Mobilisation du 5 novembre : la fronde sociale s’élargit à tous les secteurs

Après des semaines de mobilisation de la jeunesse et de manifestations contre la vie chère, les syndicats appellent les salariés du public, comme du privé à s’unir ce jeudi 5 novembre, pour la défense de leur pouvoir d’achat, des salaires et des services publics. Plus de 200 grèves et manifestations sont annoncées sur l’ensemble du territoire.

Portée par la dynamique impulsée par les organisations de jeunesse et la coordination des “gilets jaunes“ contre la vie chère, la contestation sociale franchit une nouvelle étape. Dans la lignée de l’appel lancé début octobre par une intersyndicale (CGT, CFDT, FO, Unsa et FSU), tous les syndicats ont annoncé être de la partie ce jeudi 5 novembre. “L’idée est  d’élargir le mouvement dans l’entreprise“, avec grève et débrayages, prévient Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT.

Une très large mobilisation interprofessionnelle

“Tous les indicateurs sont au vert. Ce sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes“, a anticipé lundi sur France 2, Sophie Binet. “Nous voulons deux choses: des augmentations de salaires partout (…) et une révision du projet de budget du gouvernement qui, en l’état, est catastrophique pour le pays“, a-t-elle ajouté la secrétaire générale de la CGT.

Pour la première fois depuis la rentrée, la mobilisation concerne le privé comme le public, avec comme revendications l’augmentation des salaires, la sauvegarde des services publics, la défense de l’emploi et une meilleure répartition des richesses aussi bien pour les salariés, les jeunes que les retraités. “Cette manifestation du 5 est importante pour garder cette pression-là et que ces mesures (…) sur lesquelles il y avait enfin une ouverture se concrétisent réellement“, considère Cyril Chabanier de la CFTC. “C’est une journée qui s’adresse au monde du travail“, souligne Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, mais cela “s’articule aussi“ avec les mobilisations de la jeunesse et les manifestations des trois derniers samedis qui ont attiré des centaines de milliers de personnes, déclare t-elle.

Les “gilets jaunes“ et la jeunesse en soutien

Les organisations de jeunesse ont elles aussi décidé de rallier le mouvement social. “Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation le 5 novembre à l’appel des travailleurs et travailleuses“, a indiqué à l’issue de la mobilisation du 31 octobre, Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante. “Bien évidemment les lycéens et lycéennes, les étudiants et étudiantes rejoindront les travailleurs et travailleuses, parce qu’ils nous ont soutenus, on les soutient aussi“, a annoncé pour sa par Ryad Rani de l’Union syndicale lycéenne (USL).

La coordination des gilets jaunes appelle également à un “5 novembre du peuple“. “On doit faire en sorte que le 5 novembre ne soit pas un 5 novembre intersyndical seulement, mais le 5 novembre du peuple“, a expliqué Benjamin Ball, un membre de la coordination, le jeudi 29 octobre. Et d’ajouter : “Nous, après le 5, on appelle à un six-seven“, en référence à cette expression devenue virale dans les cours de récréation et au-delà. En clair, sur leur site, les gilets jaunes appellent à “reconduire“ grèves et blocages le vendredi 6 novembre, puis à un “acte IV de mobilisation le samedi 7.“

Vers un jeudi noir ?

Le mouvement devrait toucher de nombreux secteurs, au vu des appels lancés notamment dans l’enseignement, les transports, les hôpitaux et les services publics…

Un appel à la grève très large dans l’enseignement

C’est l’un des secteurs où l’appel est le plus large. Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, appelle à une grève “massive et généralisée“, avec des recrutements, des hausses de salaire, des moyens et une remise à plat des réformes du lycée, du bac et de Parcoursup. La FSU-SNUipp, premier syndicat du primaire, s’associe à l’appel. Des syndicats de l’enseignement privé indépendant (hors contrat) appellent également à la grève. La Fep-CFDT, le SNEPL-CFTC et le SNPEFP-CGT dénoncent des négociations salariales insuffisantes face à l’inflation. Ils présentent cette mobilisation comme une première dans leur secteur. Des fermetures de classes, de cantines et de services périscolaires sont également prévues dans les écoles primaires, collèges et lycées

SNCF, RATP, aérien : les voyageurs face à une journée incertaine

Les quatre principaux syndicats de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots) appellent les agents à se mettre en grève. Ils dénoncent des salaires qui stagnent et un déclassement social lié à l’austérité budgétaire. Les agents devant se déclarer grévistes au moins 48 heures à l’avance, les prévisions de trafic devraient donc être connues mardi 3 novembre.

Pour la RATP, les prévisions sont également attendues mardi. À ce stade, aucune annonce officielle ne confirme de grève du métro, des bus ou des tramways pour le 5 novembre, même si une intersyndicale des transports urbains a appelé à franchir une nouvelle étape dans la mobilisation. Pour le trafic aérien, les informations sont attendues mercredi 4 novembre.

Les établissements de santé également concernés

Une perturbation des établissements de santé est à craindre pour la journée du 5 novembre. La Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale appelle à la grève. Elle réclame la hausse du point d’indice des fonctionnaires et une refonte des budgets de l’Etat (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Les hôpitaux, établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, publics et privés sont tous appelés à se joindre à la grève par la Fédération CFTC Santé Sociaux. Certains médecins et pharmaciens pourraient également décider de leur emboiter le pas.

Un préavis déposé dans la fonction publique

Dans la fonction publique, la CFDT Fonction publique a déposé un préavis de grève qui couvre les agents des trois versants : État, territoriale et hospitalière. L’UFSE-CGT invite elle aussi les agents publics à s’inscrire massivement dans cette journée. Les services administratifs des mairies, la gestion des déchets (fonction publique territoriale) et les personnels hospitaliers non réquisitionnés participeront également au mouvement de grève.

Plus de 200 rassemblements annoncés dans toute la France

Dans la capitale

À Paris, un bras de fer s’est engagé concernant le tracé du cortège. L’intersyndicale a déposé il y a plusieurs jours, un parcours symbolique en plein centre-ville de la place de la Bastille à la place de la Concorde. “Nous avons demandé depuis une semaine un parcours classique entre Bastille et la place de la Concorde, nous attendons toujours une réponse“, a indiqué lundi matin, sur France 2, Sophie Binet, estimant qu’une manifestation “doit se voir“ et ne “pas se cacher“. La secrétaire générale de la CGT dénonce un sévère manque de sérieux de la préfecture :  “On a besoin d’avoir les parcours à l’avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris. Une manifestation, ça doit pouvoir se voir. On ne va pas se cacher en allant manifester sur le périphérique quand même !“, a t-elle affirmé.

La Préfecture de police de Paris, échaudée par des violences survenues lors des précédentes mobilisations d’octobre, n’a toutefois pas encore validé cet itinéraire et pousse pour un tracé périphérique.

Manifestation du 5 novembre à Paris : la CGT exige un parcours dans le centre-ville, de Bastille à Concorde

— Le Monde (@lemonde.fr) 2026-11-02T08:55:13.048510+00:00

En région

Plus de 200 rassemblements sont d’ores et déjà répertoriés dans toute la France. Rendez-vous est donné dans les principales villes de France, à  :

  • Bordeaux : 12h30, place de la République ;
  • Lille : 14h30, porte de Paris ;
  • Lyon : 10h30, Manufacture des Tabacs ;
  • Marseille : 10h30, Réformés ;
  • Montpellier : 14h00, place Albert 1er ;
  • Nantes : 10h00, Miroir d’eau ;
  • Nice : 10h00, gare SNCF “Nice ville“ ;
  • Rennes : 13h00, place de Bretagne ;
  • Strasbourg : 14h00, place de la République ;
  • Toulouse : 14h00, saint-Cyprien.

Des rendez-vous sont également fixés dans des villes de moindre importance, à :

  • Angers : 10h30, place Leclerc ;
  • Avignon : 10h30, cours Jean Jaurès ;
  • Béziers : 10h30, bourse du travail ;
  • Bourges : 10h00, place Séraucourt ;
  • Caen : 10h30, place saint-Pierre ;
  • Cahors : 14h00, place Mitterrand ;
  • Chambéry : 14h00, place du palais de justice ;
  • Chartres : 14h00, place des Halles ;
  • Dijon : 14h00, place de la Libération ;
  • Dunkerque : 10h00, place Jean Bart ;
  • Grenoble : 11h00, à la gare ;
  • Le Havre : 10h00, cercle Franklin ;
  • Metz : 14h00, place de la gare ;
  • Nancy : 14h00, place Dombasle ;
  • Perpignan : 10h00, place de catalogne ;
  • Périgueux : 10h30, palais de justice ;
  • Poitiers : 14h00, porte de Paris ;
  • Rouen : 10h00, cours Clémenceau ;
  • Saint-Étienne : 10H30, devant la CCI, cour Fauriel ;
  • Saint-Nazaire : 10h30, la Soucoupe ;
  • Tarbes : 10h00, bourse du travail ;
  • Toulon : 9h30, place d’armes ;
  • Tours : 10h00 place de la Liberté ;
  • Tulle : 10h30, place Brigoulex …

La carte interactive des rassemblements et manifestations de la CGT

La coordination des gilets jaunes propose également une carte plus générale des mobilisations.

Posted in L'Agenda politique.

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