“Coalition des volontaires“ : 25 chefs d’État et de gouvernement à Paris, pour amplifier le soutien à l’Ukraine

A la veille d’un 14 juillet exceptionnel, Emmanuel Macron accueille ce lundi à Paris 25 chefs d’Etat et de gouvernement, membres de la “Coalition des volontaires“. Un moment clé autour du soutien à l’Ukraine et du “réveil stratégique européen“.

Au moins 25 chefs d’État et de gouvernement, dont l’Ukrainien Volodymyr Zelensky, seront présents à Paris, ce lundi 13 juillet pour une réunion de la “coalition des volontaires“ destinée à “amplifier le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie“, a annoncé l’Élysée vendredi 10 juillet.

Créée par la France et copilotée par le Royaume-Uni, cette coalition a vocation à soutenir l’Ukraine tant que le conflit dure —70 milliards d’euros d’aide militaire à Kiev ont été votés pour 2026 — puis à offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine lorsqu’un cessez-le-feu sera conclu. Elle compte désormais 37 pays : deux nouveaux participants, la Moldavie et la Macédoine du Nord, qui seront présents ce 13 juillet.

L’annonce de cette nouvelle rencontre avait été faite par Emmanuel Macron le 8 juillet dernier.  “Le 13 juillet prochain, à Paris, la coalition des volontaires se réunira à nouveau. Ce sera l’occasion, sur la lutte contre la flotte fantôme, des initiatives capacitaires nouvelles, la mobilisation de notre industrie au soutien de l’Ukraine, de faire des annonces supplémentaires et de programmer aussi des exercices ensemble“, avait alors déclaré le président français devant la presse à l’issue du sommet de l’OTAN, à Ankara. Le lendemain, jour de la fête nationale, “les forces des pays présents seront invitées (…) à défiler, à être à nos côtés“, lors de la traditionnelle parade militaire sur les Champs-Elysées, avait ajouté le locataire de l’Élysée. “Parce que la sécurité, la liberté du continent européen se jouent aussi dans ce qui aujourd’hui se passe en Ukraine“, avait-il insisté.

Réunis aux Invalides, les alliés chercheront à “amplifier“ selon l’Élysée, la “nouvelle“ dynamique de “reconvergence »“et d’unité en faveur de l’Ukraine, amorcée lors du sommet du G7 à Évian et confirmée par la déclaration adoptée au sommet de l’OTAN à Ankara, qui prévoit notamment 70 milliards d’euros d’aide militaire à Kyiv en 2026. Le sommet de ce lundi va “continuer à amplifier ce momentum (..) pour montrer que les soutiens de l’Ukraine restent déterminés au côté des Ukrainiens, qu’il n’y a pas du tout de lassitude et que la Russie ne peut pas miser sur cette lassitude“, a souligné un conseiller du président Emmanuel Macron. La réunion se tiendra en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi que les chefs des institutions européennes et de l’Otan.

L’armement en question

Les dirigeants de la Coalition se pencheront notamment sur la coopération en matière de défense antiaérienne, avec la perspective d’une production sous licence en Ukraine de missiles Patriot, récemment concédée par Washington. Ils discuteront également de la création d’un système antibalistique “complémentaire“, fondé sur l’expertise européenne et accordant “un rôle très fort à l’Ukraine“, au regard de l’expérience acquise par le pays depuis le début de l’invasion russe.

La Force multinationale pour l’Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va aussi démarrer des exercices maintenant qu’elle dispose d’un “état-major opérationnel“ près de Paris, afin de “montrer à la Russie que l’ensemble de ses acteurs est prêt à s’engager“. Les Européens veulent également afficher leur détermination à poursuivre leur aide militaire dans la durée et convaincre Moscou qu’elle ne pourra pas miser sur un essoufflement du soutien occidental.

Garantir la sécurité de l’Ukraine

Autre dossier au programme : le durcissement des sanctions contre la Russie. Les participants évoqueront le nouveau paquet de sanctions européennes ainsi que le renforcement des mesures visant la “flotte fantôme“, utilisée par Moscou pour contourner les restrictions sur ses exportations de pétrole. L’un des principaux sujets de cette réunion concernera toutefois les garanties de sécurité susceptibles d’être mises en place si un cessez-le-feu était conclu. Plusieurs pistes sont étudiées : le renforcement des forces armées ukrainiennes, la poursuite des accords bilatéraux de sécurité et le déploiement d’une éventuelle force multinationale. Selon l’Élysée, l’état-major franco-britannique chargé de préparer cette force est désormais pleinement opérationnel. Ces plans de déploiement sont prêts, mais doivent encore être testés lors d’exercices terrestres, aériens et maritimes.

Les chefs d’État et de gouvernement discuteront à ce titre des exercices de la “coalition des volontaires“ annoncés récemment par Emmanuel Macron. Interrogé sur ces exercices inédits, le chef de l’État a expliqué le 8 juillet qu’ils viseraient “à crédibiliser et consolider tout le travail qui est fait ensemble contre la flotte fantôme“ de navires qui aident la Russie à contourner les sanctions internationales, “pour la sécurité ukrainienne le jour d’après“ la guerre.

Une séquence diplomatique majeure

Ce sommet, combiné au traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, auquel sont conviés les pays alliés de la coalition des volontaires, s’inscrit dans un “moment très fort de reconvergence et d’unité transatlantiques“, mais aussi de “dynamiques plus favorables sur le terrain“ pour Kiev, a relevé l’Elysée lors d’un brief téléphonique. Car ce 14 juillet 2026, doit illustrer selon le thème officiel le “réarmement stratégique de la France et le réveil stratégique européen“. Une séquence diplomatique majeure, qui offre à la France la possibilité de s’affirmer comme la “nation cadre“, capable de fédérer cette coalition et de structurer la réponse européenne aux crises. Elle sera soutenue par un traditionnel défilé militaire français d’une taille inédite, aux allures de démonstration de force. Pour la présidence, ce défilé doit être un “symbole fort de l’Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu’il faut prendre en main son destin“. Mais surtout, la démonstration d’“armées puissantes capables d’entrer en premier dans un conflit“.

Posted in L'Agenda politique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *