Primaire de gauche : une victoire à la Pyrrhus pour Benoit Hamon

C’est donc Benoit Hamon qui défendra les couleurs socialistes à la Présidentielle, après une nette victoire sur Manuel Valls au second tour de la primaire. Une victoire qui pose cependant la question des alliances en vue des prochaines échéances électorales.

La courbe ne s’est pas inversée. Sans surprise, Benoît Hamon a remporté, dimanche soir, le deuxième tour de la primaire du Parti socialiste et de ses alliés avec 58,71% contre 41,29% pour Manuel Valls. Le député des Yvelines arrive en tête dans 93 départements en France métropolitaine et en outre-mer, selon les résultats encore partiels ( 97,63% du total des bureaux de vote, soit 2.016 226 votants.), publiés par la Haute Autorité, lundi 30 janvier.

Malgré les appels de Manuel Valls à un sursaut à la suite du 1er tour, l’ancien Premier ministre n’a donc pas réussi à inverser la tendance. La hausse de participation escomptée par lui est certes là, la barre des 2 millions de votants ayant été franchie (contre 1,6 mil. au 1er tour), mais cette hausse a au final profité à Benoît Hamon. Selon une étude OpinionWay réalisée dimanche, les reports de voix ont en outre largement profité à ce dernier. Quelque 72%  des personnes ayant voté pour Arnaud Montebourg, ont ainsi reporté leur voix sur le député des Yvelines.

Un report massif du vote des « jeunes » et des « ouvriers »

Est ce la proposition du chantre de » la gauche, de la Gauche », d’instaurer un revenu universel pour les 18-25 ans, sans condition de ressources, qui a fait pencher la balance ? Quelque 69% des 18-34 ans ont voté pour Benoit Hamon, contre 31% pour Manuel Valls. De même, la catégorie socio professionnelle des ouvriers  (69%), tout comme les employés dans une plus faible mesure  (62%), a largement plébiscité ce dernier lors de ce deuxième tour de la primaire de la gauche.

Plus généralement, Benoit Hamon bénéficie du report de la majorité des voix des candidats du premier tour, à l’exception de François de Rugy, représentant des Verts à la primaire de la gauche. 60% des voix de ce dernier se sont reportés en direction de Manuel Valls.

Une victoire sous fond d’alliances

Si la performance de Benoit Hamon est indéniable, reste qu’il va devoir nouer les bonnes alliances pour « transformer l’essai » au 1er tour de l’élection présidentielle. Sans rassemblement, sa victoire restera en effet hors d’atteinte. Comme il l’avait annoncé, il a proposé ce lundi à Yannick Jadot et Jean Luc Mélenchon, de « construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable« . Reste que cette main tendue proposée par le vainqueur de la primaire dès avant le second tour de la primaire, a jusque là été refusée par les deux candidats. En réponse à la demande qui lui est faite, le Vert Yannick Jadot vient toutefois d’indiquer, que si  la porte des discussions n’est pas fermée, il exige d’Hamon qu’il rompe d’abord avec Solférino.

Autre risque et non des moindres, Benoit Hamon va devoir rassembler un parti qui n’a jamais été aussi divisé entre son aile gauche et les tenants d’une ligne plus social-libérale. Au PS, de nombreuses voix agitent le spectre d’un exode de parlementaires du PS chez Emmanuel Macron. D’ores et déjà, Alain Calmette, député socialiste du Cantal, a annoncé « qu’au vu des résultats de la primaire » il s’engageait au côté du fondateur du mouvement En Marche.

Le discours de Benoit Hamon

L’allocution de Manuel Valls

 

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