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Guerre en Ukraine : réunion de la “coalition des volontaires“ à Paris
Lors de ses traditionnels voeux aux Français, le président Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle réunion de la “coalition des volontaires“, ce mardi 6 janvier, à Paris. Une rencontre qui intervient après plusieurs rendez-vous diplomatiques ces derniers jours, pour faire avancer les négociations de paix.

“Nous devons défendre notre indépendance et nos libertés. Notre indépendance exige que nous continuions d’investir dans nos armées, dans nos forces de sécurité malgré les difficultés financières“, a déclaré Emmanuel Macron lors de sa traditionnelle allocution pour la nouvelle année. L’occasion pour le chef de l’État d’annoncer une nouvelle réunion de la “coalition des volontaires“.
“Dès le 6 janvier prochain à Paris, de nombreux États européens et alliés prendront des engagements concrets pour protéger l’Ukraine et assurer une paix juste et durable sur notre continent européen“ a annoncé le chef de l’État. “Une réunion au cours de laquelle les pays prendront des engagements concrets pour protéger l’Ukraine et assurer une paix juste et durable sur notre continent“, a indiqué le président français.
La “coalition des volontaires“, créée en mars dernier, est une alliance internationale emmenée par le Royaume-Uni et la France pour soutenir l’Ukraine. Elle regroupe une trentaine d’Etats, principalement européens, mais également le Japon, le Canada et l’Australie. La coalition s’est engagée en septembre à la création d’une “force de réassurance“, en cas de cessez-le-feu en Ukraine.
🔴 Voeux aux Français @EmmanuelMacron : 🗣“Nous devons défendre notre indépendance et nos libertés. Notre indépendance exige que nous continuions d'investir dans nos armées, dans nos forces de sécurité. L'Europe de la Défense s'accélèrera en 2026. "Dès le 6 janvier prochain à… pic.twitter.com/LXSrvPWqzS
— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) December 31, 2025
Des efforts diplomatiques intenses avant la réunion de la coalition
En amont de la réunion de la “coalition des volontaires, à Paris, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé dans un message sur X une série de réunions et de procédures diplomatiques importantes début janvier, pour faire avancer les négociations de paix. Ces réunions ont eu pour but de “passer en revue tous les documents, tous les travaux préparatoires et les points supplémentaires“, a précisé Volodymyr Zelensky lors d’une conférence en ligne avec des journalistes.
Rustem Umerov is in contact with the American team and our partners in Europe every single day. We are preparing formats and important meetings. On January 3, a meeting of national security advisors will take place in Ukraine. This is the first such meeting in Ukraine and it is… pic.twitter.com/KbZWegi7ze
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) January 1, 2026
Réunis à Kiev, l’Ukraine et ses alliés européens examinent la dernière version du plan de paix
L’Ukraine et les conseillers à la sécurité de 15 pays réunis samedi à Kiev, dont la France, l’Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l’UE et de l’OTAN se sont ainsi réunis, samedi, à Kiev pour examiner la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie. Une équipe américaine y a participé en visio conférence. “Une journée de travail chargée nous attend : questions de sécurité et d’économie, élaboration de documents cadres, coordination des prochaines étapes avec nos partenaires“, a déclaré le négociateur en chef de l’Ukraine, Rustem Umerov, dans un message sur Telegram. L’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a participé à distance, selon un responsable ukrainien.“
A Kiev, l’Ukraine et ses alliés européens s’entendent sur la poursuite des pourparlers de paixhttps://www.europesays.com/fr/638743/Les alliés européens de l’Ukraine se sont rencontrés samedi à Kiev pour examiner les détails de la dernière…#fr #france
— FR #France (@fr-france.bsky.social) 2026-01-03T18:00:23+00:00
Les garanties de sécurité au menu d’une réunion des chefs d’État major
Deux jours plus tard, soit la veille de la réunion de la coalition des volontaires, Kyiv a organisé une autre réunion impliquant des responsables militaires et de la défense de haut niveau, afin de discuter de la question des garanties de sécurité dans le cas où un éventuel accord de paix mettant fin à la guerre se concrétiserait. “Le 5 janvier, il y aura une réunion des militaires – les chefs d’état-major. La question principale est celle des garanties de sécurité pour l’Ukraine“, a annoncé Volodymyr Zelensky. “Sur le plan politique, presque tout est prêt, et il est essentiel de travailler sur chaque détail de la mise en œuvre de ces garanties dans les airs, sur terre et en mer, si nous parvenons à mettre fin à la guerre. C’est là l’objectif primordial de tous les citoyens“, a indiqué le président ukrainien.
Le plan de paix abouti à 90 %, au cœur du sommet de la “coalition des volontaires“
“Le 6 janvier, une réunion au niveau des dirigeants aura lieu – les dirigeants européens et les dirigeants de la Coalition des volontaires“, a déclaré Volodymyr Zelensky, ajoutant qu’il y aura aussi “des rencontres avec l’équipe du président Trump“. “Nous nous préparons dès maintenant à faire en sorte que la réunion [du 6 janvier] soit productive, que le soutien augmente et que la confiance politique dans les garanties de sécurité et dans l’accord de paix s’accroisse“. “Nous avons un plan de compromis dans lequel il n’y a toujours aucun compromis sur deux points. C’est pourquoi nous disons 90% sur 100%“, a relevé le président ukrainien lors d’un point presse.
Ukraine : Zelensky assure que « l’accord de paix est prêt à 90 % », mais le plus dur reste à venir en 2026 https://t.co/z3Gkjfs0IW
— Le HuffPost (@LeHuffPost) January 1, 2026
L’épineuse question des territoires
L’avenir des territoires occupés par la Russie, qui contrôle aujourd’hui près de 20% du territoire ukrainien, demeure l’un des points clés de l’accord de paix. Les États-Unis ont tenté d’échafauder un accord de paix en tenant compte des contributions de Moscou et de Kiev, mais n’ont pas réussi à trouver de consensus sur la question clef des territoires, alors que Moscou occupe environ 19 % de l’Ukraine. Vladimir Poutine a de son côté annoncé fin décembre son intention de “durcir sa position“ après avoir accusé Kiev, qui dément, d’un raid de drones contre une résidence du président russe.
Garanties de sécurité : une différence d’approche des Européens
Selon le président ukrainien, les garanties de sécurité entre les États-Unis et l’Ukraine en cas de cessez-le-feu ont été “approuvées à 100%“, celles entre les États-Unis, l’Europe et l’Ukraine seraient “presque approuvées“. Prudent, Donald Trump a pour sa part déclaré que la question était réglée à “95%“. Il a également dit s’attendre à ce que les Européens se chargent d’une “grande partie“ de ces garanties sécuritaires, avec le soutien des Etats-Unis. Or, Américains et Européens n’ont pas la même conception de ces garanties de sécurité.“Le fait que les deux intervenants aient parlé différemment montre qu’il y a une différence d’approche“, analyse Emmanuel Dupuy, président de l’Institut prospective et sécuritaire en Europe (IPSE). Du point de vue européen, il s’agit de mettre des troupes sur le terrain pour garantir le cessez-le-feu et éviter qu’il y ait une reprise du conflit. Les États-Unis partent du principe que cela doit être assumé par les Européens sans que les Américains aient à payer, tout en affirmant que les garanties de sécurité sont apportées par les Américains en cas de conflit, au sein de l’OTAN.
Que propose la coalition concrètement ? Plusieurs options sont à l’étude, comme le déploiement d’une mission d’observation, le maintien d’une présence à l’arrière, centrée sur la formation et la reconstruction de l’armée ukrainienne, ou bien le déploiement de petites unités positionnées de façon à garantir que toute agression déclencherait mécaniquement une riposte plus large de pays puissants. Une autre option, plus ambitieuse, serait un déploiement de grande ampleur – 20.000 soldats au moins, dotés de moyens de frappe et de renseignement – conçu pour réellement figer la ligne de front. Mais la coalition en a-t-elle les moyens ? Sans le soutien des États-Unis, quelle serait la crédibilité de ces unités ?
"Garanties de sécurité" pour l’Ukraine : Européens et Américains n’ont pas la même conception https://t.co/QXR5NzeJ3K
— RTBF info (@RTBFinfo) December 29, 2025