Le Parlement européen confirme la commission von der Leyen

Le parlement européen a confirmé ce mercredi Ursula von der Leyen et son équipe de 15 hommes et 11 femmes. La nouvelle commission européenne qui entrera en fonction le 1er décembre, a été approuvée par 461 voix contre 157 et 89 abstentions. Une large victoire, mais qui n’est pas un « blanc seing ». Plusieurs groupes, dont les Verts, ont refusé de signer un « chèque en blanc » à la nouvelle présidente.

La nouvelle équipe dirigeante de l’UE est enfin dans les « starting-blocks ». Mercredi 27 novembre, le collège de commissaires européens, présidé par l’allemande Ursula von der Leyen, a obtenu l’approbation à une large majorité du Parlement à Strasbourg.  Âgée de 61 ans, cette proche d’Angela Merkel est la première femme à accéder à la présidence de la Commission européenne. Investie très largement, par 461 voix « pour », 157 voix « contre » et 89 « abstentions », la nouvelle commission succédera à celle de Jean-Claude Juncker le 1er décembre.

Une séance qui clôt plusieurs mois de turbulences.  A différentes reprises, Mme von der Leyen a été contrainte de revoir sa copie après le revers infligé par le Parlement européen à trois des commissaires proposés : la Française Sylvie Goulard, le Hongrois Laszlo Trocsanyi et la Roumaine Rovana Plumb, rejetés à l’issue de leur audition.

Des voix discordantes

Lors du vote, la présidente de la commission a bénéficié d’un large soutien des trois principaux groupes politiques pro-européens. En premier, sa famille politique, le Parti Populaire Européen (PPE) de centre-droit, mais aussi,  les centristes libéraux (Renew Europe). De son côté, le groupe des sociaux-démocrates a accordé sa confiance à la nouvelle commission, à condition que celle-ci se mette au service d’une Europe « écologique, féministe et sociale « . Même chose pour le groupe ECR (les souverainistes, dont les ultraconservateurs du PiS) qui s’est prononcé en faveur du soutien à la Commission von der Leyen, tout en souhaitant que celle-ci « ne retombe pas dans les errements de la Commission Juncker ».

Des voix discordantes se sont toutefois fait entendre. D’abord au sein du groupe des Verts, qui n’a pas souhaité apporter son soutien à la Commission von der Leyen. Sa co-leader, Ska Keller, a annoncé l’abstention du groupe écologiste, en raison des contradictions au sein de la Commission, encore trop nombreuses.  S’ils se sont abstenus, les Verts ont toutefois déclaré qu’ils resteraient prêts à s’allier au cas par cas avec von der Leyen et d’autres groupes. « Je ne comprends pas la position des écologistes, nous avons la Commission la plus écolo de tous les temps », s’est indigné le Français Stéphane Séjourné, chef de la délégation française au sein du groupe Renew (centriste et libéral).

Rejoignant la position des Verts, les cinq eurodéputés socialistes français se sont eux aussi abstenus. « On ne signe pas de chèque en blanc », mais « on ne va pas partir en guerre non plus« , a expliqué mardi le français Raphaël Glucksmann.

La liste des votes

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Bien que les trois groupes les plus importants aient voté en faveur de l’installation de la Commission, ils n’ont pas signé d’accord de coalition et sont en désaccord sur de nombreux points dans les différents dossiers législatifs importants. Les initiés de longue date de l’UE ont prédit que ce serait difficile pour le nouveau collège.

Les priorités

S’exprimant tour à tour en anglais, français et allemand, la nouvelle présidente de la commission a rappelé en 45 minutes, les priorités qui guideront son action pendant les cinq prochaines années. « En tant que première femme présidente de la Commission, j’affirme que chaque membre de mon collège aura un cabinet équilibré hommes-femmes pour la toute première fois« , a d’abord lancé Ursula von der Leyen, avant d’entrer dans le vif du sujet : « Mon message est simple, commençons à travailler« .

Parmi ces priorités, la lutte contre le changement climatique. Dans ce domaine, Ursula von der Leyen se sait très attendue. Parmi ses engagements, la future présidente de la Commission a dit souhaiter lancer un « Green Deal » au cours des 100 premiers jours de son mandat. Au programme, la neutralité carbone du continent européen à l’horizon 2050, la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50 % d’ici à 2030 (au lieu de 40 % selon les objectifs actuels), la création d’une Banque du climat avec un plan d’investissement de 1 000 milliards d’euros, ou encore l’établissement d’une taxe carbone aux frontières de l’UE.

Travailler pour le climat, d’abord, une « question existentielle pour l’Europe et le monde« . « Il n’y a pas un instant à perdre« , a soutenu la présidente, en appelant à des « investissements massifs« , « justes et ciblés« . « Le Green deal européen est un must pour la santé de notre planète, de ses habitants, ainsi que de notre économie. » Et d’ajouter, sans parvenir à remporter la confiance des Verts pour autant : « Le commissaire Phil Hogan s’assurera que nos futurs accords commerciaux incluront un chapitre sur le développement durable« .

Madame von der Leyen a également indiqué que la commission devrait publier une proposition concernant « un Fonds de transition quelques jours après son entrée en fonction, dans le but d’influencer les gouvernements d’Europe centrale et orientale en faveur d’une action plus climatique« .

Le numérique sera la seconde priorité de la nouvelle équipe : blockchain, supercalculateur, data, intelligence artificielle… « Nous devons contrôler les technologies clés. Groupons nos ressources, notre argent, nos capacités de recherche, nos savoirs, nos connaissances » pour innover, a exhorté Ursula von der Leyen, sans oublier la cybersécurité.

Les autres thèmes

La nouvelle présidente de la Commission européenne a ensuite eu quelques mots pour la « résilience macroéconomique » de l’UE, mais aussi l’inclusion, la « justice et l’égalité« . « L’Europe doit se soucier de ce dont se soucient les gens. L’avenir de leurs enfants, la culture et l’éducation« , a-t-elle affirmé.

Sur le dossier épineux des migrations, Ursula von der Leyen a promis que l’Europe fournirait « toujours un abri à ceux qui ont besoin d’une protection internationale« . Mais a aussi prôné un renforcement des frontières extérieures et un retour de « ceux qui n’ont pas le droit de rester ». « Nous devons également veiller à ce que ceux qui n’ont pas le droit de rester rentrent chez eux. Nous devons rompre le cycle des passeurs, réformer notre système d’asile sans oublier nos valeurs de responsabilité et solidarité. Renforcer nos frontières extérieures…« , a-t-elle souligné, Ursula von der Leyen a tenu également à insister sur le fait que la recherche contre le cancer ferait partie de ses priorités en fédérant la recherche médicale européenne.

Sur l’avenir de l’Europe, la nouvelle présidente de la commission a annoncé un projet de conférence, début 2020.

La commission Von der Leyen aura aussi affaire avec le Brexit. Pour l’heure en suspens, le temps de la campagne en vue des élections législatives anticipées du 12 décembre au Royaume-Uni,  le sujet reviendra très vite sur la table.  La nouvelle présidente de la Commission a indiqué qu’elle serait toujours dans le camp des “Remainers”. Elle a également indiqué que la porte de l’UE restait ouverte aux pays des Balkans, un autre sujet de contentieux très fort parmi les Européens.

 

 

  »Si nous faisons bien notre travail, l’Europe de 2050 sera le premier continent du monde neutre en carbone, elle sera une puissance de premier plan dans le numérique, elle restera l’économie qui réussit le mieux à assurer l’équilibre entre le marché et le social, elle sera chef de file dans la résolution des grands enjeux mondiaux », a-déclaré Mme von der Leyen en conclusion de son discours.

 

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