Législatives : les partis de la majorité présidentielle scellent leur entente

Les partis de la majorité présidentielle ont scellé leur entente pour les législatives sous la forme d’une confédération, baptisée “Ensemble“. Parmi les 187 premiers candidats investis, dont les noms ont été dévoilés hier soir, 10 ministres et un ancien Premier ministre, Manuel Valls.

Après la gauche, la macronie se met en ordre de marche . Depuis le siège du parti présidentiel, rue du Rocher, à Paris (8arrondissement), les trois chefs de la majorité présidentielle réunis devant la presse ont offert jeudi un show d’unité. Après des jours et quelques nuits de négociations, Edouard Philippe, Richard Ferrand et François Bayrou se sont accordés hier sur la création d’une “confédération“ pour se lancer dans la bataille des législatives. Une première salve de 187 candidats au total a été officialisée hier, et une deuxième est annoncée pour samedi.

Une bannière unique : “Ensemble“

Ce sera donc au final une confédération qui réunira pour les élections législatives, les partis de la majorité présidentielle. Les candidats investis par cette dernière feront ainsi campagne sous la bannière “Ensemble“. Une “confédération“ partisane rassemblant La République en Marche (LaREM), rebaptisée “Renaissance“, les centristes du MoDem et Horizons, la formation de centre droit créée par l’ancien premier ministre, Édouard Philippe. Après un partage électoral, les différents partis présenteront une candidature unique par circonscription électorale pour les législatives et partageront la même association de financement. “Ensemble, c’est le rassemblement, la volonté d’être soudé, d’être côte à côte pour porter le projet, les valeurs, les idées d’Emmanuel Macron, mais aussi des formations politiques qui composent la majorité présidentielle“, a résumé Richard Ferrand, en ouvrant la conférence de presse.

La confédération sera dirigée par le président sortant de l’Assemblée nationale, un proche d’Emmanuel Macron, avec à ses côtés deux vice-présidents : François Bayrou et Edouard Philippe. Stanislas Guerini, l’actuel délégué général de LaREM, en sera le secrétaire général.  L’idée d’un grand parti unique, esquissée par Emmanuel Macron au soir du premier tour de l’élection présidentielle, a donc fait long feu.

L’accord électoral

L’accord électoral scellé entre les trois forces politiques soutenant Emmanuel Macron prévoit une répartition des sièges pour les législatives de juin, avec une candidature commune et unique par circonscription.  “Nous n’accepterons pas les dissidences“, a prévenu François Bayrou, le président du Modem. La répartition des investitures prévoit 400 candidats pour “Renaissance“ (ex LaREM), 58 pour Horizons et entre 101 et 110 pour le Modem.

Dans le camp de l’ex Premier ministre, on argumentait que dans certaines circonscriptions tenues par des sortants LaREM, des personnalités d’Horizons étaient parfois mieux placées pour gagner la bataille des législatives. Au final, il semblerait donc qu’Edouard Philippe, qui emporte 58 circonscriptions, dont une partie concernant des députés sortants déjà étiquetés Horizons, ait cédé sur ce point.. Mais le principe de “reconduction des sortants“ fait partie de l’accord, selon Gilles Boyer, le plus proche soutien de Philippe, qui se dit “déçu de pas avoir obtenu plus“, ayant défendu des candidatures de “très bonne qualité“.

Chacune des composantes de la majorité pourra disposer d’un groupe parlementaire propre, sous réserve évidemment d’obtenir au moins quinze députés.

187 premiers candidats

La majorité présidentielle a annoncé jeudi les noms des 187 premiers candidats qui vont être investis pour les élections législatives de juin. Une seconde salve doit être dévoilée samedi. Dans le détail, 94 femmes et 93 hommes se présenteront devant les Français les 12 et 19 juin prochains. 101 sont des députés sortants et 86 de nouveaux candidats. Parmi eux, on compte 43 élus locaux et 43 personnes issues de la société civile. La moyenne d’âge des candidats présentés est de 49 ans. La candidate la plus jeune est âgée de 27 ans et la plus âgée de 77 ans.

Les 187 candidats investis “l’ont été sur proposition des différentes partenaires“ et sont “représentatifs de ce qu’est aujourd’hui la majorité : diverse, forte de parcours très différents, implantée sur les territoires, notamment avec de nombreux élus locaux“, indique le dossier de presse diffusé jeudi par les protagonistes.

Dix ministres

Parmi les candidats investis par la majorité présidentielle, figurent également les noms de plusieurs ministres, en poste lors du premier mandat d’Emmanuel Macron. Parmi ces derniers, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, se présentera dans la 2e circonscription de l’Ardèche, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer dans la 4e circonscription du Loiret et la ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert dans la 1ère circonscription du Haut-Rhin.

Dans la région Île-de-France, Amélie de Montchalin, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, est investie dans la 6e circonscription de l’Essonne, le Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, dans la 7e de Paris et le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dans la 10e des Hauts-de-Seine. Enfin, la 8e circonscription du Val-de-Marne verra la candidature d’Emmanuel Wargon, ministre déléguée chargée du Logement.

Dans le département du Nord, l’actuel ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sera en lice dans la 10e circonscription qui regroupe une partie de la ville de Tourcoing, dont il a été élu maire en mars 2020. et le Secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski dans la 11e circonscription. Enfin, le parti présidentiel a investi ministre du Travail Elisabeth Borne, dans la 6e circonscription du Calvados, La ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, réfléchit à une candidature dans le Pas-de-Calais mais n’a pas encore pris sa décision. En revanche,  Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti ont annoncé hier qu’ils ne seraient pas candidats.

Parmi les autres noms à noter dans la liste publiée jeudi soir : l’investiture du rallié des Républicains, Eric Woerth, qui se représentera dans sa circonscription de l’Oise. Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, briguera quant à lui un nouveau mandat en Bretagne.

Et un ancien Premier ministre

Pour son retour dans la vie politique française, après un exil de deux ans à Barcelone, Manuel Valls remporte également l’investiture de Renaissance. L’ancien Premier ministre va devoir affronter une candidature dissidente dans la 5e circonscription des Français de l’étranger, une zone qui comprend l’Espagne, le Portugal, Andorre et Monaco. Le député sortant, Stéphane Vojetta (LaREM), a annoncé hier qu’il comptait se représenter et s’est dit  “surpris“ par la candidature de M. Valls. “En tant que député proche et, je pense, apprécié de mes compatriotes, j’étais le candidat naturel à l’investiture dans cette circonscription où j’ai posé mes valises il y a une vingtaine d’années et à laquelle je suis resté fidèle“, écrit-il dans un communiqué

 

 

 

 

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