En qualité de co-prince d’Andorre, Emmanuel Macron effectue une visite officielle dans la principauté les 27 et 28 avril, après une étape en Ariège ce lundi. Au coeur de ce déplacement, l’interdiction de l’avortement, toujours en vigueur dans ce pays.

Après un report de sa visite en octobre dernier, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, se rend en Andorre lundi 27 avril et mardi 28 avril, dans le cadre de sa fonction de co-prince de la principauté des Pyrénées.
Le chef de l’État français assure la direction de la co-suzeraineté de cet État de 77 000 habitants, comme le prévoit la Constitution de la principauté, Andorre est une co-principauté parlementaire dont la particularité est d’avoir deux chefs d’État: le Co-Prince français, Président de la République Française et le Co-Prince épiscopal, l’archevêque-évêque d’Urgell, Joan-Enric Vives i Sicília.
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Arrivée en principauté d’Andorre
Une première journée institutionnelle
L’hélicoptère transportant Emmanuel et Brigitte Macron devrait atterrir vers 16 heures lundi au stade municipal d’Andorre-la-Vieille, la capitale de ce petit pays. Le chef de l’État dont c’est la seconde visite dans la principauté, sera accueilli par Xavier Espot, chef du gouvernement andorran. Le président français s’entretiendra dans la foulée avec ce dernier pour aborder “les principaux défis du pays“. Suivra une rencontre avec l’autre co-prince d’Andorre : Josep-Lluís Serrano Pentinat, l’évêque d’Urgell. Ce sera leur première rencontre officielle depuis la nomination de ce dernier, en mai 2025, souligne le gouvernement andorran. L’événement diplomatique le plus inédit de cette visite concernera la présentation simultanée par une quinzaine d’ambassadeurs, récemment accrédités en Andorre, de leurs lettres de créance aux deux co-princes. La journée s’achèvera par une visite de la centrale hydroélectrique de la FEDA (l’EDF andorrane), suivie d’un dîner officiel “offert par Emmanuel Macron à des représentants de la société andorrane“.
Point d’orgue de la visite : un discours sur la place du peuple
Mardi 28 avril, après la visite d’établissements scolaires andorrans, Emmanuel Macron se rendra à la Casa de la Vall, siège historique du Parlement andorran, pour y présider la session du parlement. Une session qui exceptionnellement sera présidée conjointement par les deux co-princes, Mais, le point d’orgue de la visite “ouvert à tous les citoyens“, se déroulera à 12h45 sur la Plaça del Poble à Andorre-la-Vieille, où le président français prononcera un discours devant la population locale-en écho à sa première visite en 2019- aux côtés du chef du gouvernement andorran. Pour permettre à la population d’assister en nombre à l’allocution du président français, le gouvernement a décrété la fermeture des commerces, industries, bureaux et administrations publiques le 28 avril de 12 heures à 14 h 30. Il est par ailleurs demandé à la population de pavoiser. Pour terminer la journée, les deux co-princes se verront attribuer la plus haute décoration andorrane, la Croix des Sept Bras, au sanctuaire de Meritxell à Canillo.
Pyrénées. Emmanuel Macron débarque en Andorre, les commerces vont momentanément fermer https://t.co/9y1wa3DhoY
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La question de l’avortement, au coeur de la visite
Au cœur de ce déplacement figure la question sensible de l’avortement. L’Andorre est, avec le Vatican, le seul État européen à interdire totalement l’interruption volontaire de grossesse, y compris en cas de viol, d’inceste, de danger pour la vie de la mère ou de maladie grave du fœtus. Emmanuel Macron, qui avait déjà soulevé ce point lors de sa première visite officielle en 2019, devrait l’évoquer à nouveau dans son discours place du Peuple, ainsi que lors de ses entretiens bilatéraux avec Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, et Xavier Espot Zamora. L’Élysée indique que le président agira avec “le respect des consciences“ et “s’en remettra à la sagesse du débat démocratique“, tout en rappelant son attachement aux droits des femmes. Le chef du gouvernement andorran s’était montré pour sa part prudemment optimiste fin mars, estimant qu’une dépénalisation, et non une légalisation, de l’avortement pourrait être possible avant la fin de la législature, en mars-avril 2027. Une question qu’il juge “très délicate“ car liée à un dogme de l’Église catholique.
Emmanuel Macron en visite en Andorre, abordera la question de l’avortement, toujours interdit dans ce petit état des Pyrénées https://t.co/SnZJNG0RIo pic.twitter.com/uNp2YkXT4U
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