Alors que la France s’apprête à célébrer sa fête nationale et à commémorer les attentats de Nice, le Parlement vivra une journée charnière le 15 juillet. À l’international, l’exécutif passe à l’offensive avec la coalition des volontaires à Paris, un déplacement stratégique au Maroc et le Conseil des ministres franco-allemand. Tour d’horizon de la semaine, du 13 au 19 juillet 2026.

De la réunion de la “coalition des volontaires“, en marge du défilé du 14-Juillet, aux votes cruciaux à l’Assemblée nationale, en passant par deux séquences diplomatiques majeures : les prochains jours s’annoncent denses. Tour d’horizon de la semaine politique, du lundi 13 au 19 juillet 2026.
Au Parlement
15 juillet : vote définitif sur l’aide à mourir
Débuté en mai 2025, le parcours parlementaire de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir touche à sa fin. En votant de justesse – par 169 voix contre 164 – une question préalable, mardi 7 juillet, sur la proposition de loi créant une aide à mourir, le Sénat a définitivement renoncé à modifier le texte issu des travaux de l’Assemblée nationale. Ce dernier est soumis une dernière fois au vote des députés ce mercredi 15 juillet. Le dernier mot sera donné à l’Assemblée, selon les termes de l’article 45 de la Constitution. A la veille de ce vote, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel “sur une partie des dispositions“, comme le délai de rétractation ou la clause de conscience, après le vote définitif. Une saisine pour que “l’application de la loi“ puisse se faire “dans le plein respect des principes que notre Constitution garantit, et en particulier de la dignité humaine“, a-t-il indiqué dans un communiqué. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a lui aussi annoncé le dépôt prochain d’un recours devant le Conseil constitutionnel. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.
🏛 Après deux ans de débats acharnés, des rejets en série de la part du Sénat, la proposition de loi sur l’aide à mourir fait l’objet d’un ultime vote à l’Assemblée ce mercredi. Mais à la veille de ce vote, un nouveau coup de théâtre est venu rebattre les cartes : l'annonce par… pic.twitter.com/JUliC5rIMY
— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) July 15, 2026
15 juillet : vote solennel du projet de loi “REPOST“
Mercredi 15 juillet, après les Questions Au Gouvernement (QAG), les députés procèdent au vote solennel du projet de loi “REPOST“, dans le cadre de son examen en première lecture. Le texte largement approuvé par les sénateurs le 26 mai dernier, contient notamment des mesures durcissant la répression face aux rave parties, aux rodéos urbains ou encore à la consommation de protoxyde d’azote.
Free parties, rodéos urbains, protoxyde d’azote. Ce que la loi "Ripost" prévoit, voici la fiche pratique LCP https://t.co/A4YOpBXqlO
— LCP (@LCP) June 22, 2026
En commission, le texte a été adopté le 24 juin dans une version remaniée par la gauche. En séance, le gouvernement est parvenu à réintroduire plusieurs dispositions comme la création d’un délit d’organisation et de participation à une free party ou un article prévoyant d’allonger à 72 heures les gardes à vue pour la délinquance en col blanc. Malgré les très vives critiques de la gauche, l’exécutif s’attend donc à ce que le projet de loi soit adopté largement par les députés.
Du mercredi 15 au vendredi 17 juillet 2026, l’Assemblée nationale examine par ailleurs, en première lecture, le projet de loi relatif à la protection des enfants.
16 juillet : Commission Mixte Paritaire (CMP) sur le projet d’urgence agricole
Adopté par le Sénat dans la nuit du 2 au 3 juillet après de nombreuses modifications par la droite sénatoriale, le projet de loi d’urgence agricole est examiné en Commission mixte paritaire ce jeudi 16 juillet. L’enjeu : que cette nouvelle mouture puisse être adoptée par l’Assemblée nationale, lors du vote prévu lundi 20 juillet. Le texte est actuellement “invotable“, estimait mercredi à la mi-journée une députée du groupe Ensemble pour la République, en référence aux profondes modifications votées par le Sénat début juillet contre l’avis du gouvernement. Car les deux chambres du Parlement ont abouti à deux versions très différentes du texte. Celle des députés contient des dispositions jugées contraires au droit européen ou inapplicables par le gouvernement ; celle des sénateurs comporte de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales, ainsi qu’un volet très abrasif sur la réintroduction dérogatoire de certains pesticides interdits, La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, envisagerait même de démissionner si la copie de la Chambre haute était adoptée.
Loi d’urgence agricole : le Sénat adopte une version très assouplie du texte Lire ⤵️
Ce qui pose problème
C’est d’abord le renforcement considérable du poids du secteur agricole dans la gouvernance de l’eau, comme l’expliquait Le Monde début juillet. “Une vision simpliste, court-termiste et [qui] n’assure en rien la préservation des ressources en eau“, ont dénoncé cinq anciens ministres de l’Agriculture de gauche et du centre, il y a quelques jours dans Le Figaro. Autre sujet de crispation, la réintroduction dérogatoire pour certaines cultures de néonicotinoïdes, ces insecticides pointés du doigt, dont l’acétamipride.
Les négociations en CMP s’annoncent donc tendues entre une gauche vivement opposée à ce texte fourre-tout, une droite et un Rassemblement national déterminés à aller plus loin dans la levée des entraves, et un camp macroniste fracturé sur les questions environnementales. Jusque dans la soirée hier, députés et sénateurs ont multiplié les échanges pour tenter d’aboutir à un consensus acceptable par l’Assemblée. Selon trois sources au fait des négociations, les élus du Palais du Luxembourg étaient prêts à revoir leur copie, conscients qu’ils ne pouvaient pas décemment empêcher l’adoption d’un texte pensé en réponse aux mobilisations agricoles de l’hiver 2025
Séquences diplomatiques
13 et 14 juillet : réunion de la “coalition des volontaires“ et défilé du 14 juillet
A la veille d’un 14 juillet exceptionnel, Emmanuel Macron accueille ce lundi à Paris 25 chefs d’Etat et de gouvernement, membres de la “Coalition des volontaires“. Un moment clé autour du soutien à l’Ukraine et du “réveil stratégique européen“. Réunis à l’Hôtel des Invalides, en présence notamment du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, les alliés chercheront à “amplifier“ selon l’Élysée, la “nouvelle“ dynamique de “reconvergence“ et d’unité en faveur de l’Ukraine, amorcée lors du sommet du G7 à Évian et confirmée par la déclaration adoptée au sommet de l’OTAN à Ankara. Les dirigeants de la Coalition se pencheront notamment sur la coopération en matière de défense antiaérienne, la création d’un système antibalistique “complémentaire“, et le durcissement des sanctions contre la Russie.
Le lendemain, le défilé du 14 juillet est présenté par l’Élysée comme “un symbole fort de l’Europe qui se réveille, qui prend conscience de la dangerosité du monde et qui prend conscience qu’il faut prendre en main son destin.“ Et à ce titre, les 37 pays de la Coalition des volontaires, ont été invités à y participer. Le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président italien Sergio Mattarella ont confirmé leur présence dans les tribunes. La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni ne fera en revanche pas le déplacement cette fois. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commandant suprême allié de l’Otan, le général Grynkewich, sont annoncés.
Emmanuel Macron entend faire de la réunion des partenaires de Kyiv à Paris et des célébrations "massives" du 14-Juillet un moment fort autour du soutien à l'Ukraine et du "réveil stratégique européen". #EuropeNews
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15-16 juillet : Sébastien Lecornu au Maroc
Après un crochet par Qatar, Sébastien Lecornu, est attendu les 15 et 16 juillet à Rabat (Maroc), son premier déplacement à l’étranger depuis sa nomination à Matignon. Le Premier ministre participera à la haute commission mixte franco-marocaine. Cette instance bilatérale qui ne s’était pas réunie depuis 2019, marque une étape majeure dans la relance des relations entre Paris et Rabat, après plusieurs années de tensions diplomatiques.
France – Maroc : Sébastien Lecornu se rend à Rabat pour renforcer la coopération
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Le chef du gouvernement arrivera à Rabat le mercredi 15 juillet en fin d’après-midi. Une délégation de 12 ministres l’accompagnera, dont ceux des Affaires étrangères, Intérieur, Armées ou Economie. Dans la foulée, une première rencontre en tête-à-tête devrait réunir Sebastien Lecornu à son homologue marocain, Aziz Akhannouch.
Plusieurs rencontres bilatérales sont également prévues entre les ministres mais aussi une séance plénière de deux heures jeudi matin, au ministère des Affaires étrangères marocain. A cette occasion, “une douzaine de mémorandum d’entente et d’accord“ pourraient être signés, a indiqué une source diplomatique. Plusieurs dossiers économiques sensibles devraient être arbitrés en marge de la rencontre entre le Premier ministre français et son homologue marocain. Parmi les sujets considérés comme prioritaire, la vente d’Airbus à la Royal Air Maroc et la reprise des exportations de bovins français (suspendues depuis l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse).
Le lendemain, jeudi 16 juillet, les deux chefs de gouvernement co-présideront au siège du ministère des Affaires étrangères à Rabat, la réunion plénière de la Haute commission mixte de coopération bilatérale avec la participation des deux délégations. Les gouvernements pourront discuter d’un futur traité bilatéral entre les deux pays. La copie, sur laquelle travaille un comité de 11 personnes, doit être remise dans la semaine à l’Elysée, les différents acteurs ayant l’espoir qu’il soit signé à l’automne, lors de la visite d’Etat du roi Mohammed VI à Paris.
🇲🇦🇫🇷 | L’axe Rabat-Paris devient crucial, entre traité d’amitié, interconnexion électrique, défense, renseignement et projection africaine https://t.co/aQ1Oj9RE4k
— barlamane.com/fr (@barlamanefr) July 14, 2026
16-17 juillet : Emmanuel Macron en Allemagne
Emmanuel Macron se rend en Allemagne les 16 et 17 juillet à l’occasion du 26e Conseil des ministres franco-allemand.
Et encore
13 et 14 juillet : commémorations du 10e anniversaire de l’attentat de Nice
La ville de Nice se prépare à plusieurs jours d’hommage pour commémorer l’attentat de la promenade des Anglais qui a fait 86 morts et 458 blessés le 14 juillet 2016. Une marche solennelle, une cérémonie interreligieuse, un défilé militaire et une cérémonie mémorielle figurent au programme des commémorations de ce 10e anniversaire. Le chef de l’État assistera aux différentes cérémonies d’hommage prévues. L’Élysée a dévoilé le déroulé précis du programme du président de la République. A noter que François Hollande a confirmé sa présence à Nice. “Je serai présent, comme je l’ai été il y a dix ans“ a déclaré l’ancien président de la République sur ICI Azur, vendredi 10 juillet.
Hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, voici le programme de la venue de Brigitte et d'Emmanuel Macron à Nicehttps://t.co/W9iGHMRnUt pic.twitter.com/YxsdNgAeg1
— France 3 Côte d'Azur (@F3cotedazur) July 12, 2026
Le lundi 13 juillet, les victimes et leurs familles sont invitées à une cérémonie interreligieuse à 16 h 30 à la Villa Massena, située sur la promenade des Anglais. Le mardi 14 juillet, jour de la fête nationale, un défilé militaire sera organisé sur la place Massena. À 18 h 00, une cérémonie mémorielle est prévue en présence du chef de l’État, avant un concert de l’orchestre philharmonique de Nice au Théâtre de Verdure. A 22 h 00, un spectacle de drones sera visible depuis la promenade des Anglais. A 22 h 34, heure où le camion a terminé sa course, la ville allumera les 86 faisceaux qui illuminent la célèbre avenue chaque soir du 14 Juillet.
Nice : 10 ans après l’attentat du 14 juillet, le programme des cérémonies en présence d’Emmanuel Macronhttps://www.europesays.com/fr/1036332/La ville se prépare à plusieurs jours d’hommage pour commémorer l’attentat qui a fait 86 victimes en 2016.…#fr #france
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