Emmanuel Macron en visite dans quatre pays du Golfe du 19 au 21 octobre
Du 19 au 21 octobre, le chef de l’État enchaîne les étapes dans quatre pays du Golfe. Entre crise au Moyen-Orient, sécurisation des voies maritimes et approvisionnement en diesel et pétrole, Paris cherche à consolider ses alliances stratégiques dans une région sous haute tension.

Alors que la région traverse de vives turbulences, le président français entame ce lundi 19 octobre une tournée expresse de trois jours dans quatre pétromonarchies clés : Koweït, Émirats, Bahreïn et Qatar. De Koweït City à Doha, en passant par Abou Dhabi et Manama, le président de la République entend renforcer l’ancrage économique français dans la région. Dans un contexte de crise régionale, ce déplacement vise à favoriser le retour à la stabilité, à garantir la libre navigation dans le détroit d’Ormuz et à renforcer la sécurité des approvisionnements énergétiques français.
Sécuriser les voies maritimes et renforcer la coopération énergétique
Favoriser le retour à la stabilité dans le détroit d’Ormuz
Cette tournée dans les pays du Golfe qui intervient dans un contexte de crise régionale, vise notamment à favoriser le retour à la stabilité et à garantir la libre navigation dans le détroit d’Ormuz Le président sera reçu par son homologue émirati, Mohamed ben Zayed Al-Nahyane, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, celui du Koweït Mechaal al-Ahmad Al-Sabah ainsi que par le le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa. Il discutera avec ses interlocuteurs des moyens de “sécuriser“ les voies maritimes dans la région et de trouver des “voies alternatives et de contournement pour les hydrocarbures liquides“.
Les tensions touchent également le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue un passage stratégique pour les échanges commerciaux entre l’Asie et l’Europe via le canal de Suez.
Sécuriser les voies d’approvisionnement
Les livraisons d’hydrocarbures en provenance du Golfe sont particulièrement affectées par le blocus du détroit d’Ormuz et le conflit autour de celui de Bab el-Mandeb entre forces yéménites et Houthis pro-iraniens. Dans ce contexte, Paris entend sécuriser les approvisionnements en “diesel et pétrole“ susceptibles de faire baisser les prix à la pompe en France, a annoncé mercredi 14 octobre, l’Elysée. “L’objectif est d’avoir des volumes supplémentaires et plus d’approvisionnements pour les Français avec de façon indirecte un effet sur les prix“ et donc des “engagements“ concrets des pays hôtes, indique un conseiller présidentiel. Le chef de l’État sera accompagné pour cela de hauts responsables des deux plus grands groupes énergétiques français, TotalEnergies et Engie, selon la même source.
Emmanuel Macron dans quatre pays du Golfe du 19 au 21 octobre. Le président français se rendra au Koweït, Emirats arabes unis, Bahreïn et Qatar, pour sécuriser des approvisionnements en "diesel et pétrole" a annoncé l'Elysée https://t.co/zzSiG6KrYF pic.twitter.com/MQeWfaRw6V
— Florence Labbé (@flolabbe) October 18, 2026
Selon l’Élysée, aucun accord définitif sur Ormuz n’ayant encore été conclu, les entretiens avec les dirigeants du Golfe auront une dimension économique très opérationnelle. Il s’agira de sécuriser les voies d’approvisionnement existantes, d’étudier des itinéraires alternatifs pour contourner les difficultés maritimes et d’obtenir, si possible, des volumes supplémentaires de pétrole et de produits raffinés, notamment de diesel, alors que les besoins en gaz seront également abordés. Paris espère ainsi obtenir des engagements susceptibles de renforcer les approvisionnements et d’atténuer indirectement les tensions sur les coûts.
Maintenir le dialogue avec des partenaires stratégiques
Derrière cet itinéraire diplomatique, la principale préoccupation est de maintenir le dialogue avec des partenaires stratégiques exposés aux conséquences d’une guerre qui s’enlise et de réaffirmer la fiabilité de la France dans une région où les équilibres demeurent particulièrement précaires. Les questions de défense et de sécurité, les nouvelles technologies, “notamment l’intelligence artificielle“, figureront au cœur des entretiens, sans que Paris ne dévoile, à ce stade, d’éventuelles décisions ou offres militaires. Ces domaines constituant des “piliers du partenariat stratégique entre les deux pays“, selon une source élyséenne.
La sécurité de de l’Arabie saoudite en filigrane
Interrogé sur l’absence dans cette tournée, d’étape en Arabie saoudite, cible régulière d’attaques des houthistes, l’Élysée a relevé que les deux pays avaient des “contacts permanents“ et que le prince héritier Mohammed Ben Salman était venu à Paris en août. Le message est clair : la France entend poursuivre son soutien à Riyad, notamment face aux menaces pesant sur les infrastructures stratégiques. Depuis le premier jour, Paris affirme contribuer à la défense du territoire saoudien et a à ce titre annoncé le déploiement de moyens destinés à soutenir la protection des infrastructures pétrolières du royaume. L’Élysée reste toutefois discret sur les modalités précises de sa coopération avec le ce dernier. Le partenariat franco-émirien dispose déjà d’un important volet économique, illustré par l’accord de coopération de 50 milliards d’euros annoncé lors du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle en 2025. L’Élysée entend faire le point sur sa mise en œuvre, dont témoigne notamment le projet de centre de données de CampusIA en Seine-et-Marne, associant des intérêts français et émiratis.
Emmanuel Macron entreprend une tournée de trois jours dans le Golfe, du 19 au 21 octobre. Un sujet pèsera sur les échanges : celui de la sécurité de l’Arabie saoudite, confrontée aux attaques et menaces des Houthis https://t.co/Oq8h2GxdhU
— Florence Labbé (@flolabbe) October 18, 2026
Renforcer les partenariats stratégiques et économiques dans la région
Cette visite de trois jours doit aussi “renforcer les partenariats stratégiques et économiques, et consolider la présence des entreprises françaises dans la région“, indique l’Élysée. “Ce déplacement visera notamment à consolider la présence de nos entreprises dans la région et les investissements en France, mais aussi à renforcer nos coopérations en matière d’énergie, d’enjeux globaux, de défense et de sécurité“, poursuit la Présidence. Au Qatar notamment, où il effectuera une visite d’État, Emmanuel Macron entend aussi “intensifier les échanges économiques et de défense“, tout comme à Manama, capitale de Bahreïn.
Les étapes de la visite de trois jours
Le lundi 19 octobre, Emmanuel Macron commencera sa tournée au Koweït, où il est attendu dans la matinée. Le président français rencontrera l’émir Cheikh Mechal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, pour aborder les coopérations bilatérales dans les secteurs de la défense, des infrastructures et de la santé. Cette étape revêt une dimension particulière puisque le Koweït [comme Bahreïn], n’avait plus accueilli de chef de l’État français depuis la visite de Nicolas Sarkozy en 2009. L’après-midi, le chef de l’État rejoindra les Émirats arabes unis pour s’entretenir avec le cheikh Mohammed ben Zayed. La défense, la sécurité et les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, seront au centre des échanges.
Le mardi 20 octobre, Emmanuel Macron se rendra à Bahreïn pour rencontrer le roi. La situation régionale, les relations économiques et la coopération en matière de défense seront au menu, avec une attention particulière portée aux investissements bahreïniens en France. Le Qatar constituera enfin le point d’orgue du déplacement. Le chef de l’État arrivera à Doha dans l’après-midi du 20 octobre pour une visite d’État de deux jours à l’invitation de l’émir Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani. La visite se poursuivra le 21 octobre, date à laquelle Emmanuel Macron participera à la session plénière du “One Planet Sovereign Wealth Funds Network“ (OPSWF), une coalition de fonds souverains engagés dans la lutte contre le changement climatique, lancée lors du One Planet Summit du 12 décembre 2017.