Menace de censure, sommet de l’Otan, cap sur 2027 : les rendez-vous politiques de la semaine
Du 6 au 12 juillet 2026, l’actualité politique se joue sur tous les fronts. Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner plusieurs projets de loi décisifs dans un climat électrique, la diplomatie française se tourne vers le sommet de l’Otan, tandis que la course à l’Élysée dicte déjà les agendas nationaux. Revue de détail des rendez-vous de la semaine.

Entre une session parlementaire extraordinaire sous la menace d’une motion de censure, un sommet crucial de l’Otan à l’international et les grandes manœuvres en coulisses pour la présidentielle de 2027, l’actualité politique se joue sur tous les fronts cette semaine.
Au parlement
Dépôt d’une motion de censure Écologistes-Insoumis sur la gestion de la canicule
Les Écologistes, avec le soutien de La France insoumise, ont déposé jeudi 2 juillet une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion de la canicule de juin. Le texte signé par 58 députés est examiné ce lundi à partir de 14 heures, au Palais-Bourbon.
🛎️ Motion de censure déposée par @Cyrielle_Chtl, @abomangoli et 56 députés, en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution.
🗓️ Sous réserve des décisions de la Conférence des présidents, cette motion sera examinée lundi 6 juillet 2026 à 14h.#DirectAN pic.twitter.com/XW6laoAP1J
— Assemblée nationale (@AssembleeNat) July 2, 2026
“Nous avons un gouvernement qui est en incapacité de gérer“ la canicule“, a déclaré la présidente du groupe Ecologiste et Social, Cyrielle Chatelain, avant d’annoncer le 1er juillet le dépôt de cette motion de censure. Dans la foulée, Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise a annoncé : “On va non seulement la voter, mais nous allons la cosigner“. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a lui aussi demandé jeudi aux députés socialistes de voter ce texte.
Nous allons co-signer et voter la motion de censure déposée par les écologistes en réaction à à l’impréparation du gouvernement à la canicule.
Elle devrait être examinée en début de semaine prochaine. pic.twitter.com/r42YSkMuzY— Manuel Bompard (@mbompard) July 1, 2026
Pour autant, cette motion de censure n’a guère de chance de renverser le gouvernement. Co-signée par 32 députés écologistes, 25 insoumis et un siégeant au groupe PS, elle aurait besoin des voix de 289 députés pour être adoptée. Il faudrait donc que le Rassemblement national la vote également, ce à quoi son vice-président Sébastien Chenu s’est montré réticent mercredi.
Fin de vie : une dernière lecture au Sénat
Adopté en troisième lecture par l’Assemblée nationale, le 30 juin dernier par 295 voix, contre 232, la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, repart une dernière fois au Sénat les 7 et 8 juillet. A la clé, très probablement un nouveau rejet du texte par les élus de la chambre haute. Une fois rejeté par le Sénat, la proposition de loi reviendra au Palais Bourbon pour une toute dernière lecture le 15 juillet, le gouvernement ayant décidé de donner le dernier mot aux députés, comme le permet la Constitution (article 45) en cas de désaccord entre les deux chambres.
🏛🚨 L'Assemblée nationale approuve pour la troisième fois la création d'un droit à l'aide à mourir:
✅ “Pour“ : 295
❌ “Contre“ : 232
⚪️ Abstentions : 35
Le texte sur la fin de vie doit maintenant repartir une dernière fois au Sénat, avant un vote définitif au Palais Bourbon… pic.twitter.com/AuFRMpZwUv— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) June 30, 2026
Une option qui avait été confirmée le 2 juin dernier, par Laurent Panifous, ministre en charge des relations avec le Parlement.
🗣️@LPanifous : "La loi sur la fin de vie sera votée avant cet été. Le texte reviendra le 22 juin à l'Assemblée, puis au Sénat, et les députés auront le dernier mot le 15 juillet. Je m'y engage" #GrandMatin
➡️Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️Réagissez au 0826 300 300 pic.twitter.com/3wLJLtVrCt— Sud Radio (@SudRadio) June 2, 2026
Examen du projet de loi “RIPOST“
Du lundi 6 au vendredi 10 juillet 2026, les députés examinent, en première lecture, le projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens, dit “RIPOST“. Examiné la semaine passée, le texte a été adopté par la commission des lois le 24 juin, dans une version remaniée par la gauche. Le projet de loi, largement approuvé par les sénateurs le 26 mai dernier, contient notamment des mesures durcissant la répression face aux rave parties, aux rodéos urbains ou encore à la consommation de protoxyde d’azote.
Free parties, rodéos urbains, protoxyde d’azote. Ce que la loi "Ripost" prévoit, voici la fiche pratique LCP https://t.co/A4YOpBXqlO
— LCP (@LCP) June 22, 2026
Vote solennel de deux textes
Mardi 7 juillet 2026, après les questions au Gouvernement, l’Assemblée nationale procèdera aux votes solennels, dans le cadre d’un examen en première lecture, sur le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes et, le projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles.
A l’international
Sommet de l’OTAN à Ankara
Guerre en Ukraine, tensions autour de l’Iran, le 36e sommet de l’Otan, qui se tiendra mardi et mercredi 7 et 8 juillet à Ankara, en Turquie, s’ouvre dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et d’inquiétude sur l’engagement des États-Unis en Europe. Depuis des mois, le président américain s’en prend à ses alliés européens, leur reprochant une absence de soutien lors de la guerre contre l’Iran. Le 3 juillet, Donald Trump a une nouvelle fois fait pression sur les Européens, dénonçant une relation à sens unique avec l’Otan.
Ridicule" : Donald Trump dénonce une relation à sens unique avec l'Otan et met la pression sur les Européens. À quelques jours du sommet de l'OTAN en Turquie, les 7 et 8 juillet, le président américain a une nouvelle fois fait planer la menace d'un retrait des États-Unis. Et… pic.twitter.com/1MW2eH99Dg
— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) July 3, 2026
Pendant deux jours, les chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance tenteront de définir une feuille de route commune. Confrontés à un retrait américain déjà enclenché, les Européens exigent de la clarté et de la coordination. Ce sera le premier enjeu du sommet d’Ankara, ce sera aussi un véritable défi, pointe Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’Iris et ancien ambassadeur à Moscou.
Face au retrait annoncé d’ici un an d’environ 5 000 militaires soldats américains actuellement positionnés en Allemagne, un des autres défis sera d’“organiser ça de façon cohérente et essayer de prendre des mesures pour ne pas diminuer la sécurité de l’Europe à cette occasion“, pointe également Jean de Gliniasty. Car, ce retrait programmé rend caducs les plans de l’Otan décidés en 2023 lors du sommet de Vilnius. “C’est un test pour la capacité des Européens à maintenir un lien correct avec Washington, tout en poussant leurs propres priorités“, souligne Cyrille Bret, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors
Sommet de l’Otan d’Ankara: l’Europe face au vide laissé par le retrait militaire américain https://t.co/Qb9otkykFb pic.twitter.com/FDcADIoMBb
— RFI Éco (@RFI_eco) July 4, 2026
Cap sur 2027
Au RN, l’heure de vérité pour Marine Le Pen
Mardi 7 juillet, à 13 h 30, se joue l’avenir politique de Marine Le Pen. La cour d’appel de Paris rendra son arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (l’ancêtre du RN). Les juges doivent dire si la cheffe de file du RN est ou non coupable de détournement de fonds publics pour avoir, selon l’accusation, mis en place entre 2004 et 2016 un “système“, en faisant embaucher par les eurodéputés de son parti des assistants, payés par le Parlement européen, dont les activités n’étaient en fait qu’au seul bénéfice du parti. Lors de son premier procès, la cheffe de file du RN avait été condamnée à 5 ans d’inéligibilité avec application immédiate, ainsi qu’à 4 ans de prison, dont 2 ferme, pour détournement de fonds européens. La décision est cruciale car elle va déterminer qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella sera le candidat du Rassemblement national en 2027.
Candidate ou pas ? Les scénarios possibles pour Marine Le Pen à l’issue du procès en appelhttps://t.co/CXHmRdYX0w
— Le HuffPost (@LeHuffPost) July 4, 2026
“Si je peux être candidate, je serai candidate, pour peu que je puisse faire campagne“, a déclaré Me le Pen, mercredi 1er juillet, affirmant qu’elle ne ferait pas campagne avec un bracelet électronique.
🔴 Décision de la cour d'appel de Paris
🗣️ "Si je peux être candidate, je serai candidate", @MLP_officiel dans Le Grand Entretien avec @DariusRochebin pic.twitter.com/n0Ukq71CZ4
— LCI (@LCI) July 1, 2026
Au parti socialiste : une stratégie soumise au vote des militants
Après plusieurs heures de débat sans trouver de consensus, le conseil national du PS réuni mardi 30 juin au soir, a décidé de convoquer aux urnes ses militants pour leur faire choisir la façon dont ils veulent désigner leur candidat à la présidentielle. Deux options s’offriront à eux lors du vote programmé le jeudi 9 juillet.
Présidentielle 2027: primaire ouverte ou non, les militants du PS voteront le 9 juillet pour décider comment sera désigné leur candidat
https://t.co/ANeQ5CF6qO— LCP (@LCP) July 1, 2026
L’option 1 consistera à organiser un “vote ouvert“ aux militants et aux sympathisants du PS et de Place publique, moyennant une participation de 2 euros pour ces derniers. C’est le scénario défendu par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui est partisan d’une primaire avec Les Écologistes et le reste de la gauche, à l’exception de La France insoumise, espérant que le vainqueur de ce “vote ouvert“ œuvre ensuite pour une candidature unique de la gauche hors LFI.
Le 9 juillet, les militantes et militants socialistes trancheront.
Hier soir, au Conseil national du Parti socialiste, j’ai plaidé pour une primaire ouverte aux militant•es ainsi qu’aux sympathisant•es pour désigner notre candidat à la présidentielle.
Face à l’extrême… pic.twitter.com/4umA2gFVYI
— Olivier Faure (@faureolivier) July 1, 2026
L’option n°2 est poussée par les deux courants internes opposés à Faure, dont celui de Boris Vallaud. “On ne veut pas déposséder“ les militants de leur pouvoir de choisir leur candidat, expliquait à Politico un proche du président du groupe socialiste à l’Assemblée.