COP26 : ce qu’il faut savoir sur la conférence sur le climat de Glasgow

La 26e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP26, s’ouvre ce dimanche et pour deux semaines, à  Glasgow en Ecosse. Quels en sont les participants ? Quel programme ? Sur quoi porteront les négociations ? Quels enjeux ? Quelles avancées ? Passage en revue d’un rendez-vous crucial pour répondre à l’urgence climatique.

Après un été de catastrophes naturelles historiques, les inquiétudes liées au changement climatique sont à leur paroxysme. C’est dans ce climat tendu que les principaux dirigeants de la planète vont se retrouver à Glasgow, en Ecosse, du 31 octobre au 12 novembre 2021, pour la 26ème conférences des parties sur le changement climatique, la COP 26, sous présidence britannique. La conférence qui se tiendra au sein du “Scottish Event Campus“, sera présidée cette année par Alok Sharma, ancien secrétaire d’État aux Affaires, à l’Énergie et à la Stratégie industrielle du Royaume-Uni.

Qu’est ce que la COP26 ?

Depuis 1995, les dirigeants de la planète se réunissent chaque année, ou presque, pour déterminer comment lutter collectivement contre le changement climatique. Ce mois d’octobre marque la 26e Conférence des Parties (“Conference Of the Parties“ en anglais, d’où l’acronyme COP) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. La COP26 doit faire le point sur les progrès réalisés dans le cadre de l’accord de Paris. Ce traité international, juridiquement contraignant sur les changements climatiques, a été adopté par 196 Parties lors de la COP 21 à Paris, le 12 décembre 2015. Il est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Pour rappel, il stipule à son article 2 qu’il convient de contenir l’élévation moyenne des températures “nettement en dessous de 2 °C“, comparé à l’ère préindustrielle, tout en poursuivant les efforts pour limiter cette hausse à moins de 1,5 °C.

Les participants

Des représentants de plus de 196 pays

Les dirigeants de 196 pays et plus de 20.000 représentants vont se retrouver en Ecosse. Sont notamment attendus sur place, le président français Emmanuel Macron, le président des Etats-Unis Joe Biden, l’Indien Narendra Modi, l’Australien Scott Morrisson, le Turc Recep Tayipp Erdogan ou encore le Canadien Justin Trudeau. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, la confirmé sa présence, tout en déclarant qu’il y aura une place pour les dirigeants de tous les gouvernements nationaux du Royaume-Unis.

La reine Elizabeth II, particulièrement attendue, a du en revanche renoncer à sa présence “sur avis médical“. Le prince Charles et la duchesse de Cornwall Camilla, ainsi que le prince William et son épouse Kate Middleton, seront en revanche présents, pour représenter la famille royale, très engagée pour l’environnement.

Du côté des institutions européennes, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président du Conseil Charles Michel conduiront la délégation de l’UE. Ils se trouveront aux côtés du Premier ministre slovène Janez Janša, son pays présidant actuellement le Conseil de l’UE. Le vice-président de la Commission européenne en charge du Pacte vert Frans Timmermans dirigera pour sa part l’équipe de négociation de l’Union.

Sont également attendus à Glasgow des personnalités telles que le secrétaire général des Nations Unies António Guterres ou encore la militante du climat Greta Thunberg. Des scientifiques, des ONG et des entreprises feront enfin aussi le voyage, afin de mettre en lumière leurs solutions pour le climat et de participer à des évènements en marge des négociations officielles.

Des grands absents

Les absents font aussi parler d’eux. Les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, n’assisteront pas à cette conférence. Le Kremlin a annoncé le 20 octobre, l’absence du premier à la COP26, assurant toutefois que le dossier climatique restait une “priorité“. Le second n’a quant à lui pas quitté son pays depuis le début de l’épidémie de Covid, Le dernier décompte de l’agence Reuters indique également que le président brésilien Jair Bolsonaro, inquiété dans son pays pour sa gestion de la crise sanitaire, ne fera pas le déplacement.

La Chine, la Russie et le Brésil représentent pourtant une part non-négligeable des émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. Ces pays auront certes des diplomates sur place qui prendront part aux négociations. Reste que l’absence de leurs dirigeants est un symbole fort qui laisse à penser que cette COP26 ne marquera pas de grande avancée.

Le programme

Six ans après la signature de l’accord de Paris lors de la COP21, les dirigeants mondiaux doivent faire un point d’étape. Les parties s’étaient engagées en 2015 à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans le but de contenir l’augmentation de la température globale sous les 2°C, de préférence à 1,5°C. En amont de la réunion, chaque signataire – dont l’Union européenne – devait transmettre à l’ONU sa contribution nationale à cet objectif mondial. Les participants vont aborder les sujets suivants : financement des actions climats, transition énergétique, nature et utilisation des terres, adaptation et pertes et dommages, science et innovation, transports, villes, régions et environnement bâti. L’ensemble du programme programme est visible sur le site de la COP 26

Sur quoi vont porter les négociations ?

D’abord, les contributions nationales. Chaque État devait présenter, en juillet, de nouveaux engagements en faveur du climat, pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Or, tous ne l’ont pas fait. Les deux semaines de rencontres vont servir à persuader les derniers pays récalcitrants de faire davantage pour réduire leurs émissions.

Ensuite, le financement de la transition. Les pays riches, gros pollueurs, sont censés aider financièrement les pays pauvres face à la crise climatique. Sauf qu’il manque encore plusieurs milliards dans la tirelire. La COP 26 va permettre de se concerter pour savoir comment renflouer la caisse et arriver à la somme de 100 milliards de dollars par an. Enfin, les pays devront discuter des nouvelles règles des marchés carbone et du futur cadre de transparence. Ce dernier impose aux États de rendre compte régulièrement des mesures prises et des progrès réalisés par rapport aux engagements qu’ils se sont fixés.

Les temps forts

Deux temps forts sont attendus durant les deux semaines de la conférence. D’abord, les 1er et 2 novembre où les les chefs d’État et de gouvernement évoqueront les nouveaux engagements de leur pays respectif. Parmi les intervenants de ce lundi 1er novembre, Emmanuel Macron à 15h15, mais aussi le président chinois, la chancelière allemande, Angela Merkel, Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg, son homologue canadien Justin Trudeau, ou encore le très controversé président polonais, Matuesz Morawiecki… pour n’en citer que quelques uns. Le programme des interventions est disponible Ici.

Les dirigeants s’exprimeront à nouveau les 9 et 10 novembre prochains, quelques jours avant la clôture de la conférence, pour de nouveau revenir sur les mesures qu’ils comptent mettre en oeuvre pour réduire leurs émissions.

Les enjeux de la COP 26

Le dernier rapport du GIEC, publié en août, confirme que le dérèglement climatique s’aggrave et qu’il est incontestablement lié aux activités humaines.  mondiaux. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dresse en effet un constat scientifique “sans équivoque“  du réchauffement climatique qui a atteint +1,09°C sur la période 2011-2020 par rapport à la période 1850-1900.0 A quelques jours de la COP26, le Programme des Nations unies pour l’environnement a pour sa part publié son rapport sur les émissions de gaz à effet de serre, et là encore, le constat est sans appel : “Les engagements climatiques affichés sont bien en deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris sur le climat“.

Les nouveaux objectifs des pays, déposés avant la COP26 de Glasgow, réduisent en effet “les projections d’émissions pour 2030 de 7,5%, alors que 30% seraient nécessaires pour [ne pas dépasser un réchauffement de la planète de] +2°C et 55% pour 1,5 °C“, selon le rapport, réalisé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)

Dans ce contexte, que peut la COP26 ? Quelles négociations vont se jouer ? Où en est l’accord de Paris ? Le rôle de cette COP, comme les précédentes, est de parvenir à un compromis sur les derniers points bloquants permettant la bonne application de l’Accord de Paris. Mais rien ne dit que les États vont s’entendre. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson s’est même montré plutôt pessimiste, indiquant : “ Je suis très inquiet, parce que ça peut mal se passer. Il est possible que nous n’ayons pas les accords dont nous avons besoin“.

La semaine dernière, Alok Sharma, le président de cette même conférence, a estimé qu’il serait “plus difficile“ d’obtenir un accord à Glasgow qu’à Paris, tandis que le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a jugé que les engagements actuels des États étaient “un aller simple vers le désastre“. Une prophétie qui pourrait devenir réalité, alors qu’au terme de deux jours de discussion, les dirigeants du G20 sont parvenus à un minimum de consensus pour lutter contre le réchauffement climatique.

Quelques avancées

L’assemblée générale de l’ONU qui s’est tenue fin septembre a permis quelques avancées. Tandis que la Chine s’est engagée à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon à l’étranger, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils souhaitent doubler leurs financements climat, pour atteindre 11,4 milliards de dollars (environ 9,8 milliards d’euros) par an d’ici à 2024. La Turquie a de son côté promis de ratifier, dans le mois, l’accord de Paris qu’elle avait signé en 2016 mais qui n’était pas encore entré en vigueur dans le pays. Autre progrès notable, l’Afrique du Sud a soumis à l’ONU de nouveaux engagements de réduction de ses émissions, plus ambitieux que ses précédents objectifs. L’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde, a annoncé également lundi, vouloir investir plus d’un milliard de dollars en faveur d’initiatives environnementales. Une coalition de sept pays (parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou le Chili) s’est par ailleurs engagé à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon et appellent les autres gouvernements à les rejoindre pour “reléguer le charbon dans l’histoire passée“. Le Costa Rica et le Danemark sont enfin également à l’origine d’une initiative diplomatique pour sortir du pétrole et du gaz.

Tous les regards sont désormais tournés vers la Chine et l’Inde, qui peuvent changer la donne. Pékin, premier émetteur mondial, s’est engagé à la neutralité carbone d’ici à 2060 et à atteindre un pic des émissions de CO2 avant 2030, mais n’a toujours pas traduit ces promesses dans une nouvelle contributions déterminées au niveau national (NDC). La chine, qui sera représentée en visioconférence, a assuré jusqu’à présent, le “service minimum.“ Quant à l’Inde, troisième pollueur mondial, l’incertitude est grande. Le pays qui se refusait jusqu’à présent à accroître ses efforts, a annoncé dans le cadre du groupe Quad, formé avec les Etats-Unis, le Japon et l’Australie, s’engager à “mettre à jour ou communiquer“ des NDC «“ambitieuses“ d’ici à la COP26, avec pour objectif de parvenir à des émissions mondiales nettes nulles d’ici à 2050.

Au sein des autres pays du G20, une partie seulement a pris des objectifs plus ambitieux : les Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada et l’Argentine.  La majorité des États  (Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Vietnam notamment) a soumis de nouveaux plans qui marquent un statu quo, voire un recul par rapport (Russie, le Brésil, le Mexique) par rapport aux précédents, comme le montre la synthèse des plans d’action pour le climat publiée par l’ONU le 17 septembre dernier.

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