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Sommet Trump- Xi Jinping

13 mai - 15 mai

Donald Trump arrive à Pékin ce mercredi, pour une rencontre très scrutée avec son homologue chinois, Xi Jinping. Un sommet à forts enjeux, sur fond de guerre en Iran, de rivalité commerciale et de tensions à Taïwan. Pour beaucoup d’observateurs, le leader chinois y arrive en position de force.

 

Huit ans, une pandémie et deux guerres commerciales plus tard, Donald Trump se rend en Chine ce mercredi pour une visite officielle du 13 au 15 mai. Le président américain arrivera à Pékin mercredi soir, a précisé à la presse Anna Kelly, porte-parole adjointe de l’exécutif américain. Une cérémonie de bienvenue et une réunion bilatérale avec Xi Jinping se tiendront jeudi matin, suivies d’une visite du Temple du Ciel jeudi après-midi et d’un banquet d’État le soir, a-t-elle détaillé. Les deux présidents prendront ensuite le thé ensemble, puis auront un déjeuner de travail vendredi, avant que Donald Trump ne regagne Washington.

Reportée une première fois en pleins bombardements américains sur l’Iran, cette visite, la première d’un président américain en Chine depuis près de dix ans, pourrait constituer un tournant décisif pour ces deux superpuissances rivales, dont les relations ont été mises à rude épreuve par une série de conflits économiques et politiques au cours de l’année écoulée. Conflit au Moyen-Orient, Taïwan, intelligence artificielle, échanges commerciaux, armes nucléaires : les sujets annoncés par des responsables américains à Reuters toucheront d’importantes préoccupations des deux pays.

Xi-Jinping en position dominante

Dans ce sommet Trump-Xi, c’est la Chine qui se présente en position de force. “En n’ayant pas réussi à conclure un accord avec l’Iran avant sa rencontre avec Xi, Trump arrivera à Pékin avec une économie sous tension, des sondages en baisse, de mauvaises perspectives pour les élections de mi-mandat, des stocks épuisés de munitions-clés, des moyens militaires redéployés de l’Indo-Pacifique vers le Moyen-Orient, et en étant humilié par une puissance de troisième rang alors qu’il affronte une puissance de premier rang“  résume Phil Gordon, expert à la Brookings Institution, ancien conseiller diplomatique de la vice-présidente Kamala Harris. Car Pékin a tenu face à l’escalade commerciale américaine, et sait que Washington a aujourd’hui besoin d’elle sur plusieurs dossiers. La Chine dispose par ailleurs de plusieurs leviers : les terres rares, essentielles à l’industrie et à la défense, son rôle central dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, mais aussi ses liens avec Téhéran. Le président américain pour sa part, n’arrive pas seulement à ce sommet avec des exigences commerciales. Dans ses valises également, des besoins : obtenir davantage d’achats chinois de produits agricoles ou d’avions américains, préserver une trêve commerciale fragile et surtout pousser Pékin à utiliser son influence sur l’Iran. Ce sommet aux multiples enjeux pourrait surtout entériner un nouveau rapport de force favorable au président chinois.

Xi Jinping aborde en position de force sa rencontre avec Donald Trump

Le Monde (@lemonde.fr) 2026-05-13T03:22:12.837808+00:00

Commerce, IA : quels enjeux ?

Un test pour la fragile trêve commerciale entre Washington et Pékin

Les discussions sur les échanges commerciaux devraient être au cœur de la visite du président américain. La rencontre entre les deux dirigeants devrait notamment décider ou non d’une désescalade sur le front commercial entre les deux premières économies mondiales, au moment où l’une et l’autre subissent  des difficultés structurelles. Ce déplacement constituera en particulier un test crucial pour la fragile trêve commerciale entre Washington et Pékin. En avril 2025, Donald Trump a dévoilé un plan de taxes à l’importation radicales visant les pays du monde entier, amis ou ennemis. Cette politique a notamment engendré une guerre commerciale de représailles entre les États-Unis et la Chine, qui se sont imposé mutuellement des droits de douane dépassant les 100 %. Les deux dirigeants ont conclu une trêve commerciale en octobre. Tiendra-t-elle ? Alors que les menaces de part et d’autre persistent.  L’objectif principal de Trump est de poursuivre le “rééquilibrage des relations avec la Chine et de privilégier la réciprocité et l’équité afin de rétablir l’indépendance économique américaine“, a déclaré dimanche aux journalistes la porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly.

Car les désaccords de fond restent entiers entre les deux superpuissances : droits de douane, restrictions technologiques, puces avancées, et surtout contrôle chinois des terres rares. Ce sommet ne devrait pas déboucher sur une vraie résolution des points de désaccord. Le scénario le plus probable est une prolongation de la trêve commerciale ou des annonces ciblées : achats de soja, d’avions Boeing, mécanismes de dialogue économique.

Les grands patrons américains à la rescousse

La Maison-Blanche a annoncé la présence d’au moins 16 patrons de grands groupes américains: Elon Musk (Tesla, SpaceX), Tim Cook (Apple), Kelly Ortberg (Boeing), Jane Fraser (Citigroup), Cristiano Amon (Qualcomm) ou encore, Jensen Huang (Nvidia), pour n’en citer que quelques uns, se joindront à la délégation américaine lors du voyage du président américain en Chine, potentiellement pour conclure des accords avec des entreprises chinoises.

Pékin marque une rupture significative dans le domaine de l’IA 

Pour Pékin, la priorité sera de s’assurer que l’administration Trump laisse le géant Nvidia livrer ses processeurs aux champions chinois de la tech, le temps que la Chine parvienne à développer les siens. Les Etats-Unis et la Chine se livrent une course effrénée pour dominer le marché mondial de l’IA, qui repose en grande partie sur les puces haute performance – comme celles produites par Nvidia. Les entreprises technologiques chinoises n’ont pas le droit d’acheter les puces IA les plus avancées de Nvidia, en raison des règles d’exportation américaines, que Washington justifie par la protection de la sécurité nationale. En amont du sommet sino-américain de cette semaine, Pékin a cependant franchi une étape importante dans sa quête d’autosuffisance technologique, lorsque  la start-up chinoise DeepSeek a dévoilé son dernier modèle d’intelligence artificielle. Marquant une significative rupture avec la technologie américaine, la société a annoncé pour la première fois que son nouveau modèle avait été optimisé pour fonctionner sur des puces fabriquées par le géant technologique chinois Huawei. 

L’annonce de DeepSeek, en amont du sommet Trump-Xi, a redonné confiance à Pékin, à l’approche des négociations commerciales. Tout changement significatif de la part de la Chine, l’éloignant des technologies d’IA américaines, pourrait en effet limiter l’impact des restrictions américaines à l’exportation et priver Washington d’un levier essentiel sur Pékin.

China Seeks A.I. Independence, Weakening Trump’s Leveragehttps://www.newsbeep.com/534112/When the Chinese start-up DeepSeek released its latest artificial intelligence model last month, it edged Beijing closer to…

(@newsbeep.bsky.social) 2026-05-12T09:55:18+00:00

Guerre en Iran et Taïwan : quels enjeux ?

Donald Trump se rend en Chine alors que la situation reste tendue autour de l’Iran, avec le blocage du détroit d’Ormuz qui pèse sur l’économie mondiale et les cours mondiaux de l’énergie. Le conflit au Moyen-Orient et le différend persistant concernant Taïwan devraient ainsi être au coeur des discussions entre Trump et Xi. “Les enjeux sont extrêmement élevés“ a déclaré Arthur Dong , expert de la Chine et professeur de stratégie et d’économie à la McDonough School of Business de l’université de Georgetown. Donald Trump pour sa part surfe sur la vague d’enthousiasme. “De grandes choses vont se produire pour les deux pays !“, a-t-il écrit lundi sur son réseau Truth Social. 

Iran : de nouveaux leviers d’action pour Xi

Lorsque la visite du président américain a été programmée l’automne dernier, l’objectif principal était de maintenir la trêve commerciale entre Pékin et Washington. Cet objectif demeure, mais un nouveau défi mondial urgent se pose désormais. Plus de dix semaines après le déclenchement des hostilités en Iran, Donald Trump effectue le déplacement alors que son administration cherche une porte de sortie.  Au risque pour le président américain, d’exposer sa fragilité, en réclamant l’aide de Xi Jinping pour régler un problème qu’il a lui-même créé.

La Chine est reconnue pour son rôle déterminant dans l’acceptation par l’Iran du cessez-le-feu initial, celui-là même que Trump a qualifié de fragile. Ce qui modifie inévitablement la dynamique entre Trump et Xi à l’approche de la visite, à forts enjeux du président américain. Lyle Goldstein, directeur de l’Initiative Chine à l’Université Brown, estime ainsi qu’il est envisageable que Trump demande à son homologue chinois, d’exercer des pressions sur l’Iran afin qu’il rouvre le détroit d’Ormuz et conclu un accord mettant fin à la guerre. Car, la guerre en Iran a indéniablement donné au président Xi des leviers d’action qu’il n’aurait pas anticipés en début d’année. 

La Chine semblait par ailleurs jusqu’à présent, avoir mieux résisté aux conséquences de la guerre en Iran que nombre de ses voisins. Néanmoins, la  fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et le blocus des ports iraniens imposé par Washington ont immobilisé des navires chinois et ont gravement affecté les importations chinoises de pétrole brut, dont la moitié provient du Moyen-Orient. Actionnant ce levier, Donald Trump devrait renouveler ses appels à Pékin pour qu’elle participe à une “opération internationale“ visant à ouvrir le détroit d’Ormuz , ce à quoi cette dernière s’est jusqu’à présent opposée. Si la Chine dispose d’un certain pouvoir de négociation avec l’Iran, elle exigera nécessairement des contreparties des États-Unis pour l’exercer.

Taïwan : l’autre enjeu sensible

Le soutien militaire américain à Taïwan, depuis longtemps source de tensions et point de friction potentiel avec Pékin, qui revendique l’île comme partie intégrante de son territoire, est l’autre enjeu sensible de cette rencontre. Xi Jinping veut tester jusqu’où son homologue américain est prêt à aller, alors que la Chine réclame depuis longtemps que Washington réduise ses ventes d’armes à Taïwan et adopte un langage plus favorable à Pékin. Donald Trump a lui-même affirmé qu’il discuterait des ventes d’armes à Taïwan avec Xi Jinping, ce qui inquiète fortement Taipei. “Pékin est mécontent des livraisons d’armes américaines à Taïwan et voudra les limiter, voire si possible obtenir un droit de veto“, estime Marc Lanteigne, spécialiste de la Chine à l’université Arctique de Norvège. Selon certains experts, le régime chinois cherche à obtenir une évolution des éléments de langage américains pour que les Etats-Unis ““s’opposent“ à l’indépendance de l’île, plutôt qu’ils “ne la soutiennent pas“.

Nul doute que l’ombre d’un chantage aux terres rares planera sur les négociations entre Donald Trump et Xi Jinping, malgré “les efforts entrepris par Washington pour multiplier les accords avec d’autres pays qui disposent de ces ressources afin de réduire leur dépendance“, souligne Patrick Nicchiarelli, spécialiste de la Chine à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona.

 

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