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Sénatoriales 2026, dimanche 27 septembre

27 septembre

Ce dimanche 27 septembre, 172 600 grands électeurs sont appelés à renouveler la moitié des sièges du Sénat dans 63 départements. Mode de scrutin, départements clés, forces en présence, enjeux politiques… Décryptage d’une élection  singulière. 

Alors que les projecteurs restent braqués sur l’Assemblée nationale, la moitié du Palais du Luxembourg s’apprête à faire peau neuve. Ce dimanche, 178 sièges d’élus  correspondant à la “série 2“ seront à pourvoir à la chambre haute  lors d’un scrutin au suffrage universel indirect.

Quel cadre ?

178 sièges à pourvoir dans 63 circonscriptions au total

Le renouvellement du Sénat se fait par moitié, tous les 3 ans, selon un découpage des sièges en deux séries. Cette année, c’est la série 2 qui est renouvelable : elle représente 178 sièges de sénateurs (sur 348), dans 63 différentes circonscriptions en France. et une circonscription des Français de l’étranger. Sont concernés, les départements allant de l’Ain (1) à l’Indre (36), puis du Bas-Rhin (67) au Territoire de Belfort (90) à l’exception des départements de la région Île-de-France. En Outre-mer, la Guyane, les îles Wallis et Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Polynésie française sont incluses dans la série 2. Enfin, la moitié des sénateurs qui représentent les Français établis hors de France, soit 6 sièges, sont renouvelés.

Les candidats

Les dépôts de candidatures ouvertes ont eu lieu du 7 au 11 septembre 2026. A date, 1 686 candidats [la liste] ont été officiellement enregistrés, selon les données communiquées par les services du Sénat. À ce stade c’est un peu moins que lors du dernier renouvellement en 2023 (1 829 candidats),  Ces chiffres peuvent toutefois encore évoluer en fonction des dernières candidatures enregistrées dans les territoires ultra-marins,

Si l’on exclut les suppléants, 46,1 % des 1 686 candidats aux sénatoriales sont des femmes (777 personnes), tous types de circonscriptions confondues. Et seulement 84 femmes sont têtes de liste (36% des listes), ce qui diminue leurs chances d’être élues. On constate par ailleurs que le mandat de sénateur reste privilégié par des personnalités qui arrivent en fin de carrière : 68 % des candidats ont plus de 50 ans. L’âge moyen des candidats étant de 54 ans et 11 mois (l’âge minimum pour être candidat(e) est de 24 ans). 134 sénateurs sortants sont par ailleurs officiellement candidats, mais pas toujours en position éligible. Ils sont 44 dans la série 2 à ne pas se représenter. On compte également parmi les candidats de ce cru 2026 : 33 députés, 7 députés européens, deux présidents de conseil régional et neuf présidents de conseil départemental.

Quel mode de scrutin ?

Une élection par un collège de grands électeurs

Ce scrutin est l’un des rares dans le système politique français qui ne se déroule pas selon les règles du suffrage universel direct. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs, pour qui le vote est obligatoire.  On en compte 162 000 pour ce scrutin. Parmi eux, 95 % sont des délégués des conseils municipaux. Les autres sont les députés et sénateurs des circonscriptions concernées, les conseillers régionaux ou départementaux. Ces grands électeurs se divisent en deux catégories : d’une part, les délégués de droit. Ce sont des élus locaux et nationaux : parlementaires – députés et sénateurs -, conseillers régionaux, conseillers généraux, et conseillers municipaux. D’autre part, les délégués élus.  Il s’agit de citoyens choisis par les conseils municipaux pour voter au nom de leur commune. Les sénateurs représentant les Français établis hors de France sont élus par un collège électoral de 534 grands électeurs.

Deux types de scrutin

Il existe deux modes de scrutin pour les élections sénatoriales, en fonction du nombre de sièges à pouvoir dans chaque département. Le nombre d’élus par circonscription dépend du nombre d’habitants :

  • Pour les départements les plus peuplés où sont élus 3 sénateurs ou plus, l’élection a lieu au scrutin de liste proportionnel  à un tour, suivant la règle de la plus forte moyenne. Les partis sont tenus de présenter des listes paritaires, avec une alternance homme, femme. Le nombre de sièges à pourvoir est ventilé en fonction du score de chaque liste, selon la règle de la plus forte moyenne. 119 sièges, répartis dans 30 circonscriptions, sont attribués selon ce mode de scrutin.
  • Pour les circonscriptions moins peuplées où sont élus 1 ou 2 sénateurs, l’élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours, qui se déroulent le même jour. Cette année, 34 circonscriptions sont concernées par ce mode de scrutin, soit 59 sièges. Pour être élu au premier tour, le candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des inscrits. À défaut, un second tour est organisé à l’issue duquel l’élection est acquise à la majorité relative.

Quels sont les grands enjeux politiques ?

La chambre haute ne devrait pas connaître de bouleversement majeur après ces élections sénatoriales, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour son président, Gérard Larcher. Des changements notables pourraient cependant intervenir. L’élection est en effet à fort enjeu, à moins d’un an de la prochaine présidentielle.

RN : former un premier groupe au Sénat ?

Ce serait sûrement le principal changement de ces sénatoriales, s’il se confirme. Du côté du Rassemblement national (RN), on a déjà fait savoir que l’objectif était de parvenir à former un groupe politique au Palais du Luxembourg : le seuil minimal de dix élus semblant désormais à portée de main, ce qui serait une première sous la Ve République. Avec Nice, désormais aux mains de l’allié UDR Éric Ciotti, le nombre de grands électeurs acquis à l’extrême droite devrait en effet logiquement augmenter.

L’objectif c’est d’être présent partout, à l’occasion de ce scrutin“ commence Ludovic Pajot, directeur de campagne pour le RN lors de ces sénatoriales 2026. Sur le papier, “le minimum qu’on fera, c’est huit“ prédit-il, espérant “quelques surprises“ supplémentaires autour de la Méditerranée, mais aussi dans le Gard, en Gironde voire dans la Sarthe. Reste que sans Toulon et Marseille, qui étaient dans le viseur du RN pour ces municipales, la marche devrait toutefois être plus haute que prévu. Le parti à la flamme peut-il alors échouer à constituer un groupe ? C’est une possibilité. L’enjeu est certes symbolique, mais pas seulement. “Ça montrerait qu’encore un plafond est traversé. Car on nous dit sans arrêt qu’on a des plafonds de verre, mais on les a tous traversés. Traversons celui-là et installons-nous dans la Chambre haute“, déclare un cadre du parti.

LFI : obtenir son premier sénateur ?

La France Insoumise (LFI) obtiendra t-elle son premier élu au Sénat ? Le parti a pour cela, et c’est une première, investi des candidats insoumis presque partout, espérant se rendre “incontournable“, face aux représentants de la “vieille gauche“. LFI espère obtenir son premier sénateur avec la candidature dans le Rhône du député Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon. Malgré des prises importantes à Saint-Denis, la Courneuve, Roubaix, Vénissieux et Vaulx-en-Velin, les Insoumis pourraient avoir à attendre encore jusqu’en 2029 avant d’envoyer une poignée d’élus à la Chambre haute. En effet, la plupart des territoires où le parti a réalisé de bons scores aux municipales, notamment dans les départements franciliens et ceux des Hauts-de-France, ne sont pas inclus dans la liste des 63 départements concernés par le renouvellement cette année. “Au mieux, ils auront peut-être un sénateur en région lyonnaise“, prédit le constitutionnaliste, Benjamin Morel.

LR : une possible perte de 3 à 5 sièges ?

Premier groupe du Sénat, Les Républicains abordent le scrutin avec une double conviction : ils resteront le premier groupe de la Haute assemblée, mais ils risquent aussi, très certainement, de perdre quelques sièges. La faute aux municipales, où LR et ses alliés locaux ont perdu Nice, Menton, Nîmes. “Si on imaginait perdre 9 à 10 sièges en début d’année, on est plutôt maintenant sur 3 ou 5 sièges perdus“ explique le sénateur Roger Karoutchi, également président de la commission nationale d’investiture (CNI) des LR. Pas de quoi toutefois ébranler la solide mainmise des LR sur le Sénat (et la réélection de Gérard Larcher à la présidence de la chambre haute). Aujourd’hui avec ses alliés centristes, le groupe LR dispose d’une confortable majorité. Mais les Républicains partent en ordre dispersé dans plusieurs zones-clés comme les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes ou le Rhône.

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN#ElectionsSenatoriales2026

Public Sénat (@publicsenat.fr) 2026-03-30T16:18:27.000Z

PS : conserver sa place de 2ème groupe

Pour le Parti socialiste (PS), l’enjeu est clair : il s’agit de conserver sa place de deuxième groupe le plus important du Sénat, derrière Les Républicains (131). Avec 64 sièges, le groupe Socialiste, écologiste et républicain (SER) est talonné par l’Union centriste (UC) et ses 59 membres. Si bien qu’en cas de recul du groupe PS et de quelques gains pour l’UC, les centristes pourraient prendre la deuxième place, en nombre de sénateurs. “Si lors du renouvellement précédent, l’objectif a été atteint, il apparaît cette fois-ci plus difficile, mais loin d’être impossible, à atteindre.“ Pour quelles raisons ? Parce que dans un certain nombre de départements renouvelables, les pertes ont été sèches, ne serait-ce que dans les villes de plus de 10.000 habitants écrit la Fondation Jean Jaurès dans une note consacrée aux enjeux des sénatoriales.

Sénatoriales : la gauche tente de s’unir pour préserver son statut de deuxième groupe

Le Monde (@lemonde.fr) 2026-08-11T15:00:25.509690+00:00

Le groupe écologiste, le plus petit du Sénat avec 16 élus, semble quant à lui théoriquement menacé. La vague verte de 2020 reflue, et même si les écologistes continuent de performer dans les grandes villes – malgré la perte de deux bastions d’envergure avec Bordeaux et Strasbourg – leurs difficultés à s’implanter dans les territoires intermédiaires pourraient aussi avoir des conséquences en septembre. Une défaite de la totalité des 7 sortants le ferait passer en dessous du seuil de 10 sénateurs nécessaire pour former un groupe. Mais Guillaume Gontard, le président des Ecologistes au Sénat, écarte cette hypothèse et espère maintenir son effectif autour de 14 unités.

 

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