Vitesse, alcool, téléphone au volant … les annonces d’Edouard Philippe

A l’issue d’un comité interministériel à Matignon, le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté ce mardi le plan du Gouvernement en matière de sécurité routière Une série de mesures pour faire reculer le nombre de morts sur les routes françaises, reparti à la hausse en 2016.  Retour sur les annonces « phare » du gouvernement.

Matignon a annoncé ce mardi une série de 18 « mesures choc » pour faire chuter la mortalité sur les routes françaises. Avec à la clé de ce plan de prévention routière, plusieurs objectifs : « faire baisser la vitesse sur les routes« , « lutter contre l’alcool et la consommation de produits stupéfiants » et « l‘utilisation de téléphones portables au volant« , et « renforcer la sécurité des piétons« . Parmi ces annonces, la baisse de la vitesse maximale autorisée à 80km/h sur les routes secondaires, les plus meurtrières. Mais pas seulement, le gouvernement ayant décidé d’activer d’autres leviers pour réduire la mortalité.  

L’abaissement de la vitesse maximale à 80 km/h

La vitesse maximale autorisée sur la plupart des routes secondaires à double sens sera donc abaissée de 90 à 80 km/h, à compter du 1er juillet 2018.  Cette mesure, qui permettrait selon Matignon de sauver « entre 350 et 400 vies par an », ne sera pas applicable, par exception, aux portions de routes de deux fois deux voies sans séparateur central, qui resteront limitées à 90 km/h. « Une clause de rendez-vous au 1er juillet 2020″ permettra d’évaluer les effets de la mesure.

Le probable surplus de recettes budgétaires lié à l’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur la plupart des routes secondaires ira « en intégralité » aux soins des accidentés de la route, a précisé Edouard Philippe. » Dans le cadre des textes budgétaires pour 2019, le gouvernement créera un fonds d’investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales destinées à la prise en charge des accidentés de la route. Ce fonds sera doté de l’intégralité du surplus des recettes perçues par l’État lié à l’abaissement des vitesses maximales », a indiqué le Premier ministre. L’exécutif prévoit par ailleurs, à l’horizon 2021, de donner la possibilité aux conducteurs contrôlés en excès de vitesse de plus de 40 km/h et faisant l’objet d’une suspension de permis de continuer à conduire : à une condition, que leur véhicule soit équipé d’un contrôleur électronique de vitesse.

Téléphone au volant : des sanctions alourdies

Impliqué dans un accident mortel sur dix en 2016, le téléphone au volant est « un élément de risque considérable supplémentaire », a précisé le chef du gouvernement. L’interdiction de l’oreillette n’y a rien changé.  D’où un durcissement des sanctions pour les automobilistes pris en flagrant délit. Les forces de l’ordre pourront ainsi retenir « le permis d’un automobiliste pris téléphone en main » et qui « a commis en même temps une infraction susceptible de porter atteinte à sa propre sécurité ou à celle des tiers« , a indiqué Édouard Philippe.

Des éthylotests anti-démarrage contre la conduite en état d’ivresse

En 2016, 29% des tués sur les routes l’ont été dans un accident impliquant un conducteur alcoolisé. Avec la vitesse, l’alcool reste aujourd’hui la deuxième cause de mortalité sur les routes a rappelé Edouard Philippe. Pour lutter contre ce fléau, l’État veut recourir à des dispositifs de contrôles anti-démarrage. « Nous allons multiplier l’usage des éthylotests anti-démarrage pour contrôler l’alcoolémie et empêcher le véhicule de démarrer si le taux légal n’est pas respecté« , a annoncé le Premier ministre. Seront concernées en priorité les personnes prises en alcoolémie délictuelle (supérieure à 0,8 g/l) et les récidivistes. Par ailleurs, la vente ou la mise à disposition d’éthylotests sera généralisée dans les débits de boissons ainsi qu’à proximité des rayons de boissons alcoolisées. La présence obligatoire d’un éthylotests classique à bord de la voiture va, en revanche, être supprimée.

Un renforcement de la protection des piétons

Troisième axe de la politique de sécurité routière du gouvernement Philippe : la protection des usagers les plus vulnérables : 559 piétons ont été tués en 2016, soit un bond de 19,4 % par rapport à 2015 a indiqué le chef de l’exécutif. Afin de garantir davantage leur sécurité, l’État veut mettre en place trois actions : supprimer les places de stationnement près des passages piétons pour les rendre plus visibles, rendre possible la vidéo-verbalisation des infractions liées au non-respect de la priorité d’un piéton engagé et renforcer les sanctions.

Un meilleur encadrement des jeunes conducteurs

Autre mesure choc, qui concerne cette fois les jeunes conducteurs, une population à haut risque : ils verront leur permis probatoire rallongé d’une année. Il faudra ainsi quatre ans  au lieu de trois, pour obtenir l’intégralité des 12 points. Des mesures de formation continue de cette population à risques seront aussi mises en place.

Un renforcement de la « stratégie radars »

Dès 2020, l’état mettra en place la régulation dite dynamique des vitesses maximales sur certains tronçons du réseau routier afin d’adapter l’allure des véhicules aux conditions réelles de circulation (nombre de voitures au km, conditions climatiques). Pour une information fiable et transparente des usagers de la route, la carte des radars automatiques sera publiée dès le début de cette année sur le site Internet de la Sécurité routière. Elle sera accompagnée de données sur l’accidentalité et sur les recettes générées.

Parmi les autres actions envisagées, le Gouvernement souhaite aussi notamment :

  • renforcer les actions de prévention, en matière d’éducation routière, notamment à l’endroit des jeunes ;
  • encourager les conducteurs vertueux qui seraient récompensés par les pouvoirs publics. Une réflexion sera menée par le Conseil national de la sécurité routière au cours du 1er semestre 2018.

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