Un conseil européen au chevet de dossiers brulants. Les vingt-sept se réunissent dès ce jeudi et jusqu’à demain à Bruxelles. Flambée du prix des hydrocarbures, guerre au Moyen Orient, Ukraine, tensions géopolitiques… Autant de sujets à l’ordre du jour de ce sommet.

Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, Emmanuel Macron et ses homologues de l’Union Européenne (UE) sont à Bruxelles aujourd’hui pour un Conseil européen. Les dirigeants de l’UE se pencheront sur l’escalade militaire au Moyen-Orient, la situation en Iran et ses répercussions sur l’UE. Ils débattront également de la compétitivité stratégique de l’UE, du prochain cadre financier pluriannuel, de la sécurité et de la défense et des migrations.
EN DIRECT | Déclaration du Président @EmmanuelMacron à son arrivée au Conseil européen. https://t.co/yE629CmIkJ
— Élysée (@Elysee) March 19, 2026
Conflit au Moyen Orient
La question de la sécurité énergétique dans la durée sera évoquée lors de ce sommet. Le président Costa et la présidente von der Leyen ont organisé en amont une vidéoconférence avec les dirigeants des pays du Moyen-Orient sur la guerre en Iran, au cours de laquelle ils ont réaffirmé l’engagement de l’UE en faveur du partenariat, de la sécurité et de la prospérité dans la région.La situation en Iran et dans la région, ainsi que de la réponse des vingt-sept aux répercussions géopolitiques et économiques, en particulier les prix de l’énergie et la sécurité énergétique sera ainsi au coeur de ce sommet. Lors de ce dernier, les vingt-sept tenteront de se mettre d’accord sur des mesures pour faire face à la flambée des prix des hydrocarbures, conséquence de la guerre au Moyen-Orient.
La flambée des prix risque de s’aggraver un peu plus, au regard de l’escalade au Moyen-Orient. Israël a frappé le site gazier iranien de South Pars. Téhéran a répliqué en visant d’autres installations énergétiques de la région. Donald Trump a alors menacé de “détruire massivement l’intégralité du gisement de gaz de South Pars“ si l’Iran s’en prenait au Qatar.
Moyen Orient Le président français Emmanuel Macron a proposé jeudi un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad… pic.twitter.com/BHZ0sMSRC3
— L'Echiquier social (@EchiquierSocial) March 19, 2026
En amont du Conseil européen, jeudi 19 mars, Emmanuel Macron a dénoncé une “escalade inconsidérée“ au Moyen-Orient, appelant sur son compte X à ouvrir une voie vers la désescalade pour la stabilité au Moyen-Orient. “Nous défendons l’idée d’un moratoire sur les infrastructures civiles dans ce conflit“ a déclaré le président français depuis Bruxelles.
"J'espère que tout le monde reviendra à la raison"
Guerre au Moyen-Orient: Emmanuel Macron appelle à des discussions "directes" entre Américains et Iraniens sur les infrastructures énergétiques#BFM2 pic.twitter.com/Mm2EJay9Mx
— BFM (@BFMTV) March 19, 2026
Ukraine
Alors que le conflit entre dans sa cinquième année, les dirigeants européens s’entretiendront de l’évolution récente de la situation en Ukraine et des moyens d’accroître la pression sur la Russie pour qu’elle mette un terme à sa guerre. Le sommet de jeudi verra en particulier les dirigeants de l’UE tenter de convaincre le Hongrois Viktor Orbán de lever son veto controversé sur le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Mais les espoirs d’une résolution avant les élections hongroises du 12 avril sont faibles. “La Hongrie aidera l’Ukraine quand nous aurons notre pétrole“, a ainsi déclaré le premier ministre hongrois à son arrivée à Bruxelles. “D’ici là, nous ne pouvons soutenir aucune proposition en faveur des Ukrainiens“, a t-il assuré.
En décembre dernier, lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles pour finaliser le plan de 90 milliards d’euros, Viktor Orbán a obtenu une exemption totale de cet emprunt commun. Mais, coup de théâtre sans précédent, Orbán a opposé son veto au prêt à la mi-février, en réaction à l’interruption des livraisons de pétrole via l’oléoduc Druzhba, qu’il affirme être délibérément fermé par le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy.
Thursday's summit will see EU leaders try to convince Viktor Orbán to lift his controversial veto on the €90 billion to Ukraine. But hopes for a resolution before the Hungarian elections on 12 April are low. #EuropeNews https://t.co/WZTkAAzrxn
— euronews (@euronews) March 18, 2026
“Nous devons d’abord mettre en œuvre le prêt de 90 milliards d’euros qui a été décidé… Et nous devons accroître nos capacités de production militaires“, a déclaré Emmanuel Macron, lors de son arrivée à Bruxelles.
Défense et sécurité européennes
Compte tenu de la détérioration de l’environnement géopolitique, les dirigeants de l’UE passeront en revue les efforts actuellement déployés pour accroître la préparation de l’UE en matière de défense.
Évolution des tensions géopolitiques
Le conseil européen a indiqué dans un de ses bulletins vouloir “apaiser les tensions et «renforcer la stabilité dans la région“. La situation en Cisjordanie, au Liban ou encore à Gaza devrait aussi être évoquée. António Costa et Ursula von der Leyen se sont exprimés à ce sujet le 9 mars dernier dans un communiqué de presse publié sur le site Consilium. “[Il a été convenu] de rester en contact étroit pour évaluer toute évolution future et collaborer à la recherche de la paix“.
Compétitivité et marché unique
Les dirigeants européens débattront de la manière de stimuler la compétitivité, la résilience et l’autonomie stratégique de l’Europe dans le contexte mondial actuel. Le Conseil européen devrait établir un plan intitulé “Une Europe, un marché“, assorti d’orientations stratégiques et de délais ambitieux pour les principaux volets d’actions:
- l’approfondissement et l’intégration du marché unique
- la poursuite de la simplification des règles et de la réduction des charges administratives
- la garantie d’une énergie abordable et la réalisation de la transition énergétique
- la promotion du renouveau industriel de l’Europe, de l’innovation et de la réduction des dépendances
- la mobilisation des investissements.
Flux migratoires
Les dirigeants aborderont également la question de la migration et les conditions d’accueil sur le sol européen. Le tout en prenant en compte la situation au Moyen-Orient.