur fiscalité et une politique de financement de croissance volontariste », a détaillé Emmanuel Macron.

GAFA

Emmanuel Macron a profité de la présence des grands patrons de la « tech » pour faire une proposition profondément politique aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) : réfléchir au niveau international à son cadre règlementaire, afin de s’assurer que l’innovation ne se fasse pas au détriment de l’intérêt général. « On va suivre toutes les initiatives que vous allez annoncer aujourd’hui et nous ferons un suivi tous les semestre sur les progrès faits. C’est une pression pour nous et pour vous. (…) Revenons ici dans un an et ayons chaque année un sommet « Tech for Good » et mettons la pression sur ceux qui ne font pas partie du club et agrandissons le club. »

Intelligence artificielle

Sur le sujet, le président a dit avoir évoqué avec Justin Trudeau, le premier ministre canadien, le projet de créer une sorte de « gouvernance commune sur l’intelligence artificielle (IA) pour l’humanité, « d’avoir une structure globale commune« . Emmanuel Macron précise qu’il ne s’agit « pas de réguler à ce stade mais de coordonner les régulations et créer une réflexion commune sur l’IA« . Et pour le chef de l’état, la France aura un rôle tout particulier à jouer dans ce projet.

Régulation

« Maintenant, tous ensemble, décidons de faire de ce pays la porte d’entrée vers la nouvelle régulation. Je veux faire de la France le pays où on construit, où on pense l’innovation durable et responsable« , a lancé Emmanuel Macron. « Avançons et progressons ensemble. (…) Ne lâchez rienJe veux faire de notre pays, ce pays qui va en même temps penser le monde et faire que tous les acteurs de l’internet et des nouvelles technologies du monde entier auront avec nous inventé les règles dont ils auront aussi besoin. » Evoquant le modèle américain qualifié de « non régulé » et le modèle chinois jugé « très efficace et sur-centralisé » qui « ne conviennent pas » à la France, le chef de l’état a déclaré : « Notre défi est de créer un cadre règlementaire commun au niveau européen. C’est la condition pour avoir une innovation durable. « Avançons et progressons ensemble. (…) Ne lâchez rien. Je veux faire de notre pays, ce pays qui va en même temps penser le monde et faire que tous les acteurs de l’internet et des nouvelles technologies du monde entier auront avec nous inventé les règles dont ils auront aussi besoin.« 

Le président a cité pour exemple le RGPD, le nouveau règlement européen sur les données personnelles qui entre en vigueur le 25 mai, pour expliquer sa vision. « Nous sommes en train de créer une souveraineté européenne pour les données personnelles. Et nous devons faire la même chose pour le cloud et pour l’IA. (…) Nous vous mettons dans une situation de savoir quelles sont les règles de jeu », a t-il conclu sur le sujet.

Création d’une plateforme « digital Africa »

Emmanuel Macron a également a annoncé la mise à disposition par l’Agence française de développement (AFD) d’une enveloppe de 65 millions d’euros pour participer au financement de start-up africaines. « L’AFD va déployer dans les prochaines semaines un instrument spécifique doté de 65 millions d’euros (…) qui va être destiné à combler les failles d’accompagnement par des petits tickets, qui sont ceux dont ces start-up ont besoin, de 30 à 50.000 euros« , a détaillé le président français, en présence de Paul Kagame, le chef de l’Etat rwandais. Le président a exprimé son souhait que la France « prenne sa part au financement du développement des écosystèmes africains« . « Les startups africaines ont l’énergie mais les grands bailleurs d’aide au développement et les financeurs ne pas adaptés à cela, nous-mêmes nous sommes trop lents, trop hésitants », a-t-il déclaré. Le fonds de l’AFD devra accompagner des projets de start-up qui seront sélectionnés sur une plateforme intitulée « Digital Africa ».

 

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