Oser l’électrochoc

 

Electrochoc

Pas de trêve estivale sur le front du chômage. Après 24.800 en mai, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a continué d’augmenter en juin selon les chiffres publiés fin juillet. Près de 10.000 de plus : soit l’équivalent de la population d’une sous-préfecture venant gonfler chaque mois  les statistiques de Pôle emploi.

La hausse enregistrée a certes ralenti, à raison de 15.500 demandeurs d’emploi supplémentaires par mois, contre 23.800 l’an dernier sur la même période. Reste que le chômage continue de flamber et que rien ne semble arrêter cette déferlante. Pire, on a le sentiment que ce scénario catastrophe pourrait encore se dégrader dans les prochains mois, tant le gouvernement semble incapable de l’endiguer.

Chaque mois il s’emploie avec une adresse variable à relativiser la situation et  à mettre en scène son rôle offensif contre le chômage. Mais qu’a-t-il fait jusque-là ? Pour l’essentiel, il a parié sur les emplois aidés. Or, ces mesures censées jouer le rôle d’amortisseur social dans les périodes de vaches maigres ont jusqu’ici surtout pesé sur les comptes publics.

Et pour le reste ? Le pacte de responsabilité sur lequel le gouvernement mise tout désormais est certes utile, mais loin d’être à hauteur de l’enjeu. Deux nouvelles études du CNRS viennent d’ailleurs d’en contester l’efficacité et de relativiser son impact sur l’emploi.

Plutôt que de s’engager dans des réformes ambitieuses, le chef de l’Etat a parié sur une reprise économique mondiale, dont les entreprises françaises récolteraient avantageusement les effets. La suite est moins souriante : la croissance espagnole redémarre, celle de l’Allemagne et du Royaume Unis s’accélère, mais celle de la France est toujours en panne.

En déclarant le 14 juillet que ” la reprise est là, mais encore trop fragile, trop hésitante et trop vulnérable”, François Hollande a joué la carte de l’évitement, entre déni et impuissance. Si après deux ans de mandat, le chef de l’État veut tenir sa seule promesse de campagne : Le changement c’est maintenant, il doit désormais oser la thérapie de choc.

Il est indispensable de s’attaquer en profondeur aux rigidités du Code du travail, notamment à la suppression des sacro-saints seuils sociaux qui nuisent à la création de milliers d’emplois.

Autre priorité, la révision de la législation sur le temps de travail. Sans même parler de déverrouiller définitivement les 35 heures, est-il raisonnable de continuer à limiter le travail du dimanche et en soirée, alors que plusieurs centaines d’emplois sont détruits chaque jour en France et que près d’un quart des jeunes est au chômage.

Se pose aussi la question d’une remise en cause du salaire minimum. La question fait débat. La création d’un ” Smic intermédiaire à titre temporaire défendue il y a quelques mois par le patron des patrons, Pierre Gattaz, est sans doute une des pistes à creuser si l’on veut relancer l’embauche des jeunes.

Avec plus de 5 millions de français qui pointent chaque mois à Pôle emploi, il n’est plus temps de tergiverser, mais de tout mettre sur la table sans tabous. Il  faut agir vite et fort. Créer un électrochoc, afin de recréer une dynamique de création d’emplois.

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