Conférence sur une mission multilatérale défensive sur le détroit d’Ormuz
Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer coprésideront vendredi depuis Paris une visioconférence “des pays non belligérants prêts à contribuer“ à “une mission multilatérale et purement défensive“ sur le détroit d’Ormuz, a annoncé l’Elysée.

Cette mission aux contours encore flous, distincte des efforts des Etats-Unis, est “destinée à restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz lorsque les conditions de sécurité le permettront“, précise l’exécutif.
Le président français avait lancé, dès le mois de mars, l’idée d’une future mission pour accompagner la réouverture du détroit, une fois que les armes se seraient tues. La France et le Royaume-Uni assurent avoir entamé les travaux de planification avec les pays volontaires. “Ce sont déjà plusieurs dizaines de pays qui ont participé à des travaux préparatoires menés notamment par les chefs d’état-major pour définir ce que serait le cadre d’une telle mission“, a déclaré mardi matin, le chef de la diplomatie français, Jean-Noël Barrot, sur Radio France internationale (RFI). “Il s’agit de se coordonner avec les pays riverains“, a-t-il souligné.
“Ce que je crains, bien sûr, c’est que le blocus ou le blocage de ce détroit continue de produire les conséquences très négatives sur l’économie mondiale, mais aussi sur notre pouvoir d’achat, sur la vie de nos entreprises que nous voulons évidemment éviter. Et c’est la raison pour laquelle nous avons, sur le plan diplomatique comme sur le plan opérationnel, initié, ouvert un certain nombre de chantiers à l’initiative du président de la République pour apporter des réponses. Sur le plan diplomatique, en exhortant les parties au conflit à libérer la circulation des navires dans le détroit et sur le plan opérationnel, en associant un grand nombre de pays à une mission ou à la préparation, la préfiguration d’une mission internationale pacifique et strictement défensive, qui vise, dès que le calme sera revenu, à faciliter le passage des navires“, a expliqué le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
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— RFI (@RFI) April 14, 2026
Quels pays volontaires ?
Interrogé sur une liste de pays volontaires pouvant participer à cette mission, M. Barrot a indiqué que plusieurs plusieurs dizaines de pays ont déjà participé à des travaux préparatoires menés notamment par les chefs d’état-major. “Ce sera présenté dans de plus amples détails au moment où la conférence se tiendra. Ce que je peux vous confirmer, c’est l’intérêt d’un grand nombre de pays à participer à une telle initiative, à condition bien sûr qu’elle soit pacifique, qu’elle soit strictement défensive et que ce système d’escorte de navires se mette en place en coordination avec les pays riverains de ce détroit, au premier rang desquels Oman et l’Iran“, a assuré le patron du Quai d’Orsay.
A quoi ressemblera cette mission multinationale ?
“C’est la planification politique, diplomatique et militaire qui fera apparaître d’une part les besoins et en face des besoins, les moyens qui seront déployés pour atteindre le résultat“, a indiqué le ministre des Affaires étrangères. Cette mission qui ne se fera pas sous mandat des Nations Unies selon M. Barrot, aura pour objectif de “faire baisser le risque“. Car, “même si le détroit était ouvert aujourd’hui, il faudrait encore fluidifier la circulation dans une zone qui a été marquée par de très fortes tensions“. Elle pourrait en tout état de cause se déployer que “dès lors que le calme serait revenu et que les hostilités auraient pris fin“, a précisé le ministre. La mission associera t-elle des escortes de bateaux pour permettre le passage ? Le Charles de Gaulle qui se trouve toujours en Méditerranée orientale, sera t-il remobilisé ? Pour l’heure, ces questions sont prématurées. Les contours de la mission internationale sur ces points notamment, restant encore flous.
Une mission qui se coordonne avec les États-Unis ?
“Je crois qu’il s’agit en aucun cas de participer d’une manière ou d’une autre, directe ou indirecte, au conflit qui oppose les États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran“ a indiqué ce mardi le chef de la diplomatie française. “Il s’agit de se coordonner et notamment, en premier lieu, avec les pays riverains. Je ne crois pas que les États-Unis aient vocation à stationner dans le golfe Persique“, a t-il ajouté.
L’interview du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères