Groenland : les européens maintiennent leur sommet extraordinaire

Après le spectaculaire revirement de Donald Trump sur le Groenland, lors de son passage mercredi au Forum économique mondial de Davos, l’Europe n’entend pas se reposer sur cette demi-victoire. Comme annoncé, les dirigeants européens sont attendus ce jeudi à Bruxelles, en sommet extraordinaire.

Depuis des mois, l’Europe cherche une solution diplomatique pour désamorcer la crise. L’espoir d’une telle issue est apparu mercredi soir, lorsque Donald Trump a annoncé sur Truth Social que lui et Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, travaillaient à un accord susceptible de résoudre le différend concernant le Groenland, territoire autonome du Danemark. Le président américain ayant laissé entendre que les droits de douane qu’il avait précédemment menacé d’imposer aux pays européens à compter du 1er février ne seraient finalement pas appliqués.

Groenland : derrière le revirement de Donald Trump à Davos, le rôle crucial du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte

Le Monde (@lemonde.fr) 2026-01-22T04:22:12.009648+00:00

Depuis son coup de force au Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro, voici bientôt trois semaines, le président américain martelait son intention de prendre le contrôle de l’île arctique, de gré ou de force, au risque de porter un coup fatal au lien transatlantique. Il avait assorti son offensive de la menace d’augmenter, dès le 1er février, les droits de douane sur les importations américaines en provenance de huit Etats européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Dimanche 18 janvier, le président du Conseil européen António Costa avait alors convié les Vingt-Sept à un sommet extraordinaire, consacrée à la crise avec les États-Unis autour du Groenland, ce jeudi 22 janvier. Ce sommet, prévu à Bruxelles à partir de 19 heures, portera sur “les relations transatlantiques“, a précisé lundi la porte-parole de cette instance, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’UE.

Les européens septiques

L’Europe n’entend pas se reposer sur cette demi-victoire. Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept ont maintenu leur sommet extraordinaire prévu aujourd’hui dans la capitale belge. Le revirement américain, a un peu soulagé, mais pas vraiment rassuré le Vieux continent. Le président américain a certes déclaré mercredi soir sur les réseaux sociaux qu’après avoir établi “le cadre d’un futur accord“ sur le territoire arctique avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, les mesures punitives n’entreraient pas en vigueur le 1er février comme il l’avait précédemment indiqué. Mais ni lui ni l’OTAN n’ont fourni de détails sur la forme que pourrait prendre un tel cadre, et rien ne garantit qu’un tel accord sera conclu. “Il est trop tôt pour conclure que le différend imminent entre les États-Unis et l’UE est terminé“, a ainsi déclaré le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil.

La relation transatlantique au sens large

“Après les échanges de ces derniers jours, il convient d’attendre de voir quels accords concrets seront conclus entre M. Rutte et M. Trump“, a déclaré Lars Klingbeil à la chaîne de télévision allemande ZDF. “Quelle que soit la solution trouvée pour le Groenland, chacun doit comprendre que nous ne pouvons pas rester les bras croisés et nous contenter de l’acquiescement.“ “La question des droits de douane est écartée, mais le Groenland l’est toujours ; les relations transatlantiques demeurent un sujet de préoccupation“, déclare un autre responsable européen. Car au-delà du dossier groenlandais, tous s’accordent à dire qu’une discussion sur la relation transatlantique au sens large est nécessaire, comme le confie un responsable de l’UE à Brussels Playbook. La question de la participation au Conseil de la paix, imaginé par Trump et refusé par Paris, devrait aussi être débattue.

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