Le grand oral d’Emmanuel Macron au parlement européen

Le président de la République Emmanuel Macron s’est exprimé ce mardi devant les députés européens réunis en session plénière. Pour son premier discours à Strasbourg, le chef de l’État a livré sa vision de la démocratie et de la souveraineté européenne et plaidé pour une meilleure prise en charge des réfugiés.

C’est en européen toujours aussi combatif que le chef de l’état français a livré sa vision de l’avenir de l’Europe ce mardi 17 avril. Au cours d’une allocution d’une vingtaine de minutes, face à 750 parlementaires, le Président français a développé sa vision de la démocratie en Europe. Un discours articulé autour de « l’indispensable préservation du modèle démocratique européen » « unique au monde », face aux tentations autoritaires. 

Une ode à la démocratie

Dénonçant une fois de plus les risques du « repli nationaliste » , Emmanuel Macron a a appelé à une « souveraineté réinventée » de l’Europe face à la tentation « autoritaire« . « Si nous décidons d’abandonner notre attachement à la démocratie en Europe, nous ferons fausse route (…) La démocratie est notre meilleure chance« , a-t-il déclaré. « La réponse n’est pas la démocratie autoritaire. Elle est l’autorité de la démocratie.« 

« Je veux appartenir à une génération qui aura décidé de défendre fermement sa démocratie. (…) Je ne céderai à aucune fascination pour les régimes autoritaires« , a déclaré le président. « Je ne veux pas faire partie d’une génération de somnambules », a-t-il ajouté. « J’appartiens à une génération qui n’a pas connu la guerre et qui est en train de s’offrir le luxe d’oublier ce que les prédécesseurs ont vécu« , a-t-il averti.

Les priorités 

Après avoir fait un constat politique, Emmanuel Macron a livré ses trois priorités à tenir avant les élections européennes du printemps 2019:

  • Les migrations avec la proposition d’un programme européen pour soutenir les collectivités locales qui accueillent des réfugiés
  • La taxation des géants du numérique avec la création d’une taxe de court terme pour « mettre fin aux effets les plus choquants »
  • La réforme de l’union économique et monétaire.

Plutôt qu’une réforme ambitieuse de la zone euro à court terme, qui a été le leitmotiv de toute sa campagne présidentielle, le chef de l’état a insisté sur la mise en place d’une taxe sur le numérique. Évoquant le prochain cadre budgétaire après 2021, il s’est aussi montré ouvert à l’augmentation de la contribution française, sans aller jusqu’à évoquer la compensation totale de la participation britannique. « Ce budget, que nous allons discuter, doit exprimer un projet politique de cohérence, d’efficacité et de convergence« , a déclaré Emmanuel Macron, assurant que « la France est prête à augmenter sa contribution » pour atteindre ces objectifs. « Mais pour cela, c’est une refondation du budget lui-même qu’il faut envisager » a-t-il ajouté lors du débat en plénière qui a suivi son allocution, plaidant notamment pour que l’Union Européenne crée « de nouvelles ressources propres (…) sur le numérique comme sur certaines ressources énergétiques ».

Raviver l’Europe des peuples

« Il nous faut raviver l’Europe des peuples. Nous devons faire vivre le débat franc, ouvert, rugueux et difficile mais indispensable pour savoir ce qui nous rassemble et nous sépare« , a dit le chef de l’état. Evoquant les consultations citoyennes qu’il lance officiellement pour la France ce mardi à Epinal (Vosges) et qui seront suivies dans 26 autres Etats membres de l’UE, Emmanuel Macron a plaidé pour un « débat structuré » qui ferait revivre « la démocratie européenne au fond si jeune« . Ce dialogue est jugé « indispensable pour savoir ce qui rassemble et sépare, pour sortir du simplisme et avoir un débat critique sur l’Europe » a t-il ajouté. Et de rappeler que tous les Etats membres , ont accepté de participer à cette initiative.

Une aide budgétaire pour l’accueil des réfugiés

Emmanuel Macron a appelé les eurodéputés à « dépasser le débat sur les «dublinés« , ces étrangers déjà enregistrés dans un premier pays européen et contraints d’y retourner pour formuler leur demande d’asile. Faisant appel à « la solidarité interne et externe » de l’Europe, il a proposé l’instauration d’un programme d’aide aux collectivités locales. Le dispositif soutiendrait « directement financièrement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés ». « Nous devons créer un programme pour financer les collectivités locales [européennes] qui accueillent et intègrent des réfugiés« , a lancé le président, appelant plus globalement à renforcer les « solidarités internes et externes » à l’Europe.

« Luxembourgeois que je suis, je suis ému de la manière dont vous vous êtes exprimé. La vraie France est de retour« , a lancé le président de la Commission, Jean Claude Juncker à l’adresse du président français, au terme de son discours. « Vous pouvez compter sur la Commission pour vous appuyer dans votre démarche et votre ambition« , a-t-il conclut.

 

 

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