Plan santé : ce que prévoit la réforme

Une semaine après la présentation du plan pauvreté, Emmanuel Macron a dévoilé ce mardi son plan de réforme du système de santé. Une batterie de 54 mesures baptisée « Ma santé 2022« , censée renforcer l’offre de soins « pour les 50 années à venir« .  Numerus clausus, assistants et déserts médicaux, médecins salariés, réforme de la carte hospitalière… L’essentiel du plan Macron.

Urgences « engorgées », psychiatrie « en crise », déserts médicaux, étudiants en souffrance… C’est une ordonnance très attendue par les professionnels d’un secteur à bout de souffle qu’a délivré ce matin le président de la république, avant de céder la parole aux ministres de la Santé et des Solidarités, qui ont précisé les mesures lors d’une conférence de presse en début d’après-midi. « Notre système de santé ne souffre pas d’abord d’un problème de sous-financement. Il pêche par un vrai handicap d’organisation« , a estimé en préambule le chef de l’État qui a souligné le « risque d’implosion » de l’hôpital. » Après les diagnostics alarmants posés ces derniers mois, Emmanuel Macron a présenté sa réforme comme « un des piliers » de « l‘État-providence du 21ème siècle« 

3,4 milliards d’euros d’investissement d’ici 2022

Pour accompagner la « mutation”du système de santé, l’exécutif va porter l’objectif national des dépenses d’assurance maladie de 2,3% à 2,5% pour 2019, soit une enveloppe de quelques 400 millions d’euros supplémentaires dès l’an prochain. Le plan global sera doté d’un budget de 3,4 milliards d’euros d’ici 2022. Dans le détail, près de 1,6 milliard d’euros seront consacrés à la structuration des soins dans les territoires, 920 millions à l’investissement hospitalier, 500 millions à la transformation numérique et 420 millions à l’évolution des métiers et des formations.

Exit le « numérus clausus »

Parmi les mesures de ce plan de réforme, la suppression de l’emblématique “numerus clausus” qui depuis 1971 fixe chaque année le nombre de places disponibles en seconde année d’études de médecine. Un système de quota qualifié de “gâchis” par la ministre de la santé, et « d’absurdité” par le président. Le redoutable concours qui a traumatisé des générations d’étudiants ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique (sages-femmes), auront disparu en 2020, comme l’a confirmé Frédérique Vidal lors de la conférence de presse.

Cette mesure, comme d’autres contenues dans le plan, nécessitera un projet de loi, dont l’adoption est attendue au premier semestre 2019, pour un déploiement total d’ici 2020.

Assistants et déserts médicaux

Parmi les 54 mesures du plan “Ma Santé 2022”, figure aussi la création de postes d’assistants médicaux recrutés pour un coût, charges comprises, de 40.000 à 50.000 euros par an et par assistant selon l’Elysée. L’objectif doit être au moins d’en déployer 4.000″ d’ici 2022, mais « nous en financerons autant que de besoin« , a assuré Emmanuel Macron.

Les premiers postes seront créés dès 2019 dans les quartiers prioritaires pour l’accès aux soins ainsi que dans  les déserts médicaux. Il s’agit là d’une demande formulée de longue date par les médecins libéraux. Ces professionnels « déchargeront le médecin d’actes simples« , comme la prise de tension ou de température, ainsi que de tâches administratives. Tous les praticiens pourront bénéficier de ce dispositif subventionné par l’Assurance maladie, à condition d’exercer « de manière regroupée », dans une structure ou dans un réseau.

Dans la même veine, le président de la république a confirmé souhaiter que « dès 2019, 400 postes supplémentaires de médecins généralistes à exercice partagé ville-hôpital puissent être financés et envoyés dans les territoires prioritaires« , pour lutter contre les déserts médicaux. Une mesure conçue comme un dispositif d’urgence, avant que les effets de la réforme ne se fassent sentir. Si elle considère que contraindre les médecins à s’installer dans certains territoires est une “fausse bonne idée”, la présidence n’exclut pas des mesures coercitives dans “deux ou trois ans” en l’absence de “prise de conscience collective” et de sens de la responsabilité.

Carte hospitalière et financement des hôpitaux 

La carte hospitalière va être rebattue. « Certaines activités devront fermer« , a prévenu le président Macron, en détaillant la réorganisation de l’offre hospitalière en trois catégories. Un « label » d’hôpital de proximité sera créé, notamment à la faveur des fermetures, pour 500 à 600 établissements qui accueilleront médecine générale, polyvalente, gériatrique et soins de suite, avec des plateaux techniques de biologie, d’imagerie ou de télémédecine.

Véritable casse-tête, le financement des hôpitaux va lui aussi être revu. Le gouvernement qui lorgne aussi sur le gisement d’économies des actes « inutiles », favorisés par la très décriée  » tarification à l’activité » (T2A), entend réduire la part T2A dont les dérives entraînent une inflation du nombre d’actes dans les établissements hospitaliers.“ L’objectif est qu’elle devienne minoritaire et que la partie du financement à la qualité et au parcours du soin prenne une place prépondérante”, explique l’Elysée. Dès 2019, de nouveaux financements seront mis en œuvre pour des maladies chroniques. Dès 2019, un forfait “patient diabétique” et “patient insuffisance rénale chronique” seront ainsi mis en place et “le bonus à la qualité” pour les établissements hospitaliers sera porté de 60 millions d’euros par an à 300 millions d’euros dès l’année prochaine.

Urgences hospitalières

Pour désengorger les urgences hospitalières pendant la journée, le gouvernement souhaite enfin que les “communautés professionnelles de territoire de santé” se saisissent des urgences de ville sur un périmètre allant de 20.000 à 100.000 habitants. Concrètement, elles auront la responsabilité d’organiser dans la journée le recours à une consultation ou à un médecin pour les urgences ne nécessitant pas d’hospitalisation.

La présentation de la réforme

Stratégie de transformation du système de santé

LIVE | Pour prendre soin de chacun, stratégie de transformation du système de santé.

Publiée par Emmanuel Macron sur Mardi 18 septembre 2018

La conférence de presse des ministres de la Santé et de l’enseignement supérieur

 

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