Le nouveau visage du Sénat

Renouvelé pour moitié au terme d’un marathon électoral 2017 qui a bouleversé le paysage politique français, le visage du palais du Luxembourg s’est dessiné tout au long de la semaine, avec la mise en place de ses instances. Parité, moyenne d’âge, composition du bureau, des groupes politiques et des commissions… Découvrez en infographies le nouveau Sénat.

Plus de 76 000 grands électeurs (parlementaires, conseillers départementaux et régionaux, délégués des conseils municipaux) étaient appelés le 24 septembre à élire 171 sièges sur les 348 que compte le Sénat. Un scrutin aux multiples enjeux qui a dessiné le nouveau visage de la haute assemblée.

A peine plus jeune et guère plus féminin

Avec 60 ans et 8 mois de moyenne d’âge, le nouveau Sénat est à peine plus jeune  qu’après l’élection de 2014, dont la moyenne était de 60 ans et 10 mois. Les Républicains ont la moyenne d’âge la plus élevée (62 ans et 2 mois), devant les socialistes (60 ans et 7 mois). A 32 ans,  Christine Lavarde (LR, Hauts de Seine) est la benjamine de la haute assemblée et Philippe Madrelle (PS), 80 ans, son doyen d’âge. Le Sénat ne s’est également guère féminisé. Les sénatrices sont désormais 101, soit 29 % des sièges, contre 95 auparavant. La République en Marche en compte le taux le plus faible (14%) devant LR (26 %), l’UDI (29 %) et le PS (31 %).

Les sénateurs retraités sont au nombre de 90. S’ils restent toujours les plus représentés, leur nombre diminue par rapport au précédent hémicycle (105). Les cadres du privé sont un peu plus nombreux (33 contre 22), quasiment au même niveau que les cadres de la fonction publique (34 contre 30). 51 personnes exercent des professions libérales (contre 44). On recense aussi maintenant 36 enseignants (contre 39).

Le Bureau

Poste de commandement de l’institution, le bureau prend toutes les décisions afférentes à la vie du Sénat. Désigné tous les trois ans, après chaque renouvellement partiel de la haute assemblée, il réunit 26 sénateurs sur 348, issus de tous les groupes politiques. Après l’élection de Gérard Larcher (LR) à la présidence du Sénat, les présidents des groupes se sont réunis pour établir les listes des candidats au Bureau, selon la représentation proportionnelle des groupes au plus fort reste. La désignation des vice-présidents, questeurs et secrétaires du Sénat a eu lieu le mercredi 4 octobre en séance publique.

Le bureau compte huit vice-présidents chargés de présider la séance, à tour de rôle, lors de l’examen des textes dans l’hémicycle, quatorze secrétaires et trois questeurs. Fonction méconnue, elle n’en est pas moins importante. Les questeurs gèrent le budget du Sénat, d’un montant de 350 millions d’euros en 2017. Selon le site de la Haute assemblée, ils « disposent, à cet effet, d’un pouvoir financier, réglementaire et de nomination« .

Sept groupes politiques

Après l’élection de Gérard Larcher à la présidence de la haute assemblée, le lundi 2 octobre, les groupes politiques ont été recomposés dès le lendemain. Après plus d’une semaine de tractations feutrées, de discussions de couloir et coups de fils, le Sénat « version 2017 » totalise 7 groupes politiques, contre 6 auparavant.

Avec 146 sénateurs, le groupe Les Républicains reste le plus important. Le groupe des Socialistes et Républicains, présidé par Didier Guillaume (Drôme), arrive en seconde position, avec 78 sénateurs. Les socialistes, qui redoutaient une défaite dans la foulée des débâcles enregistrées lors de la présidentielle et des législatives, sont finalement les grands gagnants de ce scrutin. Le groupe Union Centriste en sort également renforcé, avec 49 sénateurs, tout comme le groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE, union des radicaux), qui grimpe à 21 sénateurs. En revanche, le  groupe La République en Marche, fort de 29 sénateurs avant l’élection, chute à 21. Un groupe communiste républicain et écologiste, composé de 15 sénateurs, a pu se maintenir, mais le Sénat n’a plus de groupe écologiste à proprement parler, dissout de fait lors de la constitution du groupe LREM, en juin.

 

Deux nouveaux présidents de commission

Le Sénat a achevé jeudi 5 octobre le renouvellement de ses instances avec la désignation des bureaux des sept commissions permanentes, qui voient l’arrivée de deux nouveaux présidents, Vincent Eblé (PS) aux Finances et Sophie Primas (LR) aux Affaires économiques. Les présidences des cinq autres commissions sont inchangés. La mission premières de ces organes consiste en l’examen des projets ou propositions de loi en amont de leur examen en séance plénière. Mais leur rôle est aussi de contrôler l’action du Gouvernement, par des investigations, des auditions ou, la rédaction de rapports d’information.

Liste des sénateurs par commission.

 

 

 

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