Sénatoriales en Georgie : une élection clé pour la présidence de Biden

Deux mois après le scrutin du 3 novembre, la Georgie se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs. Les deux élections partielles pour le Sénat qui se tiennent ce mardi dans cet État conservateur du sud, décideront du contrôle de la chambre haute du Congrès américain. Du résultat de ce vote dépendra la capacité du 46e président des Etats-Unis à mener sa politique. Explications.

Rarement une élection sénatoriale américaine n’aura suscité autant d’intérêt : aux Etats-Unis, comme dans le monde, tous les regards sont tournés vers la Géorgie. C’est dans cet État du sud-est des États-Unis que va se jouer ce mardi, lors de deux élections partielles, l’avenir du Sénat américain.  Si les démocrates prennent le contrôle du Sénat, Joe Biden aura tous les leviers politiques entre ses mains, pour conduire la politique qu’il souhaite. A défaut, sa tâche sera alors beaucoup plus difficile.

Ce qui met ce second tour sous le feu des projecteurs, c’est qu’il met en jeu comme cela est normalement le cas normalement, non pas un, mais deux sièges du Sénat américain. A cela, deux explications qui tiennent aux particularités de l’état de Georgie. Son système électoral d’abord : c’est l’un des trois Etats à ne pas appliquer le scrutin à un tour pour les élections sénatoriales. Dès lors qu’aucun des candidats n’obtient plus de 50 % des voix lors du premier tour, les électeurs doivent être de nouveau appelés aux urnes. C’est ce qui s’est produit le 3 novembre : le républicain David Perdue a manqué l’objectif d’un cheveu, avec 49,7% des voix. Pour l’autre siège en jeu, les voix se sont dispersées entre deux candidats républicains rivaux et le candidat démocrate.

D’autre part, un Etat américain n’organise en principe qu’une élection à la fois pour remettre en jeu un des deux sièges qui le représentent au Sénat. L’assemblée est en effet composé de 100 sénateurs (deux par Etat), élus pour six ans; un tiers de l’assemblée étant renouvelé tous les deux ans.

Or, dans le cadre de ce  scrutin, l’une des deux élections intervient au terme du premier mandat du sénateur républicain David Perdue. L’autre survient un an après la démission du sénateur républicain Johnny Isakson pour des raisons de santé et son remplacement par sa suppléante. Il s’agit donc d’une élection partielle.

Les candidats

L’enjeu

L’enjeu de cette double élection est crucial pour Joe Biden, qui aura bien du mal à appliquer son programme s’il ne contrôle pas à la fois la Chambre des Représentants (restée dans le camp démocrate) et le Sénat. Les démocrates doivent en effet impérativement remporter ces deux sièges pour faire jeu égal, à 50 sénateurs, face aux républicains, majoritaires à la chambre haute du Congrès.

Pour l’heure, les premiers disposent en effet de 48 élus au Sénat, tandis que les seconds sont déjà assurés d’en avoir 50. Les démocrates doivent donc absolument remporter les deux sièges de l’Etat de Géorgie pour avoir le contrôle de la chambre haute. En cas d’égalité entre les deux camps, la future vice-présidente et nouvelle présidente du Sénat, Kamala Harris, aurait toutefois le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate au Sénat, aujourd’hui à majorité républicaine.

Si les démocrates échouent dans leur conquête du Sénat, la tâche de Joe Biden sera alors beaucoup plus ardue. Il lui sera en effet difficile de mettre en oeuvre son plan de lutte contre la Covid-19 ainsi qu’un programme de relance de l’économie. De même, sa réforme de l’assurance-santé, ses ambitions en matière d’environnement ou encore son projet de contrôle des armes à feu pourraient alors être contrariés.

Le président élu disposerait toutefois de plusieurs leviers d’action, notamment la possibilité de prendre des mesures importantes par le biais d’“ordres exécutifs“, en particulier en matière de commerce international, ou encore en nommant des personnes acquises à sa cause dans les agences fédérales.

Les sondages

La moyenne des derniers sondages du site FiveThirtyEight, (4 janvier à 18h00- heure de l’Est) est favorable aux candidats démocrates, mais l’écart est très faible : 1,4 point d’avance pour Jon Ossoff et 2 points pour le révérend progressiste Raphael Warnock.

Le démocrate Jon Ossoff mène en effet le sénateur républicain David Perdue, avec 49,3% des intentions de vote, contre 47,9% à son adversaire. Dans l’autre course, Raphael Warnock mène le sénateur républicain Kelly Loeffler de 49,6% à 47,6% Autrement dit, les élections sénatoriales de Géorgie se joueront dans un mouchoir de poche. Reste que cet État du Sud n’a plus envoyé de démocrate à la chambre haute depuis vingt ans. Les candidats démocrates partent donc de loin en Géorgie.

La participation

Le vote anticipé qui s’est ouvert lundi 14 décembre dans l’état de Georgie, a battu de nouveaux records. Plus de 3 millions d’électeurs de l’Etat ont déjà voté pour le second tour de l’élection prévu mardi. Une participation en hausse de 50% par rapport à la dernière élection semblable, qui à la fois brise le précédent record de participation et met en évidence un engouement inédit pour ce second tour de scrutin en Géorgie.

Pour soutenir les candidats républicains, Donald Trump participera lundi soir ce qui devrait être son dernier grand meeting avant de quitter la Maison Blanche le 20 janvier. Le président sortant se déplacera à Dalton, dans une circonscription rurale et conservatrice du nord-ouest de la Géorgie.

Joe Biden sera, lui, à Atlanta, capitale de la Géorgie. Le président démocrate élu fera campagne avec Raphaël Warnock, un pasteur noir âgé de 51 ans qui prêche dans l’ancienne église de Martin Luther King, et Jon Ossoff, un producteur audiovisuel de 33 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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