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Réunion du comité d’alerte des finances publiques

21 avril

Dans un contexte d’incertitude économique accrue par le conflit au Moyen-Orient, le gouvernement réunit ce mardi le comité d’alerte des finances publiques. Objectif affiché: évaluer précisément la situation, identifier en amont d’éventuels dérapages et prendre les mesures correctives qui s’imposent. 

Tenir à tout prix la trajectoire budgétaire: c’est l’objectif affiché par le  gouvernement français qui réuni ce mardi 21 avril le comité d’alerte des finances publiques. Autour du ministre de l’Économie Roland Lescure, plusieurs membres du gouvernement et représentants économiques examineront l’état des finances, alors que la guerre au Moyen-Orient pèse déjà sur les équilibres financiers.

L’objectif est d’identifier suffisamment tôt d’éventuels dérapages et de prendre des mesures correctives rapidement“, a expliqué au Parisien samedi 18 avril le ministre de l’Économie. “Nous avons pleinement conscience des difficultés que [les Français] rencontrent et nous y apportons des réponses concrètes“, a t-il assuré au sujet de l’augmentation du prix du carburant, n’excluant pas de mettre en place des aides supplémentaires “En fonction de l’évolution de la situation“. Une réunion du comité d’alerte des finances publiques se tiendra afin “d’identifier suffisamment tôt d’éventuels dérapages et de prendre rapidement des mesures correctives“, a ajouté le ministre.

Cette instance, lancée en 2025 après la crise politique provoquée par la découverte de déficits publics bien plus massifs que prévu en 2023 et 2024, réunira à Bercy des parlementaires, représentants de la Sécurité sociale, des syndicats ou des collectivités locales autour de Roland Lescure et de plusieurs ministres : David Amiel (Comptes publics),  Jean-Pierre Farandou (Travail),  Stéphanie Rist (Santé) et  Françoise Gatel (Aménagement du territoire). L’an dernier, elle s’était réunie deux fois: le 15 avril autour de l’ex-Premier ministre François Bayrou, qui avait alerté les Français sur le “piège“ de la dette qui menace “la survie (du) pays“, et le 26 juin pour annoncer un coup de frein supplémentaire de cinq milliards d’euros sur les dépenses publiques afin de tenir l’objectif d’un déficit de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025.

Acte 1 : une évaluation précise de la situation

Lors de cette troisième édition, cette instance fonctionnera selon le même scénario. Son objectif premier, est d’évaluer précisément la situation. Lors de cette réunion, “j’attends de la transparence sur les chiffres réels du déficit prévu“, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Philippe Juvin. Après deux exercices budgétaires marqués par des dérives, le déficit a été ramené en 2025 à 5,1 % du PIB. Retomber à 5 % en 2026, le but fixé dans la loi de finances adoptée en février, ne paraît pas hors de portée. L’exécutif entend bien désormais maintenir la trajectoire : 5 % en 2026, puis un retour sous les 3 % d’ici 2029, conformément aux exigences européennes.

Une crise à quatre milliards d’euros

Mais le contexte s’est durci. La crise au Moyen-Orient, notamment les tensions autour du détroit d’Ormuz, bouscule l’économie française et entraîne “un renchérissement significatif du service de la dette“, avec un coût de la crise “estimé aux alentours de 4 milliards“ d’euros, a prévenu Bercy mardi 14 avril. Et l’incertitude persiste, l’Iran ayant de nouveau fermé samedi le stratégique détroit d’Ormuz, après avoir annoncé vendredi sa réouverture le temps de la trêve avec les États-Unis. Ces projections s’appuient sur un scénario où les cours de l’or noir resteraient peu ou prou à leur niveau actuel. Si le choc pétrolier devait s’amplifier, la facture pour l’Etat pourrait s’alourdir bien au-delà des 4 milliards d’euros évoqués.

Face à l’envolée des prix de l’énergie, le gouvernement a légèrement diminué cette semaine sa prévision de croissance économique, la dégradant de 1 % à 0,9 % pour 2026. “Un effet très modéré est attendu sur la croissance qui reste préservée et portée par sa dynamique de l’an dernier et par notre meilleure protection et plus forte indépendance énergétique“, s’est félicité le ministre de l’Économie. Quant à l’inflation, elle atteindrait plutôt 1,9 % que 1,3 %, le chiffre figurant dans le budget.

Acte 2: l’annonce de mesures correctives

Le comité d’alerte fera le point ce mardi sur la situation des comptes publics, au regard des nouvelles prévisions, et aura pour tâche “d’éclairer les décisions à prendre“, a indiqué Bercy. Le ministre des comptes publics, David Amiel a prévenu fin mars que “toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise“ énergétique entraînerait “une annulation d’une dépense qui était prévue, à l’euro près“, pour “tenir (les) objectifs pour 2026“.

Lors de cette réunion, “je m’attends d’abord à une annulation de crédits“ a indiqué le rapporteur général du budget, Philippe Juvin. “Ensuite, j’attends de la transparence sur les chiffres réels du déficit prévu“, car “il est indispensable de savoir précisément où nous en sommes“, a-t-il ajouté. “Troisièmement, j’attends des éléments de prospective plus solides“, a poursuivi le député.

Des annulations de crédits

Des annulations de crédits pourraient être annoncées à l’occasion de ce comité d’alerte. Selon Les Échos , elles devraient atteindre “environ 4 milliards d’euros“. Contacté par l’AFP, le cabinet de Roland Lescure n’a pas été en mesure d’infirmer ou de confirmer ce montant. Selon Le Monde , qui cite des sources concordantes, ces économies devraient s’élever à 4 milliards d’euros pour l’État et 2 milliards pour la Sécurité sociale, soit un total de 6 milliards d’euros.

Le gouvernement prêt à geler 6 milliards d’euros de dépenses pour tenir le budget 2026

Le Monde (@lemonde.fr) 2026-04-20T03:44:14.463345+00:00

 

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