Réunion en France des chefs de la diplomatie du G7
Dans un contexte géopolitique marqué par deux conflits majeurs, les ministres des Affaires étrangères du G7 se réunissent jeudi et vendredi en France, à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay. Au programme des discussions : le conflit au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine.

Les chefs de la diplomatie des grandes puissances mondiales, membres du Groupe des Sept (G7), ainsi que des représentants de l’Union européenne se réunissent sous présidence française, jeudi 26 et vendredi 27 mars, à une quarantaine de kilomètres de Paris. Dans le contexte géopolitique actuel, le conflit au proche et Moyen-Orient et la guerre Ukraine feront partie des grands sujets abordés par les ministres des Affaires étrangères. “Cette réunion des ministres a vocation à contribuer au règlement des grandes crises internationales“, a indiqué le Quai d’Orsay dans un communiqué.
🔴 En direct du #G7 │ Conférence de presse de @jnbarrot, à l’occasion de la réunion ministérielle Affaires étrangères du G7 des Vaux-de-Cernay. https://t.co/CHSBlUCm1l
— France Diplomatie 🇫🇷🇪🇺 (@francediplo) March 26, 2026
Quels participants ?
Cette réunion de deux jours se tient à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, un édifice du XIIe siècle situé à une quinzaine de kilomètres du château de Rambouillet. Un site qui ne doit rien au hasard, selon le Parisien. En plein choc pétrolier, c’est en effet en ce même lieu que s’étaient réunis y a 50 ans, les chefs d’État et de gouvernement des six pays démocratiques les plus industrialisés (Allemagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume), à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing. Le G6 était né de ce sommet. Il deviendra l’année suivante le G7 avec l’entrée du Canada.
Les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances démocratiques (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ainsi que des représentants de l’Union européenne sont attendus dès jeudi. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas sera également présente pour participer notamment à “un dialogue stratégique entre l’UE et le Japon“. Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil), de la Corée du Sud, de l’Arabie saoudite et de l’Ukraine, “tous des poids lourds économiques dont l’alignement est déterminant pour la sécurité mondiale, l’énergie et les crises diplomatiques, seront également présents”.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est attendu vendredi en France. Il s’agira de son premier déplacement à l’étranger depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février. Marco Rubio abordera notamment lors de cette réunion “la situation au Moyen-Orient“, a déclaré mardi le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, dans un communiqué. Ce déplacement intervient après que le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis étaient en pourparlers avec l’Iran, une affirmation démentie par Téhéran, et qu’il a suspendu pour cinq jours sa menace de détruire le réseau électrique du pays.
Traiter des grands déséquilibres mondiaux
Conflit au Moyen Orient
L’un des objectifs de ce G7 sera “de traiter des grands déséquilibres mondiaux qui expliquent à bien des égards le niveau de tension et de rivalité auquel nous assistons avec des conséquences très concrètes pour nos concitoyens“, a expliqué mardi à l’AFP le ministre français des Affaires étrangères Jean Noël Barrot. Dans le contexte géopolitique actuel, les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine prendront ainsi une part essentielle dans les discussions. L’objectif des alliés est d’obtenir “davantage de précisions sur les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que sur l’existence éventuelle d’une voie diplomatique viable pour mettre fin au conflit“, comme l’indique Reuters. Les discussions porteront notamment “sur le détroit d’Ormuz, que l’Iran a de fait fermé, paralysant ainsi environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole”. Le Royaume-Uni et la France vont ainsi réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, dont le transit commercial est quasi paralysé depuis le début du conflit.
🔴 🚨 Dernière minute : Londres et Paris vont présider cette semaine une réunion d’une trentaine de pays prêts à participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, dans la perspective de créer une coalition internationale sur la sécurité de cette voie de transport stratégique… pic.twitter.com/MlULDEEfVH
— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) March 25, 2026
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, tentera de convaincre les alliés “d’adhérer à la stratégie de guerre contre l’Iran qui a fait flamber les prix mondiaux du carburant“, a annoncé mardi 24 mars le département d’État américain. Un objectif ambitieux : jusqu’alors les pays membres du Groupe des Sept ont refusé de participer à ce conflit, – ne cessant d’appeler à la désescalade au Moyen-Orient, et refusant d’être engagés militairement dans un conflit aux répercussions économiques mondiales. La France, qui dispose de bases militaires dans les pays du Golfe, s’efforce de conserver une posture “purement défensive“. De son côté, la diplomatie italienne réaffirmera l’engagement de l’Italie à promouvoir une désescalade.
Rubio to travel to France to sell Iran war to skeptical G7 allies
— Le Monde in English (@english.lemonde.fr) 2026-03-24T15:42:17.551868+00:00
Ukraine
Outre le Moyen-Orient, les ministres consacreront une session de travail à l’Ukraine et devraient réaffirmer leur soutien à Kiev. Les responsables européens craignent que les États-Unis “ne poussent Kiev à accepter un accord de paix défavorable avant les élections de mi-mandat américaines de novembre. Les responsables européens ont déclaré qu’ils insisteraient auprès de Rubio sur le fait qu’un tel résultat serait inacceptable, plaidant plutôt en faveur de sanctions plus sévères contre la Russie et d’efforts immédiats pour préparer l’Ukraine à un nouvel hiver de guerre.