Des élections législatives décisives en Suède

Ce dimanche 13 septembre, les Suédois vont voter lors d’élections législatives destinées à renouveler les 349 sièges du Riksdag. Dans un paysage politique fracturé, la course politique s’annonce particulièrement serrée entre la coalition de droite au pouvoir et l’opposition de centre-gauche.

Quelque huit millions de Suédois sont appelés aux urnes ce 13 septembre, lors d’élections législatives destinées à renouveler les 349 sièges du Riksdag, le chambre unique du Parlement. Ce même jour, les citoyens voteront également pour renouveler leurs conseils régionaux et municipaux.

Le scrutin en bref

Les 349 députés du Riksdag sont élus pour un mandat fixe de quatre ans, au scrutin proportionnel. 310 sièges sont attribués dans 29 circonscriptions et 39 sièges compensatoires, pour assurer la représentativité nationale. Un parti doit obtenir au moins 4% des voix à l’échelle nationale (ou 12% dans une seule circonscription), pour entrer au parlement. Pour être investi, un Premier ministre ne doit pas avoir 175 voix ou plus contre lui, mais pas nécessairement une majorité absolue. Un parti doit obtenir au moins 4% des voix à l’échelle nationale (ou 12% dans une seule circonscription), pour entrer au parlement. Pour être investi, un Premier ministre ne doit pas avoir 175 voix ou plus contre lui, mais pas nécessairement une majorité absolue en sa faveur.

A noter : alors que le vote pour le Riksdag est strictement réservé aux citoyens suédois, les étrangers peuvent voter aux élections régionales et municipales. Les citoyens de l’UE, de l’Islande et de la Norvège y ont droit dès leur enregistrement de résidence, tandis que les ressortissants de pays tiers acquièrent ce droit après trois ans de résidence continue dans le pays.

Les enjeux majeurs

La campagne a été dominée par des thèmes susceptibles de favoriser l’opposition de droite: criminalité et règlements de comptes meurtriers de gangs, flambée des prix des carburants et de l’électricité, problèmes d’intégration… La violence des réseaux criminels reste une priorité de sécurité publique. Tous les partis s’accordent sur la fermeté, mais s’opposent sur les moyens. La politique d’immigration a également pris une place centrale dans la campagne électorale : durcissement marqué des conditions d’obtention de la nationalité, restriction du regroupement familial et fin des cartes de séjour permanentes automatique pour l’asile sont autant de thèmes qui ont émaillé le discours des politiques. La hausse des prix de l’énergie et des carburants qui pèse sur les ménages a également été un thème récurrent.

Les forces en présence

Très fracturé, le paysage politique suédois reste divisé en deux grands blocs : l’opposition de gauche (Bloc Rouge-Vert) qui devance le gouvernement sortant dans les intentions de vote et la majorité sortante (Bloc de droite). 

L’opposition de gauche (Bloc Rouge-Vert) 

Le bloc rouge-vert suédois est une alliance électorale et politique de centre-gauche.

  • Les Sociaux-Démocrates (S) : menés par Magdalena Andersson. Premier parti du pays, ils prônent le renforcement de l’État-providence, la régulation des écoles privées et une gestion ferme de l’immigration.
  • Le Parti de Gauche (V) : mené par Nooshi Dadgostar, le Parti de Gauche se concentre sur la lutte contre les inégalités, la fin des profits dans les services publics et une politique climatique ambitieuse.
  • Le Parti de l’Environnement (MP) : focalisé sur la transition écologique radicale et la protection de la biodiversité, le Miljöpartiet suédois est dirigé par un duo de porte-paroles : Amanda Lind (depuis avril 2024) et Daniel Helldén (depuis novembre 2023).

La majorité sortante : le Bloc de droite

Soutenue par l’accord gouvernemental de Tidö  qui a consacré en 2022 la création d’une coalition tripartite de centre-droite, la majorité sortante fait face à une érosion. Elle se compose :

  • des Démocrates de Suède (SD) : Parti de droite nationaliste dirigé par Jimmie Åkesson, qui recueille environ 19-20 % des voix.

  • des Modérés (M) : Le parti conservateur du Premier ministre Ulf Kristersson plafonne autour de 17 %. Il défend les baisses de taxes, l’énergie nucléaire et un renforcement des pouvoirs policiers.

  • des Chrétiens-démocrates (KD) et Libéraux (L) : Les Chrétiens-démocrates tournent autour des 6-7 %, tandis que les Libéraux frôlent la barre critique de disqualification des 4 %, risquant de faire perdre de précieux sièges au bloc de droite.

Un scrutin qui s’annonce très serré

Alors que les précédentes études d’opinion faisaient état d’une victoire quasi certaine des sociaux-démocrates menés par Magdalena Andersson, les derniers sondages montrent que le gouvernement du Premier ministre Ulf Kristersson, en poste depuis 2022, garde ses chances de remporter le scrutin. Il y a deux semaines, la coalition de centre-gauche possédait une avance de 10 points, les observateurs indiquant à l’époque que le retard serait insurmontable avant le jour J. Or, selon un sondage mené par Demoskop la coalition de centre-gauche bénéficierait de 50,6% d’intention de vote, alors que la coalition au pouvoir récolterait 47,3% des suffrages.

L’écart de 3,3% est le deuxième plus petit observé dans les études d’opinion publiées cette année en Suède alors que la précédente étude d’opinion de Demoskop faisait état d’une différence de 5,8%.’ L’élection n’est cependant en aucun cas jouée. “Cela va être serré“, a déclaré Andersson aux journalistes jeudi. Selon ce sondage, le parti des Libéraux, partenaire de la coalition gouvernementale, ne récolterait que 2,8%, loin du seuil des 4% qui garanti un accès au Parlement. La droite serait alors créditée de 163 des 345 sièges parlementaires contre 186 pour la coalition de centre-gauche.

 

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