Coup d’envoi de la présidentielle américaine dans l’Iowa

Les électeurs républicains de l’Iowa lancent ce lundi 15 janvier le coup d’envoi de la saison des caucus et primaires qui doit mener à la sélection de leur candidat à la présidentielle. Après des mois de campagne, les prétendants à la Maison Blanche du Grand Old Party (GOP), vont être confrontés à leur premier test national. Coup de projecteur sur ce temps fort de la présidentielle américaine.

Direction le cœur des Etats Unis, et plus précisément l’Iowa. C’est là que démarrent ce lundi, les primaires républicaines, qui donnent le coup d’envoi de ce qui promet d’être l’une des années électorales américaines les plus chaotiques et atypiques de mémoire d’homme. Le 5 novembre 2024, des dizaines de millions d’électeurs américains se rendront aux urnes pour choisir le prochain locataire de la Maison-Blanche. Qui sera le candidat républicain face à l’actuel président démocrate sortant, Joe Biden ? Le long processus de sélection s’ouvre ce 15 janvier dans le petit État rural du Midwest.

Même si un blizzard glacial risque de porter un coup à la participation et qu’une victoire de Trump quasi courue d’avance douchent les enthousiasmes, la course dans cet État reste primordiale, en ce que c’est la première et qu’elle va permettre de prendre la température à droite de l’échiquier politique américain.  Après des mois de campagne, les candidats républicains à la Maison Blanche vont être confrontés à leur premier test national lors de ces caucus. Les démocrates de l’Iowa voteront eux par correspondance. La décision a été prise à l’initiative du président Joe Biden, qui a déclaré que les caucus étaient injustes pour les travailleurs ne pouvant pas se rendre disponibles.

En quoi consiste un Caucus ?

Il s’agit d’un évènement public. Une réunion politique de quartier informelle, vestige de la démocratie participative, où un petit nombre de personnes se réunissent dans les gymnases des écoles, des centres communautaires et même des églises, afin de choisir leurs délégués. A noter que toute personne adhérente au parti républicain (GOP), peut voter lors d’un caucus. Mais, à la condition d’être présent physiquement : les absents ne pouvant bénéficier d’une procuration.

Chaque personne présente peut prendre la parole pour essayer de convaincre l’assistance de voter pour tel ou tel candidat. Au terme des échanges, des groupes se forment autour des noms des candidats dispersés dans la salle. A la fin, on vote, afin de désigner les délégués des candidats à la convention du comté. Au cours des prochains mois, les congrès des comtés et des États confirmeront en effet les 40 délégués de l’Iowa à la Convention nationale républicaine, où le candidat du parti à la présidentielle sera officiellement choisi.

Quelles différences avec une primaire ?

Bien que les primaires et les caucus soient souvent regroupés, ils ne sont pas identiques. Contrairement à une primaire gérée par un État, un caucus est directement organisé par chaque parti local. Lors d’une primaire, les électeurs peuvent se présenter aux urnes et voter tout au long de la journée du scrutin, du petit matin jusqu’à la fermeture des bureaux de vote le soir. Ils ont également la possibilité de voter par correspondance s’ils ne peuvent pas se présenter, voire par anticipation dans certains États. Les caucus, en revanche, exigent que les électeurs soient présents à une heure précise et discutent publiquement de leurs préférences.

Quand seront publiés les résultats de l’Iowa ?

Les dirigeants de chaque caucus républicain local communiqueront les résultats au parti de l’État, qui compilera et publiera les résultats à l’échelle de l’État. Cela se produit généralement assez rapidement, en quelques heures. Étant donné que les démocrates votent par correspondance cette année et que l’Iowa n’est plus le premier pour eux, les résultats de l’État ne seront toutefois officialisés que le 5 mars.

L’Iowa n’est pas un État particulièrement précieux pour remporter le processus de nomination présidentielle. Il représente en effet une infime fraction des délégués désignés dans tout le pays et le vainqueur du caucus n’est pas assuré de la nomination de son parti. Pour autant, l’État revêt une importance symbolique. Même s’il compte moins de 1% de la population des États-Unis, il occupe une place de choix sur la scène politique américaine depuis plus de 50 ans, car il donne un premier ton dans la saison des primaires. Sa capacité à définir les tendances est si forte que les candidats abandonnent souvent après avoir obtenu de mauvais résultats dans l’Iowa.

L’Iowa sera représenté par 40 délégués à la convention républicaine de Milwaukee (Wisconsin). Un nombre à mettre en perspective avec d’autres États, comme le Texas, qui enverra 162 délégués à la convention.

Qui sont les candidats à l’investiture du Parti républicain ?

Alors qu’une demi-douzaine de candidats sont en lice pour obtenir l’investiture du parti républicain, quatre candidats dominent la course : l’ancien président Donald Trump, en tête des intentions de vote chez les conservateurs selon l’agrégateur de sondages du site FiveThirtyEight, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis , 45 ans, principal concurrent de l’ancien locataire de la Maison Blanche, l’ex ambassadrice américaine Nikki Haley, 51 ans, qui se présente comme la candidate d’une “nouvelle génération“ et l’entrepreneur millionnaire, Vivek Ramaswamy, 38 ans.

Quelles sont les tendances ?

Bien  qu’empêtré dans différentes affaires, Donald Trump reste le favori républicain dans presque tous les sondages et devrait largement consolider sa domination avec une solide performance. À la veille de l’épreuve de l’Iowa, le populiste domine sans l’ombre d’un doute dans cet État, où les différents sondages accordaient ces derniers jours au milliardaire une avance significative, variant de 32 à 43 points sur ses principaux rivaux.

Selon le dernier sondage Des Moines Register/NBC News/Mediacom Iowa réalisé par Selzer & Co du 7 au 12 janvier, l’ancien président est ainsi le premier choix de 48 % des participants probables au caucus républicain de l’Iowa, tandis que l’ancienne ambassadrice des Nations Unies Nikki Haley est à 20 % et le gouverneur de Floride DeSantis tombe à 16 %. En tant que seuls challengers sérieux au parti, ces deux candidats pourraient néanmoins prendre de l’ampleur.

Aucun autre candidat n’atteint les deux chiffres. Pour Vivek Ramaswamy et Asa Hutchinson , une mauvaise performance ce lundi pourrait signifier la fin de leurs campagnes en difficulté, preuve définitive qu’ils n’ont pas le soutien nécessaire pour poursuivre leur quête pour devenir le candidat du parti à la Maison Blanche.

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