Emmanuel Macron en visite au Japon et en Corée du Sud
Le président français, Emmanuel Macron, accompagnée de son épouse, Me Brigitte Macron, entame ce mardi une mini tournée en Asie. D’abord au Japon, du 31 mars au 2 avril, puis en Corée du Sud les 2 et 3 avril. Un déplacement au cours duquel sera abordée la situation au Moyen-Orient… Mais pas uniquement.

C’est une visite annoncée le 13 mars par Tokyo et Séoul dans des communications distinctes. Un déplacement en forme de session de rattrapage pour Emmanuel Macron qui a longtemps négligé les relations bilatérales avec ces deux pays d’Asie du Nord-Est. L’occasion pour le président français d’évoquer la question des impacts du conflit au Moyen-Orient. Mais également, de consolider des partenariats jugés cruciaux pour la stratégie de la France dans la région indopacifique.
Conflit au Moyen-Orient et attractivité de la France au menu
“Trouver des solutions communes“
Initialement prévue de longue date, cette visite intervient dans un contexte international bouleversé par le conflit déclenché il y a un mois par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Le Japon et la Corée du Sud, fortement dépendants des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, figurent parmi les pays les plus exposés aux conséquences économiques de cette crise gé. “La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges“ a indiqué vendredi l’Élysée, lors d’un point presse. Le chef de l’État doit s’entretenir avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi et le président sud-coréen Lee Jae-myung.
Les discussions porteront notamment sur l’impact économique du conflit, marqué par la hausse des prix de l’énergie, et sur la possibilité de coordonner des réponses diplomatiques. “Nous sommes également impactés par les effets économiques de la crise“, avec un prix des carburants en hausse, et les dirigeants discuteront donc de la “façon dont on peut essayer de trouver des solutions communes“, a déclaré la présidence française, qui s’attend à des “échanges très approfondis“ sur une possible coopération autour d’une initiative française pour rallier une coalition de “volontaires“ sur le sujet du détroit d’Ormuz. Paris insiste sur une conception commune, avec Tokyo et Séoul et “de la nécessité du dialogue“ et de la diplomatie, pour trouver une voie de sortie“, au moment où les alliés traditionnels de Washington se démarquent nettement de cette guerre lancée par Donald Trump sans les consulter.
Emmanuel Macron se rend cette semaine à Tokyo et Séoul. Prévue de longue date pour renforcer les liens économiques et culturels, la visite de mardi à vendredi est percutée de plein fouet par le conflit au Moyen-Orient https://t.co/yKVdLArPmY
— Florence Labbé (@flolabbe) March 30, 2026
Consolider des partenariats cruciaux
Au-delà de l’actualité brûlante, cette visite – officielle à Tokyo de mardi à jeudi, puis d’État à Séoul jeudi et vendredi – vise à consolider les partenariats jugés cruciaux pour la stratégie de la France dans la région indopacifique. Accompagné de chefs d’entreprises françaises, Emmanuel Macron va mettre l’accent sur “l’attractivité de la France“, Des rencontres sont ainsi prévues avec les dirigeants de groupes majeurs : côté japonais, SoftBank, champion des investissements technologiques ou encore Horiba, fabricant d’équipements pour la recherche. Et côté sud-coréen, ceux de Samsung ou encore, Hyundai Motor. Cette visite permettra par ailleurs au président français de préparer le sommet du G7 en juin à Evian, dans les Alpes françaises, avec le Japon, qui est membre de ce club de pays riches, mais aussi la Corée du Sud, membre du G20. Elle sera enfin l’occasion pour le chef de l’État de demander l’ouverture d’une enquête criminelle sur Tiphaine Véron, cette Française disparue le 29 juillet 2018 dans la petite ville de Nikko. Une affaire classée très vite comme un accident.
Les étapes de la visite présidentielle
Deux images pourraient marquer la tournée présidentielle : à Tokyo, sous les “sakura“, les emblématiques cerisiers dont la floraison coïncide avec la venue du président français; puis à Séoul, lors d’une rencontre du président avec des représentants de la K-pop, instrument de choix du “soft power“ coréen.
Etape 1 : Tokyo du 31 mars au 2 avril
Au Japon, Emmanuel Macron doit notamment rencontrer la première ministre Sanae Takaichi, première femme à diriger l’archipel, connue pour ses positions conservatrices et affirmées sur la scène régionale. Selon le porte-parole du gouvernement nippon, Minoru Kihara, la dirigeante japonaise “doit s’entretenir avec le président Macron, avant un dîner de travail “. L’objectif de cette rencontre étant d’“approfondir davantage les liens d’amitié et de coopération entre les deux pays“. A noter que Tokyo partage avec Paris une approche nuancée vis-à-vis de la Chine, mêlant coopération économique et divergences stratégiques. Brigitte et Emmanuel Macron seront également reçus par l’empereur Naruhito et l’impératrice Masako du Japon, qui accorderont une audience au couple présidentiel français. Une rencontre codifiée, symbole de l’importance accordée aux relations diplomatiques entre Paris et Tokyo.
Étape 2 : Séoul les 2 et 3 avril
Il s’agira de la première visite du président de la République au Pays du Matin-Clair, depuis son accession à l’Elysée. Mais aussi, du premier déplacement d’un chef de l’État français dans le pays depuis 2015, année du voyage de François Hollande dans le pays. Selon un communiqué du palais de l’Elysée publié vendredi, le couple présidentiel arrivera dans l’après-midi du 2 avril à Séoul, où il sera accueilli par le président Lee Jae Myung et son épouse Kim Hea Kyung. Emmanuel entamera son programme par un hommage aux anciens combattants de la guerre de Corée, notamment aux soldats du bataillon français de l’ONU. Suivra un dîner d’Etat à la Maison-Bleue, le palais présidentiel longtemps abandonné par ses prédécesseurs en raison de la crainte du “mauvais oeil », et réintégré en début d’année par l’actuel président Lee Jae Myung.
En Corée du Sud, le président Lee Jae-myung, a décidé de réintégrer en ce début d’année la Maison bleue, le palais présidentiel abandonné par ses prédécesseurs en raison de sa mauvaise réputation pour qui y réside https://t.co/zBpnGn8eu8 pic.twitter.com/NqSLbBojf9
— Florence Labbé (@flolabbe) March 30, 2026
La journée de vendredi sera consacrée à une séquence officielle qui comprendra une cérémonie d’accueil, un sommet bilatéral, des signatures d’accords et des déclarations à la presse, suivis d’un déjeuner d’Etat offert par Lee Jae Myung. Le palais de l’Elysée a affirmé que les deux chefs d’Etat aborderaient la question du détroit d’Ormuz d’une manière très approfondie, notamment “les initiatives qui sont portées aussi côté français en matière de sécurisation du détroit d’Ormuz“.
Dans l’après-midi, Emmanuel Macron se déplacera à l’université Yonsei, un établissement d’enseignement supérieur sud-coréen prestigieux pour échanger avec des étudiants. Il participera dans la foulée à un forum économique franco-coréen au siège de la Fédération des industries coréennes (FKI). Un événement qui réunira quelque 350 entreprises des deux pays et portera sur des thématiques telles que l’industrie du futur, le quantique, la décarbonation, l’hydrogène et le nucléaire. Le président français rencontrera également des dirigeants de grands conglomérats sud-coréens.
Pour clore cette visite d’État, Emmanuel Macron inaugurera l’antenne à Séoul du Centre Pompidou, installée dans la 63 Building à Yeouido, en présence de son président, Laurent Le Bon. A cette occasion, il rencontrera également plusieurs figures majeures du cinéma et de la musique coréenne, issues notamment de la K-pop, avant de s’entretenir avec le réalisateur Park Chan-wook, qui présidera le jury du Festival de Cannes 2026.