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“Acte III “ de la mobilisation contre la vie chère

31 octobre

C’est un cocktail pour le moins explosif qui s’annonce ce 31 octobre. À la colère sociale contre la vie chère qui ne faiblit pas, vient s’ajouter l’effervescence de la nuit d’Halloween, plaçant les autorités en état d’alerte maximale pour cet “Acte III“ contre la vie chère. Le point sur cette journée redoutée par les autorités. 

Un dispositif de sécurité XXL pour une date à haut risque. Le mouvement de contestation sociale continue et marquera son “acte III“ ce samedi 31 octobre. Pour le troisième week-end consécutif, des milliers de personnes défileront à nouveau dans les rues de Paris et des grandes villes françaises. A la clé, un double défi pour les autorités : encadrer la contestation sociale et prévenir les dérapages urbains d’une nuit d’Halloween historiquement inflammable.

Syndicats et jeunesse répondent à l’appel des “Gilets jaunes“

La coordination des Gilets jaunes avait lancé le premier appel dès le 24 octobre dernier, à l’issue du deuxième acte de la mobilisation sociale. Le 31 octobre, “nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés“, avaient déclaré Benjamin Ball et Azelma Sigaux, deux de ses membres, lors d’une conférence de presse organisée place de la Bastille, à Paris. Un appel entendu par les lycéens et étudiants qui aux côtés de l’intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires et FO), battront eux le pavé ce samedi.

Lundi 26 octobre, malgré les annonces du gouvernement, les organisations lycéennes et étudiantes ont en effet annoncé leur participation, à l’instar de l’Union étudiante, l’Unef, l’Union syndicale lycéenne, Les Lycéens ! ou encore Renouveau lycéen. “Nous irons au bout“ a déclaré Louis Letoublon, vice-président de l’organisation « Les Lycéens », appelant à la mobilisation le 31 octobre et le 5 novembre. “Continuons de faire peur“ le samedi 31 octobre, jour d’Halloween et date de “l’acte III“ du mouvement. “Soyons nombreux.ses en manifestation“, écrit pour sa part sur X l’Union étudiante.

Imbroglio autour du cortège parisien

“On continuera d’avoir des tracés de mobilisation déclarées […] qui se feront en dehors des centre-ville“, a annoncé Emmanuel Macron le 26 octobre, en visite à Marseille. “Samedi prochain est un samedi à risque“, avait ajouté le président de la République.

Les parcours de cortège dans le centre de Paris déposés par la CGT et des gilets jaunes, ont été interdits par arrêté, vendredi, par la préfecture de police, en application des consignes du ministère de l’Intérieur, préconisant de nouveau une déambulation en dehors du centre de la capitale. La première avait fait une demande pour défiler “à partir de 14H au départ de la place de Bastille vers la place de la Nation“. Les seconds avaient déclaré une manifestation, de la place de la Bastille jusqu’à la place de la Concorde.  Ces deux itinéraires sont incompatibles “avec les impératifs de l’ordre public“ en raison de la présence “en nombre des commissariats de police, des agences bancaires, des commerces et des enseignes de restauration rapide“, avait précisé la préfecture de police , qui privilégiait un autre parcours, unique, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton,

Le tribunal administratif avait levé vendredi soir l’interdiction du parcours Bastille-Nation ordonnée par les autorités, qui ont immédiatement fait appel de cette décision devant le Conseil d’État. Ce dernier a annulé, ce samedi 31 octobre, la décision des juges du fond. Ce parcours est finalement interdit. Et c’est donc celui prévu par la préfecture de police de Paris, allant à 14de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, qui doit être respecté.

Quid en région ?

A Lyon, le feu vert de la préfecture

Dans le Rhône, la préfecture a confirmé vendredi, avoir donné son feu vert à “un parcours de la Manufacture des Tabacs, en direction de Jean Macé, en passant par Garibaldi et Berthelot“, hors de l’hyper centre de la ville où toute manifestation a été interdite ces derniers jours. Le départ du cortège est fixé à 14 heures : Manufacture des Tabacs  (Lyon 3e) > Cours Gambetta > Garibaldi > Avenue Berthelot > Place Jean Macé. 

A Bordeaux, le cortège validé

Le parcours en centre-ville, de la place de la Bourse, vers la place de la Victoire, déposé par l’intersyndicale (CGT, FO, FSU) et la coordination inter lycéenne, est autorisé, contrairement à la semaine dernière, après des “garanties“ de sécurisation offertes par les organisateurs, a annoncé vendredi la préfecture de Gironde, qui anticipe néanmoins une journée “difficile“ et des “actions violentes“. Le défilé s’élancera à 14 heures depuis les quais et contournera l’hypercentre commerçant, via l’axe suivant : Place de la Bourse >  Allées de Tourny > Cours Clemenceau > Place Gambetta > Cours d’Albret > Cours Aristide-Briand > Place de la Victoire. 

Manifestations du 31 octobre : le cortège est autorisé à Bordeaux, malgré « des actions violentes » redoutées par la préfecture

— Le Monde (@lemonde.fr) 2026-10-30T12:34:44.139834+00:00

A Lille, un cortège hors de l’hyper centre et du Vieux Lille

Le préfet du Nord, Bertrand Gaume, a autorisé un défilé mais a strictement délimité son organisation afin de protéger les zones commerciales. Tout regroupement est ainsi interdit dans le centre-ville et le Vieux-Lille pour éviter les dégradations de commerces. La préfecture a validé un tracé de 5 kilomètres contournant le centre, au départ de la place de la République à 14h30, et en direction de Wazemmes : place de la République > Rue de Solférino > Rue Nationale (portion sud) > Boulevard Montebello > Avenue d’Iéna > Boulevard Victor-Hugo Retour sur la rue de Solférino > Place Jeanne-d’Arc > Rue Brûle-Maison > Place de la Nouvelle-Aventure à Wazemmes.

A Marseille, les rassemblements non déclarés, strictement interdits

Tout appel à manifester de manière spontanée (sans parcours déposé et validé) est strictement interdit du vendredi 30 octobre (18h) au lundi 2 novembre (5h) dans le centre-ville et les zones commerciales de Marseille. La même règle s’applique à Aix-en-Provence, Miramas, Aubagne, Salon-de-Provence, Les Pennes-Mirabeau, Arles et Cabriès. La mesure concerne notamment une partie du centre-ville autour du Vieux-Port, de la Canebière, de la rue de la République et de la rue de Rome. Elle s’applique également aux abords des centres commerciaux “Centre Bourse“ “Terrasses du port“, Grand Littoral, Bonneveine, Prado Shopping, le Merlan et La Valentine.

“Je n’ai pas à l’heure où on se parle de dépôt de manifestations“ pour samedi, a expliqué vendredi, en milieu de journée le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkowski, qui rappelle dans son arrêté que les manifestations et rassemblements “sauvages“ [listés ici] sont illégaux.

A Strasbourg, les cortèges non déclarés interdits

Pour ce samedi 31 octobre, la préfecture du Bas-Rhin interdit, elle aussi par arrêté, les cortèges, défilés et rassemblements non déclarés, à Strasbourg. Pour les manifestations qui seraient déclarés, elle impose un circuit obligatoire : Place du maréchal de Lattre de Tassigny > Rue de la brigade Alsace Lorraine > Rue des orphelins > Rue de Zurich> Quai Dietrich > Quai Dietrich > Place de la République . Tout cortège est interdit en dehors de cet axe précis.

A Nantes et Rennes, Toulouse : une interdiction des cortèges et manifestations dans plusieurs zones

Le préfet de la Loire-Atlantique a pris un arrêté d’interdiction des manifestations et cortèges de 10h00 à dimanche 06h00 dans plusieurs zones de la métropole nantaise : centre-ville, centres commerciaux Beaulieu (Nantes) et Atlantis (Saint-Herblain), zone commerciale du Bois Dormant. 

La préfète d’Ille-et-Vilaine, Emmanuelle Dubée, a également interdit la manifestation prévue ce samedi 31 octobre 2026 dans le centre-ville de Rennes. Cette décision fait suite à l’absence d’accord entre les services de l’État et les organisations syndicales concernant le parcours du cortège. De plus, à partir du samedi 31 octobre et jusqu’au 2 novembre, un arrêté préfectoral distinct interdit les rassemblements nocturnes de 20 h à 5 h du matin dans le centre historique (secteurs Colombie, Alma, etc.) jusqu’au 2 novembre. Pour la journée du samedi 31 octobre 2026, toutes les manifestations et rassemblements revendicatifs sont également strictement interdits dans le centre-ville de Toulouse par arrêté préfectoral. La zone proscrite aux manifestants englobe l’hyper-centre toulousain ainsi que plusieurs ponts majeurs enjambant la Garonne (Pont des Catalans, Pont de la Croix de Pierre, etc.).

Un dispositif policier XXL

Un risque “très élevé“ de violences

Dans un document adressé à tous les préfets le 29 octobre, Laurent Nuñez a alerté sur le risque “très élevé“ de violences urbaines, “du début de soirée jusque tard dans la nuit.“ “Ont été repérés sur les réseaux sociaux de multiples appels à rassemblements dans les centres-villes, sur toutes les places publiques, au prétexte de la fête d’Halloween“  explique le ministre de l’Intérieur. “L’analyse de l’infographie de ces appels ne laisse pas de doute sur les intentions de leurs auteurs de commettre de nouvelles exactions. Aussi, du début de soirée jusque tard dans la nuit, le risque de violences urbaines est très élevé“.

70 000 policiers et gendarmes mobilisés

“Pour que le 17 octobre ne se reproduise jamais“ : sur RTL, Laurent Nunez a promis mardi 27 octobre, un dispositif  “aussi conséquent“ que celui déployé le 24 octobre. Quelque 70.000 policiers et gendarmes seront ainsi mobilisés de nouveau ce samedi. Soit le même nombre de membres des forces de l’ordre que lors de l’acte II de la mobilisation. “Un dispositif exceptionnel reconduit et amplifié“, a annoncé le ministre de l’Intérieur lors d’une conférence de presse, alertant sur une journée “à risque très élevé de troubles à l’ordre public.“ Le locataire de Beauvau s’inquiète notamment des “nombreux appels à rassemblements“ dans la soirée pour la fête d’Halloween. “La journée du 31 octobre est (…) à risque très élevé de troubles à l’ordre public“ et “présente à bien des égards un caractère atypique“, a t-il encore estimé.

“La réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté“, a prévenu Laurent Nunez. Le ministre demande aux préfets de porter “une attention toute particulière aux appels aux rassemblements sur toutes les places publiques à partir de 20 heures qui se multiplient, et aux risques de cortèges sauvages qui en découlent“. A ce titre, le ministre prévient que les rassemblements prévus dans la soirée du 31 octobre et lancés sur les réseaux sociaux “seront bien évidemment interdits“. “La réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté“,  a t-il assuré.

Des couvre-feux à Paris, Marseille, Nantes…

Plusieurs villes ont décidé de maintenir un couvre-feu ce week-end. Dans un arrêté publié vendredi matin, la préfecture de police de Paris en instaure un dans les secteurs de la place de la République et de Châtelet-Les Halles pour les nuits de samedi à dimanche puis de dimanche à lundi, entre 23h00 et 6h00. Avec la manifestation samedi puis la fête d’Halloween, “les mesures de police visant à maintenir ou à rétablir l’ordre, tel qu’un couvre-feu, demeurent, dans le contexte actuel impérativement nécessaires“ et “sont justifiées par l’existence de troubles à l’ordre public dans certains secteurs de Paris“ assure l’arrêté. Jeudi, la préfecture de police avait déjà pris un arrêté pour imposer un couvre-feu aux mineurs dans certains secteurs de la capitale, qui s’applique “du vendredi 30 octobre à 21h jusqu’au samedi 31 octobre à 6h, du samedi 31 octobre à 21h jusqu’au dimanche 1ᵉʳ novembre à 6h, et du dimanche 1ᵉʳ novembre à 21h au lundi 2 novembre 2026 à 6h“.

Dans un arrêté, le préfet des Bouches-du-Rhône décrète lui aussi à nouveau un couvre-feu pour les mineurs à Marseille et dans plusieurs communes des Bouches-du-Rhône, dans la perspective de la manifestation du 31 octobre.

Des dispositions similaires ont aussi été été prises par le préfet des Pays de la Loire. En raison des risques élevés, la préfecture a déployé un dispositif exceptionnel comprenant notamment une interdiction pour les mineurs non accompagnés de circuler dans les rues de Nantes (et de Saint-Nazaire) de 20h00 à 6h du matin, dimanche. Comme le week-end dernier, un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés est aussi instauré dans l’intra-muros d’Avignon et dans les zones commerciales environnantes. Les couvre-feux pour les mineurs non accompagnés sont également instaurés du 19 octobre jusqu’à jeudi matin à Lille et dans trois autres villes du Nord (Douai, Denain et Wattignies), de vendredi soir à dimanche matin, en incluant également cette fois-ci Valenciennes et Marly. C’est aussi le cas, à Avignon, Grenoble, Bordeaux ou encore, Tours.