Les enjeux de la visite d’Emmanuel Macron en Grèce

Après Chypre, le président Emmanuel Macron est attendu à Athènes ce vendredi, pour une visite de deux jours. Une étape importante dans l’approfondissement de relations déjà étroites, qui comprendra de nouveaux domaines de coopération. Ce déplacement devrait être surt l’occasion de sceller  le renouvellement de l’accord de partenariat stratégique de défense et de sécurité, signé en 2021 entre les deux pays.

Après un sommet des dirigeants de l’UE à Chypre, le président français se rend dans la foulée en Grèce pour une visite officielle de deux jours, les 24 et 25 avril.

Une visite marquée par une volonté de renforcer les liens entre les deux pays

Paris et Athènes espèrent que cette visite officielle marquera une étape majeure dans l’approfondissement d’une relation déjà étroite entre les deux pays. Selon l’Élysée, le déplacement du chef de l’État en Grèce, “mettra à l’honneur les liens historiques entre nos deux pays“ mais aussi, “notre attachement partagé aux valeurs européennes et les coopérations étroites dans tous les domaines, en particulier la défense, l’économie et la culture.“ Emmanuel Macron a depuis son élection souhaité mettre en avant le rôle particulier de la Grèce en Europe, en tant berceau de la démocratie. En septembre 2017, quelques mois seulement après sa première élection à la présidence de la République, il a ainsi prononcé un discours important sur l’avenir de l’Europe à la Pnyx. Il participera à un événement similaire lors de cette nouvelle visite, sur l’Agora d’Athènes, dans le cadre d’une entrevue avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis.

Les sujets de défense au coeur des échanges

Selon Athènes, la coopération franco-hellénique “sera placée au cœur des discussions sur l’avenir de l’Europe et sur le cadre européen de défense et de sécurité“. Des sources gouvernementales grecques indiquent à l’AFP que la visite d’Emmanuel Macron “revêt une importance particulière“, au vu “des fortes incertitudes géopolitiques“ “et le fait que ““l’Europe cherche un nouveau cap tant pour renforcer sa compétitivité que pour élaborer une politique de défense plus cohérente, complémentaire de l’Otan.“

Renouveler le partenariat stratégique avec la Grèce

Dans ce contexte d’incertitudes géopolitiques accrues, Paris et Athènes s’apprêtent à renouveler l’accord de partenariat stratégique sur cinq ans en matière de défense et de sécurité, signé en septembre 2021 à Paris. Cet accord historique qui contient une clause d’assistance mutuelle en cas de violation de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale d’un des deux pays, doit expirer cette année. Particulièrement important pour Athènes, son contenu va être étendu à des domaines telle que la protection civile et l’innovation. Cet accord a été un précurseur du débat européen plus large sur le renforcement de la défense commune et de l’autonomie stratégique de l’Union européenne, en complément de l’OTAN. Le Premier ministre grec et le Président français font partie des quelques dirigeants européens qui ont constamment et opportunément mis cette question sur la table de l’Europe.

Un deal avec la Grèce pour équiper l’Ukraine

La France chercherait à accélérer le soutien militaire à l’Ukraine en explorant une piste originale avec la Grèce. Emmanuel Macron pourrait ainsi proposer à Athènes lors de sa visite, d’échanger l’ensemble de sa flotte de Mirage 2000 de la Grèce (24 Mirage 2000-5 et 19 Mirage S 2000 EGM/BGM retirés du service) et leurs pièces, par un nombre équivalent d’avions de chasse Rafale à prix préférentiel. Les Mirage seraient ensuite envoyés à l’Ukraine. Selon les informations du quotidien grec Estia, relayées par Le Parisien ce jeudi 23 avril, cette offre serait portée par Dassault Aviation.

La sécurité maritime, priorité absolue pour Athènes

Selon des sources au sein du gouvernement français, la sécurité du transport maritime, et en particulier dans le détroit d’Ormuz, devrait également faire l’objet de discussions approfondies entre Emmanuel Macron et Kyriakos Mitsotakis Le Premier ministre grec en avait fait une “priorité absolue“ lors de la présidence grecque du Conseil de sécurité des Nations unies, en fin d’année dernière. La Grèce participe d’ailleurs à l’opération européenne ASPIDES, visant à protéger le trafic de la mer Rouge contre les attaques des rebelles Houthis, basés au Yémen.

La visite du président français sera également la voie à un approfondissement de la coopération dans des domaines tels que l’économie, la protection civile et l’innovation. La question de la protection des mineurs en lignes sera elle aussi évoquée, les deux pays étant parmi les premiers de l’UE à vouloir réglementer l’usage des réseaux sociaux, soutenant la création d’un règlement européen à ce sujet.

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