Macron fait de l’égalité hommes-femmes, la grande cause du quinquennat

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, le président de la République a déclaré l’égalité femmes-hommes, « grande cause du quinquennat » et, a annoncé un arsenal de mesures pour combattre ces violences. Le point sur les annonces du chef de l’Etat.

Emmanuel Macron a lancé officiellement ce samedi la grande cause nationale consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes, lors d’un discours prononcé à l’Elysée devant 200 personnes, représentants des associations, des institutions et de la classe politique. Après avoir présenté un état des lieux des violences faites aux femmes en France, le chef de l’Etat a fait observer une minute de silence « en hommage à ces femmes battues, violées et tuées« . En liminaire de ce moment solennel, le président de la République a évoqué un « sentiment d’horreur et de honte », suscité par « cette immense libération de la parole ». « En un an quelque chose s’est passé » à t-il ajouté. « C’est notre société entière qui est malade du sexisme », a déclaré le président, regrettant que de nombreuses femmes n’osent pas encore « parler. »

Le chef de l’Etat a ensuite détaillé ses « trois priorités » pour les cinq prochaines années » : « l’éducation et le combat culturel en faveur de l’égalité« , un « meilleur accompagnement des victimes » et un « renforcement de l’arsenal répressif ».

Un budget en hausse de 13% en 2018

Pour « faire changer la honte de camp« , et aller vers plus de parité, Emmanuel Macron a annoncé une hausse de 13% des crédits alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes en 2018. « Ce budget sera sanctuarisé pendant toute la durée du quinquennat« , a assuré le président qui a annoncé une enveloppe globale de plus de 420 millions d’euros en 2018 pour défendre l’égalité entre les femmes et les hommes.

Un renforcement de l’arsenal répressif

Le chef de l’Etat a détaillé différentes mesures qui viendront s’inscrire dans le futur projet de loi contre « les violences sexuelles et sexistes », qui sera présenté en 2018 :

  •  l’allongement de 20 à 30 ans, du délai de prescription applicable aux crimes sexuels commis sur mineur. « Si l’imprescriptibilité n’est pas une solution pertinente, il s’agit en revanche d’allonger ce délai en le portant à trente ans« , a indiqué Emmanuel Macron ;
  • la création  prochaine d’un « délit d’outrage sexiste » punissant le harcèlement de rue, qui sera « verbalisable immédiatement pour un montant dissuasif ». Ce délit sera une des priorités de la future police du proximité, a précisé le Président, déclarant que « les femmes ne peuvent pas en République avoir peur de sortir » et que « la rue ne peut pas être leur enfer quotidien » ;
  • Emmanuel Macron a également  plaidé pour un âge de consentement minimum à un acte sexuel fixé à 15 ans. « J’ai une conviction personnelle que je veux vous partager » a indiqué le chef de l’Etat, « nous devons aligner l’âge de consentement sur celui de la majorité sexuelle, à 15 ans, par souci de cohérence et de protection des mineurs. »

Une politique de prévention

Le président de la République a rappelé que l’éducation reste « le principal levier » pour lutter contre le sexisme, considérant que « l’école a un rôle indispensable ». Dans ce cadre, il a annoncé la mise en place, dès 2018, d’un « module d’enseignement » dans toutes les écoles du service public consacré « à la prévention et à la lutte contre le sexisme, le harcèlement et les violences » faites aux femmes. »Dès 2018, un grand plan de formation initiale et continue sera déployé dans le secteur public, avec une attention particulière portée sur la formation des cadres« , a indiqué le président de la République.

Emmanuel Macron entend également « étendre les pouvoirs du CSA » en 2018 pour qu’il régule aussi les vidéos sur internet ou encore les jeux vidéos pour lutter contre « les contenus qui peuvent fragiliser ou conduire à la violence contre les femmes« . Il a évoqué notamment la pornographie sur internet, accessible aux enfants, indiquant : « nous devons repenser le cadre de notre régulation des contenus, en particulier les contenus audiovisuels en prenant en compte l’évolution du numérique. »

Un accompagnement des victimes

« Face à l’effet dévastateur des violences subies par les femmes,  nous souhaitons (…) créer dès 2018, dans les centres hospitaliers, des unités spécialisées dans la prise en charge globale du psychotrauma« , a déclaré le chef de l’Etat. Dix de ces unités devraient voir le jour en France (métropolitaine) dans les prochains mois, à titre pilote, a-t-il ajouté, précisant que « les soins psychotraumatiques (…) pourront être pris en charge par la sécurité sociale. » Par ailleurs, pour « libérer la parole », le Président veut donner la possibilité aux victimes de porter plainte dans les lieux de prise en charge, y compris les hôpitaux. Emmanuel Macron assure enfin que le harcèlement au travail constituera désormais une priorité, pour l’inspection du travail.

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