Le projet de loi finances pour 2027 est officiellement présenté en Conseil des ministres ce jeudi 1er octobre. Porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce budget s’annonce particulièrement rigoureux avec un effort global inédit de 54 milliards d’euros d’économies visant à ramener le déficit public de la France à 5 % du PIB dès l’année prochaine.

Après un séminaire gouvernemental, jeudi, où il a présenté à ses ministres les grandes lignes de sa copie, Sébastien Lecornu détaille au «Figaro» l’ampleur de l’effort budgétaire qu’il appelle de ses vœux. →https://l.lefigaro.fr/WnNU
Les grands enjeux financiers
Ce projet de budget s’inscrit dans un contexte macroéconomique tendu où le gouvernement cherche à corriger une trajectoire de déficit public qui pourrait grimper sans intervention.
Un effort global de 54 milliards d’euros
Le premier ministre propose un “effort budgétaire“ dans la prochaine loi de finances pour 2027 “d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale“. Le gouvernement part d’un déficit qui pourrait atteindre 6,6% du PIB en 2027 sans mesures correctrices. Le projet de budget pour 2027 sera “très loin de l’austérité“ a assuré Sébastien Lecornu, ciblant un déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB). “C’est une copie offensive sur la réduction de la dépense publique dans un pays qui y est trop dépendant.. “C’est un risque politique, je ne l’ignore pas. Mais nous sommes très loin de l’austérité ! “ a assuré le chef du gouvernement, qui cible un déficit à 4,8 % du PIB en 2027 hors nouvelles dépenses militaires, 5 % en les prenant en compte.
Sébastien Lecornu dévoile son budget au Figaro : "Je propose un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros"🗞️ Le Figaro – 🕐 17/09 16:37#actu #news #presse #lefigaro
Sur les 54 milliards d’euros de coupes budgétaires escomptées, 45 milliards d’euros seraient issus “d’efforts nouveaux“ et 9 milliards correspondraient à “des mesures déjà lancées dès cette année 2026, mais qui auront un impact dans l’année 2027“, a précisé sur LCI le ministre des Comptes publics, David Amiel, au lendemain des annonces du Premier ministre.
Un gel des dépenses de l’État
L’État “contribuera en premier à l’effort“, a souligné Sébastien Lecornu dans l’interview accordée au Figaro. En excluant la hausse de la charge de la dette (10 milliards d’euros) et celle du budget des Armées (6,4 milliards), le budget de l’État sera gelé en valeur l’an prochain. Cela signifie dans les faits qu’il baissera compte tenu d’une inflation prévue à +1,8% l’an prochain. “Pour l’État, le budget 2027 sera le plus rigoureux depuis très longtemps“, a insisté le chef du gouvernement.
Les budgets ministériels devraient être globalement gelés en valeur. Les nouveaux arbitrages épargnent cependant le budget des Armées, de la Justice, de l’Intérieur, de la Recherche et de l’Écologie. Le ministère du travail devra réaliser pour sa part 2,5 milliards d’efforts. Ce qui doit l’amener notamment à réaliser “un meilleur ciblage dans le dispositif du compte professionnel de formation (CPF)“ et une réforme sur les ruptures conventionnelles.. Quant aux opérateurs et agences de l’État, ils “verront aussi leurs enveloppes diminuer“.
La mise à contribution de plusieurs catégories
Le plan du gouvernement prévoit de répartir l’effort entre les entreprises, les salariés, les retraités, ainsi qu’une baisse des dotations financières pour les collectivités locales.
Retraités, salariés, entreprises… Ceux qui vont payer la facture du budget 2027 https://t.co/5Cyiaf4Ikp pic.twitter.com/7Z6O8sZPE2
— Les Echos (@LesEchos) September 27, 2026
Le Premier ministre a ainsi confirmé la mise à contribution des aînés, déjà annoncée par plusieurs membres du gouvernement, sans arbitrer pour le moment sur la manière précise dont les retraités devront contribuer à l’effort collectif, entre une sous-indexation totale ou partielle des pensions et une suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont ils disposent. “Le débat sera tranché au Parlement“, a annoncé Sébastien Lecornu, précisant que l’effort final demandé “sera inférieur à 6 milliards d’euros“. Le point d’indice des fonctionnaires – sur la base duquel une large partie de leur rémunération est calculée – “sera gelé“ en 2027, a également annoncé le chef du gouvernement dans son entretien au Figaro. Ce nouveau gel “permettra de dégager 2 milliards d’euros“, a t-il affirmé. S’agissant des salariés, des modifications sur la gestion des arrêts maladie et la baisse potentielle des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) sont à l’étude pour freiner les dépenses publiques.
Secteurs ciblés | |
|---|---|
| Fonction publique | 2 milliards € d'économies via le gel du point d'indice des fonctionnaires. |
| Retraités | Moins de 6 milliards € préservés sur les petites pensions, mais mise à contribution des retraités les plus aisés (pistes de gel partiel ou abaissement du plafond de l'abattement fiscal de 10 % à 3 000 €). |
| Emploi & Social | 2,5 milliards € d'économies exigés du ministère du Travail (dispositifs post-Covid, CPF). Resserrement des critères des arrêts maladie (2 milliards € attendus). |
| Entreprises | Réduction des exonérations de cotisations patronales (allègements de charges). Maintien de la surtaxe sur les grands groupes mais allégée à 5 milliards € (contre 7,5 milliards initialement). |
| Collectivités | Obligation de limiter strictement la hausse de leurs dépenses de fonctionnement |
Les baisses de dépenses (environ 36 milliards €)
Gel du budget de l’État
Les crédits de fonctionnement des ministères (hors charge de la dette et ministère de la Défense) sont globalement gelés en valeur. Le point d’indice de la fonction publique devrait être gelé (économie estimée à 2 milliards d’euros).
Frein sur les dépenses sociales
Le gouvernement envisage de diviser par deux la progression des dépenses de pensions (retraites) pour économiser près de 6 milliards d’euros. Une coupe de 600 millions d’euros est également étudiée sur l’Allocation de rentrée scolaire (ARS)
Santé et arrêts maladie
Le plan intègre un contrôle accru et un durcissement des conditions d’indemnisation des arrêts maladie pour générer 2 milliards d’euros d’économies, ainsi qu’un gel du montant des aides personnalisées au logement (APL).
Collectivités locales
L’évolution des dépenses de fonctionnement des communes, départements et régions sera plafonnée à l’inflation, représentant un effort d’environ 2,8 milliards d’euros.
Les hausses de recettes et la fiscalité (environ 18 milliards €)
Plafonnement de l’abattement des retraités
Le gouvernement envisage de diviser par deux la progression des dépenses de pensions (retraites) pour économiser près de 6 milliards d’euros. Une coupe de 600 millions d’euros est également étudiée sur l’Allocation de rentrée scolaire (ARS).Le plafond de l’abattement de 10 % sur le calcul de l’impôt des retraités les plus aisés pourrait être abaissé à 3 000 € (au lieu de 4 439 €), apportant 1,4 milliard d’euros.
Grandes entreprises
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des très grandes entreprises est maintenue, avec un objectif de rendement fixé à 5 milliards d’euros. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) en seraient exclues pour préserver l’investissement.
Rabotage des niches fiscales et sociales
Le coût global des niches fiscales (estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an) fait l’objet d’un examen minutieux afin d’identifier de potentielles suppressions ou rabotages. L’exécutif prévoit de récupérer 5 milliards d’euros par le réajustement des allègements de charges patronales (niches sociales). De plus, 1,9 milliard d’euros d’économies sont attendus sur d’autres niches (garde d’enfants, frais de scolarité).
Mutuelles et assurances
Une hausse de la taxation des organismes complémentaires (mutuelles) est budgétisée à hauteur de 500 millions d’euros.
Lutte contre la fraude
Le recours accru à l’intelligence artificielle et un nouveau dispositif de régularisation fiscale visent à sécuriser 1 milliard d’euros de recettes supplémentaires
Le gouvernement a promis en revanche de ne pas toucher au barème de l’impôt sur le revenu par rapport à l’inflation, ni d’augmenter la TVA.