Appel à la grève le 18 juin dans les aéroports parisiens

L’intersyndicale de Roissy-Charles de Gaulle appelle à la grève les salariés des trois aéroports parisiens, le jeudi 18 juin. Le but est de dénoncer le “durcissement des règles d’attribution“ des habilitations de sécurité du personnel.

Vers une perturbation des vols le 18 juin ? Dans un communiqué, mis en ligne le 22 mai dernier, l’intersyndicale de Roissy-Charles de Gaulle (CGT, CFDT, l’UNSA UL MOSZAR et Sud Aérien), a déposé un préavis de grève dans les trois aéroports parisiens-  Roissy-CDG, Orly et le Bourget- pour ce jeudi. Sous le mot d’ordre “Le travail est un droit, touche pas à mon badge“, elle entend ainsi protester contre ce qu’elle perçoit comme un durcissement de l’examen des habilitations de sécurité par la préfecture de police.

Un durcissement des critères de délivrance des badges

Dans un tract diffusé aux salariés, les représentants syndicaux contestent les méthodes de la préfecture déléguée à la sécurité et à la sûreté des trois aéroports parisiens. Depuis l’arrivée d’un nouveau préfet délégué à l’été 2024, “nous constatons un durcissement des règles d’attribution“ des habilitations de sécurité du personnel“, fustige Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT-ADP. Or, ces laissez-passer constituent le préalable légal indispensable pour des milliers de professionnels évoluant sous douane, à qui ils permettent d’obtenir le badge leur permettant de travailler dans les zones réservées des aéroports, à commencer par les pistes. “Cela concerne par exemple les métiers liés au traitement des bagages ou à l’assistance en escale“, détaille M. Bertone.

Concrètement, les autorités s’appuient sur le fichier de traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), une base de données “pas accessible au commun des mortels“. Un simple “relevé d’identité“  lors d’un contrôle lié aux stupéfiants peut conduire à un fichage et par conséquent à un refus d’habilitation pointe le secrétaire général de la CGT d’Aéroport de Paris. “Quel rapport avec la sûreté des aéroports ?“, s’insurge t-il.

Selon l’argumentaire des organisations syndicales, de simples amendes, des affaires classées par un non-lieu ou des dossiers judiciaires anciens entraîneraient aujourd’hui la suspension de ces permis de travail. Le tract fustige “une aberration qui ne respecte pas la loi sur la présomption d’innocence“. Les syndicats estiment par ailleurs que cette rigidité administrative favorise une précarisation de l’emploi, affirmant qu’elle permettrait aux employeurs de “licencier pour “fait du prince“, sans avoir à rendre compte.“

Les revendications : la création d’une commission paritaire, de badges provisoires

Pour rééquilibrer le processus, les syndicats réclament notamment la création d’une “commission paritaire“, chargée d’étudier les dossiers litigieux,  afin d’introduire une forme de contradictoire et d’éviter des décisions vécues comme opaques ou disproportionnées. Une telle instance permettrait, selon eux, de mieux distinguer les situations réellement sensibles au regard de la sûreté aérienne de celles relevant de contentieux mineurs. Autre demande des syndicats : “la délivrance de badges provisoires pendant l’instruction des demandes“, afin d’éviter qu’un salarié se retrouve sans activité pendant plusieurs semaines ou mois en attendant l’issue de son dossier. Ils demandent en outre “l’attribution de moyens humains supplémentaires aux services de la préfecture“.

Quel impact sur le trafic ?

Pour l’heure, l’impact sur les vols n’est pas connu. Tout dépendra du suivi de la grève et des postes touchés par la mobilisation. Le Groupe ADP, n’a pas souhaité commenter l’appel à la mobilisation du 18 juin. Les voyageurs qui doivent prendre l’avion à cette date ont donc intérêt à vérifier leur vol avant de partir, à surveiller les messages de leur compagnie et à prévoir un peu plus de marge pour rejoindre l’aéroport. Lors de précédents mouvements sociaux à Roissy, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a parfois demandé aux compagnies de réduire leur programme de vols pour tenir compte des capacités dégradées au sol, mais aucune mesure de ce type n’a été annoncée à ce jour pour le 18 juin 2026.

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