Ce qu’il faut retenir du Grand débat

Cette fois, ils étaient au complet. Les onze candidats à l’élection présidentielle se sont retrouvés ce mardi 4 avril, pour un premier et ultime débat télévisé avant le 1er tour. Une première dans l’histoire de la cinquième république.

Onze candidats sur un seul plateau ! L’affiche proposée ce mardi soir à partir de 20h40, par les chaînes d’information BFMTV et CNews, était à la fois inédite et périlleuse. Pour la première fois en France, tous les prétendants officiels à l’élection présidentielle ont en effet débattu ensemble avant le premier tour, autour de trois grands thématiques.

Au final, ce « Grand débat » n’aura toutefois guère éclairé les électeurs sur le fond : pas d’annonces surprises, ni de réels échanges sur le programme des uns et des autres. Les « petits candidats » y ont sans doute gagné l’occasion de se faire connaître et d’imprimer parfois un style très personnel. Chacun à sa façon ayant souligné sa différence.
Le format
Les onze candidats étaient disposés en arc de cercle autour des deux journalistes aux manettes, Ruth Elkrief et Laurence Ferrari. Selon un tirage au sort, ils étaient placés dans cet ordre, de la gauche vers la droite : François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau.
Après avoir répondus à la question : “Qui êtes-vous?”, les débatteurs ont été interrogés sur trois grands thèmes : « comment créer des emplois », « comment protéger les Français », « comment mettre en œuvre leur modèle social » ainsi que sur la moralisation de la vie publique en cours d’émission. Sur presque quatre heures d’émission, chacun a disposé d’environ de 17 minutes de temps de parole. A chaque question, les candidats qui pouvaient s’asseoir, mais pas utiliser leur téléphone portable, disposaient d’une minute trente pour répondre et le cas échéant, s’interpeller. Une contrainte qui a rendu les confrontations quasi impossibles et a obligé parfois les onze à parler vite, fort, et à caricaturer leurs propos.

Un format qui a certes donné la possibilité de se faire connaître aux candidats les moins médiatiques situés dans les sondages en dessous de la barre des 5 %, mais, qui a rendu les propositions des principaux candidats quasiment inaudibles.

Les attaques

Ce que l’on retiendra sans doute de cette « grande messe », ce sont les passes d’armes parfois virulentes qui ont émaillé les presque quatre heures de débat. En premier de la part de Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste, NPA), qui cassant les codes de bienséance de ce type d’émission, a attaqué bille en tête, François Fillon et Marine Le Pen sur le front des affaires judiciaires. » « Nous, quand on est convoqués par la police, nous n’avons pas d’immunité ouvrière, on y va », a lancé le candidat trotskiste. Les accusant quelques temps plus tard de  » piquer dans les caisses publiques ».

Échange tendu également entre les « deux favoris », Marine le Pen et Emmanuel Macron qui se sont sont écharpés sur une possible sortie de l’Europe, en désaccord tous les deux sur l’avenir de la France au sein de l’Union Européenne.

Très offensif envers François Fillon, dont il espère récupérer les électeurs, Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi tenté d’attaquer le candidat des républicains à plusieurs reprises, l’accusant notamment d’avoir toujours été en faveur des traités européens et de libre-échange. Lançant à la face de l’ancien premier ministre « J’ai toujours refusé ces traités, et je ne les ai pas signés ». Récoltant en retour une réponse cinglante de l’intéressé : « Vous ne les avez pas signé parce que vous n’avez jamais eu le pouvoir pour le faire. Et vous ne l’aurez pas la prochaine fois non plus« .

Le plus convaincant

Au terme de près de quatre heures de débat, c’est semble t-il Jean-Luc Mélenchon qui a été jugé le candidat le plus convaincant par les téléspectateurs. Avec 25% d’opinions favorables, le candidat de la France insoumise devance Emmanuel Macron qui recueille, lui, 21%. Pour autant, aux yeux des sondés, ce dernier est celui qui a le plus les qualités nécessaires pour être président de la République. Le candidat d’ en Marche distance en effet celui de la France insoumise (21%), François Fillon (20%). Marine Le Pen (13%) et Benoît Hamon (10%).

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