La Finlande et la Suède soumettent leur demande d’adhésion à l’OTAN

Après des décennies passées à l’écart des alliances militaires, la Finlande et la Suède ont soumis ce mercredi 18 mai leurs demandes d’adhésion à l’Otan. Un moment qualifié d’“historique, à un moment critique pour notre sécurité“, par le secrétaire général de l’Alliance atlantique.

C’est un bouleversement stratégique majeur dans l’histoire des deux pays. Attachées pendant des décennies à leur longue politique de non-alignement militaire, la Finlande et la Suède ont déposé simultanément ce mercredi, leur demande d’adhésion à l’Alliance atlantique (OTAN), en conséquence directe de l’invasion russe en Ukraine. “J’accueille chaleureusement les demandes d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN“, a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg après avoir reçu les lettres de candidature des ambassadeurs des deux pays nordiques. “C’est un moment historique à un moment critique pour notre sécurité. Nous allons conclure rapidement »,  at-il ajouté.

Avec le feu vert mardi,à une majorité écrasante de plus de 95 % du Parlement finlandais, tout était en place pour l’arrivée simultanée des demandes d’adhésion des deux pays au siège de l’Alliance à Bruxelles. “Je suis heureuse que nous ayons pris le même chemin et que nous puissions le faire ensemble“, a déclaré la première ministre suédoise Magdalena Andersson, au côté du président finlandais Sauli Niinistö, en visite d’État à Stockholm. Le duo nordique se rendra jeudi à Washington pour rencontrer le président américain Joe Biden, a annoncé la Maison-Blanche.

Un processus d’adhésion accéléré

La candidature des deux pays doit maintenant être étudiée par les trente pays membres de l’Alliance. Ce processus devrait prendre environ deux semaines. Si les pourparlers d’adhésion se déroulent comme prévu, les deux pays pourraient devenir membres d’ici à quelques mois. Le processus prend généralement huit à douze mois, mais l’OTAN veut agir rapidement compte tenu de la menace que représente la Fédération de Russie pour la Finlande et la Suède.

Le Canada s’est déjà engagé à accélérer le processus : “Nous sommes en faveur, et nous sommes en faveur non seulement d’une adhésion, mais d’une adhésion rapide“, a déclaré lundi la ministre des affaires étrangères canadienne, Mélanie Joly. Évoquant les valeurs communes et les “armées fortes“ des deux pays, la ministre n’a pas caché l’objectif d’Ottawa d’être un des premiers pays à ratifier leur entrée. “Contrairement à plusieurs pays, nous avons un processus qui est très rapide“, at-elle précisé, en ajoutant qu’elle avait déjà échangé avec l’opposition à ce sujet.

Un danger venu de l’intérieur

Les deux pays nordiques sont désormais confrontés à des mois incertains, en raison de l’opposition d’Ankara à leur adhésion à l’OTAN. La Turquie, dont la ratification est impérative comme celle de chacun des 30 membres de l’OTAN, a en effet réaffirmé lundi son hostilité à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’Alliance atlantique, malgré des discussions diplomatiques durant le week-end. Elle reproche notamment aux deux états, de ne pas approuver ses demandes d’extradition des personnes qu’elle accuse d’être membres d’“organisations terroristes“, comme le PKK kurde, ou d’avoir gelé des exportations d’armes vers la Turquie. Ankara “ne cédera pas“, a martelé le président turc Recep Tayyip Erdogan, accusant notamment la Suède d’être “la pépinière des organisations terroristes“ et lui reprochant d’avoir pris des sanctions contre son pays.

La Turquie peut ainsi ralentir le processus d’adhésion en refusant l’ouverture des discussions au sein du Conseil Atlantique, première étape de la procédure. Elle peut ensuite bloquer en refusant de signer les protocoles d’adhésion et enfin refuser purement et simplement de ratifier l’adhésion.

Malgré les menaces de blocage du président turc, son homologue finlandais s’est dit “optimiste“, mardi, sur le fait d’obtenir le soutien de la Turquie à l’adhésion de son pays et de la Suède à l’OTAN.  “Les derniers jours ont été un peu surprenants“, a souligné Sauli Niinistö lors d’une visite d’Etat en Suède, coïncidant avec l’annonce de la candidature des deux pays nordiques. Au cours d’un appel, le mois dernier, avec le président Erdogan, ce dernier s’était dit “favorable“ à l’entrée de la Finlande “et, la semaine dernière, il s’est dit “pas favorable“, a-t-il ajouté. “Cela signifie que nous devons continuer nos discussions. Je suis optimiste“, a affirmé le président finlandais. “A l’aide de discussions constructives, j’ai confiance que la situation peut-être résolue“, at-il déclaré en conclusion.

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