Élections législatives en Israël
Ce mardi 27 octobre, Israéliens sont appelés aux urnes pour élire les 120 députés de la Knesset. Ces élections législatives pourraient redessiner le paysage politique du pays. Pour autant, ni les alliés du Premier ministre Benjamin Netanyahu ni l’opposition ne disposent d’une voie claire vers une majorité gouvernementale.

Ce 27 octobre plus de 7 millions d’Israéliens se rendront aux urnes pour élire les 120 membres de la 26e Knesset, le parlement israélien. Il s’agira des premières élections en Israël depuis les attentats du Hamas du 7 octobre 2023, et elles pourraient constituer un référendum sur la légitimité du maintien au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Comment fonctionnent les élections israéliennes ?
Tous les citoyens israéliens âgés d’au moins 18 ans le jour du scrutin et inscrits sur les listes électorales, peuvent voter. Ils sont lors de ce scrutin, plus de 7,3 millions, dont plus de 500 000 potentiels primo-votants, soit plus de 8 % du corps électoral.
Un système électoral à la représentation proportionnelle
Contrairement à de nombreuses autres démocraties occidentales, Israël ne possède pas de circonscriptions électorales géographiquement définies, les membres de la Knesset étant élus au suffrage universel unique à l’échelle nationale. Tout le pays constitue ainsi une circonscription unique : il n’existe ainsi par exemple, pas de siège réservé à Tel-Aviv, Jérusalem ou à une autre ville. Les 120 sièges sont proportionnellement répartis en fonction des résultats obtenus par chacune des listes à l’échelle du pays, à condition qu’elles recueillent suffisamment de voix. Depuis 2015, ce seuil a été relevé dans le but de “réduire la fragmentation parlementaire et à encourager les petits partis à se présenter ensemble”. Pour entrer à la Knesset, un parti doit ainsi obtenir au moins 3,25 % des suffrages exprimés , ce qui équivaut à quatre sièges. Une formule complexe est ensuite appliquée pour répartir les voix obtenues par les partis n’ayant pas atteint ce seuil.
Le 27 octobre, plus de 7 millions d’Israéliens sont appelés aux urnes pour élire les 120 députés de la Knesset, pilier du système politique du pays. Organisé à …
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Comment se forme le gouvernement ?
Après les élections et une fois tous les sièges attribués, le président israélien doit désigner, dans les sept jours suivant la proclamation officielle des résultats, et après consultation des groupes parlementaires, un membre de la Knesset qu’il estime “capable de rassembler un soutien parlementaire suffisant“, pour former un gouvernement, Historiquement, il s’agit d’une coalition de partis plutôt que d’une personne, aucun parti n’ayant jamais obtenu la majorité absolue de soixante et un sièges. Si cette personne ne parvient pas à former un gouvernement dans les vingt-huit jours, le président peut soit confier le mandat à quelqu’un d’autre, soit laisser la Knesset désigner un candidat. Si aucune coalition ne parvient à obtenir la majorité absolue de soixante et un sièges, les Israéliens sont de nouveau appelés aux urnes. Plusieurs semaines, voire plusieurs mois peuvent ainsi s’écouler avant la formation du prochain gouvernement.
Quels sont les principales forces en lice ?
Deux blocs politiques permettent de différencier les candidats. D’une part, la coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahu qui était déjà la plus radicale dans l’histoire d’Israël et qui en période de campagne, s’est encore plus radicalisée. Parmi les figures clés du bloc Netanyahu figurent le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir (Otzma Yehudit), le chef du parti Shas, Aryeh Deri, ainsi que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich. D’autre part, une coalition d’opposition formée de partis très variés, qui va de la gauche à l’extrême droite, avec une figure centrale, un ancien chef d’état-major de l’armée, Gadi Eisenkot, largement considéré comme le principal adversaire du président israélien. À la tête du parti Yashar ! (“Droit » ou « Honnête »), il a vu sa popularité progresser dans les sondages au cours de l’été. Le point commun de cette coalition est l’anti Netanyahu, afin que le président israélien ne soit pas reconduit.
🇮🇱🗳️ Élections législatives en Israël: qui est Gadi Eisenkot, le principal opposant de Benjamin Netanyahu? 👇 https://t.co/NK3MXqIKJr
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Un référendum pour ou contre Netanyahu
Ce scrutin, crucial, est perçu comme un référendum pour ou contre le Premier ministre israélien. Après avoir occupé les fonctions de chef du gouvernement à trois reprises, Netanyahu est aujourd’hui largement attaqué. Entre sa gestion du conflit au lendemain du 7 octobre 2023 et ses nombreuses démêlées judiciaires, l’image de “Monsieur Sécurité“ s’est fissurée le 7 octobre 2023 : de nombreux Israéliens le jugeant en partie responsable de l’attaque du Hamas.
Élections en Israël: l’heure des comptes pour Benyamin Netanyahu
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Les principaux enjeux
Les législatives israéliennes du 27 octobre constituent avant tout un test pour Benyamin Netanyahou, son bilan sécuritaire depuis les attaques du 7 octobre 2023 et sa gestion de la guerre à Gaza. La responsabilité des événements du 7-Octobre est un enjeu central de cette élection, près de trois ans après l’assaut barbare du Hamas qui a mis en évidence des défaillances catastrophiques au sein des instances de sécurité et de la direction politique israéliennes. Au pouvoir depuis la fin de l’année 2022 et pendant la quasi-totalité des 17 dernières années, le fleuron de la droite dirigé par Benjamin Netanyahu mise sur son bilan militaire depuis le 7-Octobre, affirmant que les succès militaires des trois dernières années à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Iran ont placé Israël dans une position historiquement forte.
Mais après “le 7 octobre“, l’électorat israélien s’est déplacé vers la droite. Aujourd’hui, si la majorité des Israéliens approuve la guerre lancée dans l’enclave palestinienne, la gestion du conflit par le Premier ministre israélien reste contestée. L’opinion publique lui reproche de ne pas avoir tenu ses promesses de “victoire totale“ sur le Hamas et le Hezbollah libanais et d’avoir été écarté par les Américains des négociations avec l’Iran. “Netanyahou n’a rien appris du 7 octobre“, a déclaré son principal opposant, Gadi Eisenkot, à deux jours du scrutin. À trois jours d’élections législatives qui s’annoncent serrées, des milliers de personnes ont manifesté à Tel-Aviv, samedi, contre le gouvernement de Netanyahu, pour réclamer une commission d’enquête sur les failles sécuritaires ayant permis l’attaque du 7-Octobre.
Des milliers de personnes contre Netanyahu à Tel-Aviv, avant les élections
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A cela s’ajoute les multiples démêlées judiciaires de celui qui fut chef du gouvernement israélien, impliqué dans trois affaires, et inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance. Au-delà des frontières israéliennes, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Netanyahu pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Le bilan humain de la guerre menée à Gaza, la dévastation de l’enclave palestinienne lui valent aussi des accusations de génocide et de nettoyage ethnique de la part de certaines ONG et même de dirigeants internationaux.
Aucune majorité nette se dégage des derniers sondages
En l’état, aucun des principaux blocs ne semble en mesure d’obtenir une majorité à la Knesset. Les derniers sondages anticipent une quasi-égalité entre le bloc de Nétanyahou et celui de Gadi Eisenkot (centre) lors du scrutin du 27 octobre. Aucun n’obtiendrait seul la majorité des 120 sièges de la Knesset (61 sièges nécessaires) , pour gouverner sans alliance avec les autres forces politiques.
Opinion polls ahead of Israel's Tuesday election project a deadlock, with neither Prime Minister Benjamin Netanyahu nor opposition leader Gadi Eisenkot securing a path to a parliamentary majority. Emily Rose explains https://t.co/OMYvU3ao1A pic.twitter.com/pzB0E39ftJ
— Reuters (@Reuters) October 24, 2026
Dans cette dernière ligne droite avant les élections, selon les ultimes sondages, la coalition gouvernementale (Likud, AY, DH, OL, , SHAS et YH) n’obtiendrait que 45,0% des sièges. Au 23 octobre, selon la moyenne des 10 derniers sondages, elle totalise 53 sièges, tout comme le Bloc du changement, et 14 sièges pour les Partis arabes. Aucun bloc n’atteint donc à lui seul, les 61 sièges nécessaires à la formation d’un gouvernement.
Les partis arabes, la troisième force
Les voix vraiment susceptibles de faire basculer l’élection se trouvent du côté de la Liste unifiée et de la Liste arabe unie, les fameux partis arabes. Les derniers sondages leur attribuent 14 sièges au total, soit le nombre de députés dont auraient besoin aussi bien l’alliance de Benjamin Netanyahu que celle de Gadi Eizenkot pour atteindre la majorité. D’un côté, si les partis arabes s’apprêtent à jouer un rôle d’arbitre faute de majorité absolue pour les grands blocs, ils envisagent uniquement de servir de “filet de sécurité“ à l’opposition pour faire tomber Netanyahou, sans pour autant intégrer formellement une coalition.
De l’autre, et contrairement à Netanyahu, Gadi Eizenkot n’a pas formellement exclu toute forme de coopération avec les partis arabes. Cependant, lors de réunions publiques, il s’est gardé de prendre le moindre engagement. Cette ambiguïté sert les calculs électoraux de Netanyahu, qui cible Eizenkot dans sa campagne en l’accusant de vouloir s’allier avec les partis arabes, un argument destiné à mobiliser et à resserrer les rangs de l’électorat de droite
