Donald Trump attendu à Davos

Donald Trump est attendu mercredi à Davos, au forum économique mondial, pour un face-à-face tendu avec les dirigeants européens, sur fond de vives tensions liées à ses ambitions d’annexion du Groenland, qui fragilisent l’alliance transatlantique.

Au lendemain d’une foule d’interventions critiques sur la brutalité américaine, du gouverneur de la Californie à Emmanuel Macron, en passant par le premier ministre canadien, Mark Carney, la patronne de la commission européenne, Ursula von der Leyen, Donald Trump est attendu à son tour au forum de Davos. Le président américain, dont la dernière participation en personne au forum de Davos remonte à 2020, prendra la parole à 14h30.

Le président Trump arrivera  à Davos avec environ trois heures de retard après qu’un problème électrique à bord d’Air Force One l’ait contraint à changer d’avion, a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, aux journalistes présents à Davos. Son intervention à la tribune du Forum programmée pour 14h30 pourrait de ce fait être décalée.

Emmanuel Macron qui est reparti de Davos dès mardi soir, ne croisera pas Donald Trump. Le chancelier allemand Friedrich Merz a en revanche affirmé vouloir y rencontrer le président américain, disant vouloir “éviter une escalade douanière“.

Des exigences belliqueuses

Les exigences belliqueuses de M. Trump concernant l’acquisition du Groenland ont déconcerté nombre de dirigeants européens participant au Forum économique mondial de Davos, soulevant des questions sur la solidité de l’alliance transatlantique. Mardi, le président Trump a intensifié les tensions avec les plus anciens alliés des États-Unis, répondant aux ouvertures diplomatiques par des publications en ligne moqueuses et des menaces de prélèvements économiques et d’expansion territoriale, quelques heures seulement avant sa rencontre prévue avec ses homologues européens dans les Alpes suisses. M. Trump a averti qu’il imposerait de nouvelles taxes douanières aux pays européens s’ils ne se soumettaient pas à ses exigences de annexion du Groenland par les États-Unis. Il a invité le président russe Vladimir Poutine, que les dirigeants européens ont cherché à isoler pour contrer son invasion de l’Ukraine, à rejoindre son nouveau “conseil de paix“ chargé de la reconstruction de Gaza. Interrogé mardi sur les limites qu’il était prêt à franchir pour acquérir le Groenland, M. Trump a déclaré aux journalistes à la Maison Blanche : “Vous le découvrirez.

Le président américain l’a dit avec malice hier lors d’une conférence de presse : il se sait “attendu avec joie“ en Suisse.  Et rien ne démontre que le locataire de la Maison Blanche va jouer l’apaisement. Avant de s’envoler, il a donné le ton devant la presse à Washington, répétant que son pays avait “besoin” du Groenland. Répondant à une question sur une possible opposition du Congrès à sa volonté de prendre le contrôle du Groenland, il a affirmé qu’il y avait d’”autres possibilités” mais que “ce qu'[il faisait] en ce moment” était “le plus rapide, le plus facile et le moins compliqué”.

Une allocution spéciale

L’attention du sommet sera en grande partie portée sur le discours que M. Trump doit prononcer ce mercredi, un discours que la Maison Blanche a qualifié d’“allocution spéciale“ à l’intention des participants. M. Trump, qui dirige la plus importante délégation américaine jamais envoyée à Davos, comprenant plusieurs secrétaires d’État, devait également rencontrer des dirigeants étrangers et assister à une réception avec des chefs d’entreprise du secteur financier et des cryptomonnaies mercredi soir. Jeudi, le président américain doit faire une annonce concernant son “conseil de la paix“, un groupe qu’il a présenté comme destiné à aider à la reconstruction de Gaza. 

La délégation américaine est cette année l’une des plus importantes jamais enregistrée à Davos d’après les organisateurs, et la présence des Etats-Unis est très visible, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une “USA House“ installée dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.

Donald Trump souhaite selon la Maison Blanche se concentrer dans son discours à Davos sur l’économie américaine, confrontée à une hausse du coût de la vie qui menace le Parti républicain alors qu’approchent les élections de mi-mandat de novembre. Mais le Groenland sera immanquablement évoqué. Ces dernières heures, les Etats européens ont durci leur position en coulisses. Selon les infos de POLITICO, l’Allemagne est en train de rejoindre la proposition française de se préparer à dégainer l’“instrument anticoertition”, ce “bazooka commercial“ qui permet à l’UE de bloquer l’accès à ses marchés publics ou de suspendre des investissements.

 

 

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