Présentéisme : une ardoise chiffrée entre 14 et 25 milliards d’euros par an

Alors que l’absentéisme est souvent pointé du doigt comme étant une source de perte majeure, avoir des salariés physiquement présents au travail, mais non productifs, serait en réalité bien plus coûteux pour les employeurs

Trop de travail tuerait-il le travail ? Au Japon, où ne pas prendre de vacances est quasiment une question d’honneur, le gouvernement a décidé de réagir contre le surinvestissement des salariés. Les travailleurs nippons qui disposent de 20 jours de vacances par an à partir de 6,5 années d’ancienneté, devront sans doute dès l’an prochain, poser 5 jours de congés minimum par an. Une révolution dans un pays où la moitié des jours de repos ne sont pas pris.

Un phénomène qui n’épargne pas la France

Un mal qui est toutefois loin d’être l’apanage du pays du soleil levant. Les Etats-Unis, où un actif sur cinq est dans une dépendance maladive vis à vis de son travail, lui ont même donné un nom : le workalcoholism.Le vieux continent n’est lui aussi pas épargné. En Suisse, un salarié sur sept admet s’être fait diagnostiquer une dépression pour cause de surinvestissement professionnel et en Espagne, plus de 12 % de la population souffrirait de surmenage pour les mêmes raisons. En France, où le présentéisme est également en progression du fait de la crise,  les salariés sont de plus en plus enclins à venir travailler, même malades ou fatigués.

Un coût deux fois plus élevé que celui de l’absentéisme

Selon le baromètre 2014 du cabinet Midori Consulting, alors que le taux d’absentéisme dans le pays est de 4,53 %, le taux de présentéisme est compris entre 6 % et 9 % de la masse salariale. Le coût caché de ce phénomène est  ainsi estimé entre 2,67 % et 4,86 % des salaires, soit une ardoise pour les entreprises comprise entre 14 à  25 milliards d’euros par an. C’est-à-dire, deux fois plus élevée que celle de l’absentéisme estimée à 7 milliards d’euros.

Un phénomène d’autant plus inquiétant, qu’une enquête de 2013 de l’OCDE sur les pratiques de travail dans les 34 pays membres de l’Organisation, permet d’établir un lien inversement proportionnel entre taux de productivité et temps passé au travail. Ainsi, la Norvège affiche un taux de productivité par travailleur parmi les meilleurs au monde, pour un temps de travail effectif parmi les moins élevés. À l’inverse, le Japon présente un des taux les plus faibles, alors que près d’un tiers des travailleurs Japonais travaille plus de 50 heures par semaine.

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