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Prix de l’énergie : convocation d’un G7 spécial finances

30 mars

La France réunit ce lundi 30 mars, un G7 finances-énergie au format inédit : il réunira les ministres de l’Économie, de l’Énergie et les gouverneurs des banques centrales, pour échanger sur les répercussions économiques liées à la guerre au Moyen-Orient, en particulier la flambée des prix de l’énergie.

Pour la première fois depuis un demi-siècle, la France bouscule le format du G7 finances.“Je vous annonce que pour la première fois depuis 50 ans, j’ai décidé de convoquer un G7 Finances, Energie, banques centrales“, a expliqué le ministre français de l’Economie et des finances, Roland Lescure, le 26 mars dernier.

La réunion se tiendra se tiendra ce lundi à 13h00 (11h00 GMT) par visioconférence, comme cela avait déjà été le cas pour le G7 Finances du 9 mars. Seront également présents l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Cette nouvelle réunion du G7 intervient quelques jours après celle qui a rassemblé les 26 et 27 mars les ministres des Affaires étrangères, à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Un format inédit face à une crise multidimensionnelle

Jusqu’alors les réunions du G7 finances et celles des ministres de l’Énergie évoluaient dans des sphères parallèles, tandis que les banques centrales coordonnaient leurs actions dans des cadres distincts. En fusionnant ces trois cercles, la présidence française entend accélérer les arbitrages, alors que les tensions sur les marchés pétroliers et gaziers menacent de raviver un cycle inflationniste déjà difficile à contenir. Le 9 mars dernier, les ministres des Finances avaient déjà indiqué être prêts, face à l’envolée des cours des hydrocarbures, à “toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole“, a rappelé le ministre français de l’Économie.

Apporter une réponse coordonnée à une crise systémique

Il s’agit là d’une tentative de réponse coordonnée à une crise désormais systémique, à la croisée des chocs énergétiques, inflationnistes et géopolitiques. Parce qu’aujourd’hui on est à la convergence de sujets énergétiques, de sujets économiques et de sujets inflation“, indique la Tribune. “Donc on va voir les ministres de l’Economie, les ministres de l’Energie et les banques centrales ensemble lundi pour évoquer la situation, comprendre ce qui se passe“, avait expliqué le ministre de l’Économie le 26 mars, sur RTL.

Afin de contrer les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, de nombreux Etats ont dégainé des mesures pour limiter les effets des difficultés d’approvisionnement et de l’envolée des cours de l’énergie. Face à la flambée des prix de l’énergie, “il y a déjà des écarts de réponse, et elles sont en grande partie liées aux écarts de situation et d’exposition à la crise“, a déclaré le ministre français de l’Économie et des Finances, soulignant que l’Asie était particulièrement exposée.

Ces deux dernières semaines, la Hongrie a plafonné les prix des carburants … L’Espagne a annoncé un plan de 5 milliards d’euros pour atténuer l’impact de la guerre… L’Italie a réduit les droits d’accise sur les carburants… L’Irlande a fait de même…En France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d’environ 70 millions d’euros, ciblée et limitée au mois d’avril, au profit des secteurs de la pêche, de l’agriculture ou des transports.

L’objectif est donc d’aller au-delà de ces réponses isolées. “C’est une des raisons pour laquelle on a souhaité réunir un G7 Finances-Energie-banques centrales lundi, pour qu’au même endroit, à la même heure, on puisse échanger tous ensemble sur les marchés énergétiques – internationaux, nationaux -, l’impact sur les marchés financiers et l’impact sur l’économie, évidemment“, a indiqué M. Lescure vendredi lors d’une conférence de presse. Il s’agit de “démontrer que, malgré les fractures géopolitiques, le G7 reste capable de produire des réponses opérationnelles face à une crise globale, avait-il a assuré le 26 mars.

Des décisions à la clé ?

Au cœur des discussions de ce lundi figurera notamment la situation du détroit d’Ormuz, La quasi-paralysie de cette voie maritime stratégique par où transite un cinquième de la production mondiale de pétrole, a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures et perturbé les chaînes d’approvisionnement. Si l’Europe ne dépend pas majoritairement du détroit d’Ormuz, bloqué, pour son approvisionnement énergétique, elle est néanmoins fortement touchée par la hausse des prix à l’échelle mondiale.

L’enjeu est double : contenir l’impact immédiat sur les prix de l’énergie, tout en évitant un désancrage des anticipations d’inflation qui contraindrait les banques centrales à maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps. Les ministres des Finances et de l’Énergie, rejoints par les gouverneurs des banques centrales, examineront différentes options, dont la libération des réserves stratégiques de pétrole, voire le plafonnement des prix du pétrole, selon deux diplomates informés des préparatifs.

Peut-on s’attendre à des décisions à l’issue de cette réunion ? “Nous n’en sommes pas encore là“, répond un responsable européen interrogé par Politico sur le plafonnement du prix du pétrole au sujet de la perspective d’un plafonnement des prix du pétrole. Les précédents G7 se sont déroulés sans qu’aucune action concertée ne soit entreprise, et cette fois-ci, il n’est même pas certain que les ministres publieront une déclaration commune. La Commission européenne devrait de son côté annoncer dans la semaine quelques mesures pour aider les pays à faire face à la crise.

 

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  • Date : 30 mars