La République En Marche poursuit sa « mue »

Près de 3.000 marcheurs ont assisté ce samedi à Paris à la première convention de la République En Marche. Nouvelle organisation, grands chantiers, feuille de route, discours d’Édouard Philippe. Ce qu’il faut retenir de cette journée.

Quel avenir pour La République En Marche (LREM) ? C’est la question à laquelle devait répondre ce samedi 8 juillet les responsables du mouvement, lors de la première convention LREM à La Villette, à Paris. Une convention qui  avait pour pour objet de consacrer et d’approfondir la dynamique citoyenne du mouvement. Au programme de la journée : nouveau statut, nouvelle gouvernance, feuille de route et actions à venir.

MISE A JOUR : cet article a été modifié afin de tenir compte du texte officiel des statuts communiqué, le dimanche 16 juillet aux adhérents.

Un nouvel organigramme

Plutôt décentralisé, l’organigramme du mouvement dévoilé ce samedi, s’appuie d’abord sur les 3.200 comités locaux existants dont « l’autonomie de fonctionnement » a été consacrée. Une nouvelle organisation en place dès cet automne, qui donnera une place centrale aux adhérents, comme l’explique Julien Denormandie, qui a copiloté les changements avec la présidente par intérim, Catherine Barbaroux. « Notre but a été de faire les choses différemment […], au-delà de l’activité habituelle des partis traditionnels », en misant sur « l’audace » et « la volonté de se sentir utile » des militants, a expliqué à la tribune le nouveau secrétaire d’État à la Cohésion des territoires.

Cette nouvelle organisation sera soumise à un vote électronique des adhérents, membres depuis au moins 3 mois, à partir du 23 juillet et jusqu’au 30 juillet. Elle comporte :

  • une convention qui réunit l’ensemble des adhérents de La République En Marche.  Chaque adhérent admis à participer au vote dispose d’une voix, exercée soit directement soit indirectement par un représentant. Cette convention délibère sur l’action générale et les orientations politiques du mouvement, adopte les modifications des  statuts. Elle peut être réunie, sur convocation du bureau exécutif, chaque fois que celui-ci le juge utile (au moins une fois tous les trois ans à compter de sa première réunion) et,  en session extraordinaire, lorsqu’au moins deux tiers des membres du Conseil le décident.
  • un conseil : c’est en quelque sorte le parlement de La République En Marche. Il regroupe ses députés, sénateurs et élus locaux, ainsi que des adhérents tirés au sort, représentant au moins 25% des membres du Conseil. Parmi ses missions, ce conseil détermine les « orientations politiques » du parti et exercera un contrôle sur le « bureau exécutif », dont il élira en son sein 20 membres sur la « trentaine » qui le compose, et se prononce sur la dissolution du mouvement.
  • un bureau exécutif : « resserré et paritaire », composé :
    – du délégué général ou, le cas échéant, des délégués généraux ;
    – du trésorier national ;
    de vingt membres élus par le Conseil ;
    – de dix membres désignés par les vingt membres élus, sur proposition du délégué général. Le mandat de membre du bureau exécutif est de trois ans. Il ne peut être exercé plus de trois fois.
  •  les délégués nationaux, issus pour la moitié de la société civile, ils animent le débat sur les thématiques dont ils ont la charge.
  •  les délégués généraux,  véritables dirigeants de LREM, ils seront élus par le Conseil pour trois ans, « dans la limite de deux mandats ».
  • la commission d’éthique et la commission des conflits, dont le rôle est d’assurer la transparence de la gouvernance.
  • une commission d’investiture, installée à l’approche des échéances électorales.

Si ces statuts sont acceptés par les adhérents, ces instances seront constituées officiellement « à l’automne ».

Une nouvelle feuille de route

 Au total, la République en Marche veut initier six grands chantiers en s’appuyant sur des solutions originales :

  • le développement d’outils de formation citoyenne en ligne, gratuits et ouverts à tous permettant de s’engager concrètement dans la vie publique et locale. Parmi les modules proposés, et à titre d’exemple : comment revitaliser un village ou comment créer une coopérative ?
  • le lancement d’une plateforme de mise en relation et d’accompagnement, sorte de réseau social entre les adhérents ;
  • la mise en place d’un réseau de facilitateurs locaux qui aideront les français à trouver des solutions concrètes aux problèmes de leur quotidien,  ;
  • partant du constat que les partis politiques « ont progressivement renoncé à leurs missions de production et d’animation des idées« , LREM souhaite aussi créer un atelier d’idées ouvert aux citoyens invités à faire remonter leurs réflexions et à participer à des expérimentations ;
  • le lancement de « consultations citoyennes » sur tout le territoire au travers d’actions déjà menées par le mouvement lors de la campagne présidentielle :  ateliers, « points de contact » sous forme de « kiosques », grandes marches, ceci notamment pour « recueillir les réactions citoyennes » ;
  • dans la perspective des élections européennes de 2019, le mouvement va enfin lancer une Grande Marche européenne, pour préparer des conventions démocratiques européennes.

L’intervention d’Édouard Philippe

Quelques jours après son discours de politique générale, Édouard Philippe a souligné l’important renouvellement de la classe politique et la diversité du gouvernement. « C’est du jamais vu, un exploit extraordinaire! », a-t-il lancé, évoquant une « majorité stable et claire« . Pour autant, c’est avant tout un message sous forme d’avertissement qu’a délivré le Premier ministre. « Une majorité offre des devoirs plus que des droits, oblige à écouter, à discuter et à continuer à penser« , a-t-il mis en garde, exhortant les participants à ne pas « penser qu’on a raison parce qu’on est majoritaire« . Édouard Philippe a sommé les troupes de « rester en marche, au sens propre comme au sens figuré ». « Vous devez réussir à structurer cette formation politique« , a t-il affirmé. Et d’ajouter : « Nous devons réussir, nous n’avons pas le droit d’échouer » et, « rester fidèle en toutes circonstances au président de la République« .

Dans un discours d’une petite trentaine de minutes, le chef de la majorité a ensuite évoqué la difficile situation budgétaire du pays, ainsi que le « problème de confiance rompu» entre les citoyens et leurs représentants. » Il a par ailleurs rappelé qu’il n’y aurait aucune augmentation d’impôts et a annoncé une baisse des prélèvements obligatoires d’environ 7 milliards d’euros» en 2018. Le Premier ministre est enfin revenu sur la réforme du compte pénibilité, annoncé ce samedi aux partenaires sociaux.

Le projet de statuts

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