Macron détaille sa feuille de route diplomatique

 

Devant les 250 ambassadeurs et ambassadrices français réunis à l’Elysée dans le cadre de leur 26e conférence annuelle, Emmanuel Macron a livré ses orientations sur les dossiers diplomatiques en cours. Conflit syrien, dossier libyen, sécurité en Europe, crise européenne, Brexit, réforme du G7, Afrique…  Ce qu’il faut retenir du discours du chef de l’état. 

Dossiers syrien et lybien

Le maintien au pouvoir du président syrien Bachar Al-Assad serait une « erreur funeste », a déclaré Emmanuel Macron. « Il n’appartient pas à la France de désigner les futurs dirigeants de la Syrie, pas plus qu’à un autre pays mais c’est notre devoir et notre intérêt de nous assurer que le peuple syrien sera bien en situation de le faire » a t-il noté. Le président a par ailleurs jugé que la situation était « aujourd’hui alarmante » en Syrie, « car le régime menace de créer une nouvelle crise humanitaire dans la région d’Idleb et ne montre jusqu’à présent aucune volonté pour négocier la moindre transition politique« . »Cela implique de renforcer encore la pression sur le régime et ses alliés et j’attends à cet égard beaucoup de la Russie et de la Turquie compte tenu de leur rôle et de leurs engagements pris« , a-t-il ajouté. En Syrie, « nous sommes à l’heure de vérité « , alors que « nous abordons, je crois, les derniers mois du conflit » entamé en mars 2011, a indiqué Emmanuel Macron.

Le président français s’est dit également déterminé à faire avancer l’accord conclu en mai à Paris entre les différents acteurs libyens, qui prévoit notamment d’organiser des élections en décembre. »Je crois très profondément à la restauration de la souveraineté libyenne (…) Dans ce pays devenu le théâtre de tous les intérêts extérieurs, notre rôle est de réussir à faire cheminer l’accord de Paris de mai dernier« , a t-il déclaré.  “Les prochains mois seront à cet égard décisifs, ils nécessiteront notre mobilisation pour soutenir le remarquable travail du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies Ghassan Salamé, pour éviter toutes les tentations de division de ce pays devenu au fond le théâtre de toutes les influences, de tous les intérêts de l’extérieur”, a-t-il ajouté.“

Emmanuel Macron a indiqué qu’il annoncerait, dans « les prochaines semaines« , des « initiatives concrètes » pour favoriser « la stabilité » du Moyen-Orient, qui ne peut se construire que dans le pluralisme« . Il a précisé s’être entretenu avec le président iranien Hassan Rohani avant la conférence des ambassadeurs.

Faire avancer l’Europe

Le président de la république a invité les Européens à organiser leur sécurité sans les « seuls Etats-Unis« , en précisant qu’il présenterait dans les prochains mois un projet de renforcement de la sécurité en Europe. « L’Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls Etats-Unis. C’est à nous aujourd’hui de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité et donc la souveraineté européenne« , a-t-il déclaré. « Nous devons tirer toutes les conséquences de la fin de la guerre froide« , a-t-il ajouté, précisant souhaiter le lancement d’une « réflexion exhaustive sur ces sujets avec l’ensemble de nos partenaires européens et donc avec la Russie »« La question posée aujourd’hui : est-ce que la Chine ou les Etats-Unis pensent que l’Europe est une puissance avec une autonomie comparable à la leur ? Ce n’est pas le cas » a-t-il lancé. « Pour relever ce défi, a-t-il ajouté, nous devons refonder une Europe humaniste dans la mondialisation. 

Le président français a également réaffirmé sa volonté de réformer l’Union européenne et a de nouveau prôné « une Europe de plusieurs cercles » avec « des coopérations renforcées et une intégration plus forte » entre certains pays. « Nous avons besoin de repenser les axes stratégiques de cette Europe« , a-t-il affirmé. Emmanuel Macron appelle ainsi à la construction d’un partenariat stratégique avec la Turquie, réfutant une possible adhésion à l’Union européenne. « La Turquie du président Erdogan n’est plus celle du président Kemal » a-t-il indiqué, avant d’ajouter que le projet « panislamique » de Tayyip Recep Erdogan va à « l’encontre de nos valeurs européennes ».

Réforme du G7

Le président appelle à réformer le G7, qui a affiché ses divisions en juin, et renforcer le dialogue entre ce club de pays industrialisés et la Chine, l’Inde et l’Afrique. « Nous ne devons pas reproduire ce théâtre d’ombres et de divisions qui nous a davantage affaiblis qu’il ne nous a fait avancer », a-t-il souligné. « Je souhaite que nous puissions en renouveler les formats et les ambitions », a t-il ajouté alors que la France assumera la présidence tournante du G7 en 2019. « Je proposerai d’ici à la fin de l’année aux autres pays membres une réforme en lien avec les États-Unis qui prendront après nous la présidence du G7 en 2020« , a précisé le chef de l’État qui a aussi proposé une rencontre entre dirigeants américains, européens, chinois et japonais en novembre à Paris, pour travailler à la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Brexit

Je souhaite que l’accord se fasse d’ici à la fin de l’année», a indiqué le Président. « Le Brexit, c’est un choix souverain qu’il faut respecter mais c’est un choix qui ne saurait se faire aux dépens de l’intégrité européenne. C’est le choix du peuple britannique pour lui-même mais pas pour les autres ». « Mais ce choix ne saurait se faire au détriment des intérêts des Européens. La France souhaite maintenir une relation forte avec Londres mais pas au prix de la dissolution de l’Union européenne. Il nous faudra penser la relation de l’Union européenne après le Brexit avec Londres. Il faudra définir un partenariat stratégique à construire », a ajouté Emmanuel Macron.

Afrique

« L’importance de l’Afrique pour la France c’est non seulement celle du voisin le plus proche mais aussi d’une partie de notre identité à travers notre histoire commune, à travers les diasporas », a déclaré le chef de l’état. « Redonnons à notre politique d’aide au développement une impulsion nouvelle (…). Le budget 2019 comptera un milliard d’euros en autorisations d’engagements supplémentaires », a t-il ajouté. Le président a aussi annoncé la tenue d’un sommet sur la Méditerranée « au début de l’été 2019″ à Marseille, au sud-est de la France, pour « retrouver le fil d’une politique méditerranéenne ».

 

Menace des extrêmes et des nationalismes

« Les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés. Est-ce une raison pour abandonner ? Certainement pas. Nous payons là plusieurs décennies d’une Europe qui s’est affadie, affaiblie et qui n’a pas suffisamment proposé. Il faut en réalité redoubler nos efforts« , a plaidé Emmanuel Macron qui a défini les objectifs pour l’année à venir.

Discours aux ambassadeurs.

LIVE l La France défend ses intérêts et agit pour les biens communs dans le monde : sécurité, environnement, éducation, santé, droits de l'homme… Face à la menace des extrêmes et des nationalismes, voici les objectifs de l'année à venir. Discours aux ambassadeurs.

Publiée par Emmanuel Macron sur Lundi 27 août 2018

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