Revendications, manifestations… A quoi faut-il s’attendre ce 1er mai ?

Une semaine après la victoire d’Emmanuel Macron à la Présidentielle, les syndicats entendent bien faire de ce 1er mai, un “troisième tour social“.  Une intersyndicale – réunissant la CGT, la FSU, Solidaires, l’UNSA – et FO appelle à défiler ce dimanche à Paris pour la défense du pouvoir d’achat et contre la retraite à 65 ans. Entre 100 et 150 points de rassemblement sont prévus dans tout l’hexagone. Les détails.

C’est un 1er mai qui tombe à point nommé. Une semaine après la réélection du président sortant,  syndicats entendent faire de cette fête du travail, un premier rendez-vous du “troisième tour social“ promis par la gauche au soir de la présidentielle. Au rang des principales revendications attendues : l’augmentation des salaires, la justice sociale et environnementale, et surtout, l’opposition à la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. “On doit reprendre la main et ça commence le 1er mai“, déclare Benoît Teste, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU), un des quatre syndicats qui appellent à manifester ce dimanche.

Parmi les autres revendications de l’intersyndicale, “les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique“.

Un “troisième tour social“ qui divise

Quatre organisations syndicales de salariés sont à l’origine de cet appel à la mobilisation : la CGT, la FSU, Solidaires et – fait très inhabituel – l’UNSA. Une coalition dans laquelle s’agrègent également des mouvements étudiants et lycéens (UNEF, FIDL, etc.). Contrairement à l’année dernière, Force Ouvrière (FO) a décidé de ne pas s’inscrire cette année dans un 1er mai unitaire, au plan national. Ses troupes participeront, ici et là, aux actions locales lancées, notamment au défilé dans la capitale. Son secrétaire général, Yves Veyrier  qui tient à mettre les points sur les “I“, déclare : “ Je me refuse à faire de ce 1er Mai un troisième tour social“, en insistant sur la distinction entre le “champ politique“ et celui qui relève des organisations syndicales.

La CFTC, elle aussi, ne souhaite pas être associée au “troisième tour social“ , éminemment politique aux yeux de son président, Cyril Chabanier.“Ça mélange un peu tous les genres “ relève-t-il, en faisant allusion à la présence, dans les cortèges, de responsables de partis de gauche, dont Jean Luc Mélenchon, pour La France insoumise, qui entend tirer parti de cette journée pour mener campagne dans la perspective des législatives et pour exprimer son hostilité à la mise en œuvre du programme d’Emmanuel Macron.

La CFDT enfin prend également ses distances avec l’intersyndicale. Le syndicat numéro qui organise son propre rassemblement dans le 18ème arrondissement de Paris autour de la transition écologique et du travail, espère un changement de méthodes et un dialogue avec l’exécutif. “S’il n’y a pas de réponse (…), il y a des risques de colère qui s’exprime différemment“ a déclaré son patron Laurent Berger, samed, sur France Info, mettant en avant sa volonté de “co-construction“.

Entre 90.000 et 100.000 participants

Selon une source policière, “entre 90.000 et 100.000 participants“ sont attendus sur l’ensemble du territoire. Des chiffres relativement proches de ceux de 2021, marquée par le retour des défilés dans la rue, après une année sous cloche en 2020, en raison du confinement. “Beaucoup de monde, mais moins d’incidents que l’année dernière“ : telle est l’analyse des forces de l’ordre, qui font référence aux cortèges qui avaient été troublés par de nombreux incidents et affrontements en 2021, à Lyon et surtout à Paris. Aucun dispositif de sécurité particulier n’est prévu. En revanche, les autorités surveilleront les appels de l’ultra-gauche et de l’ultra-droite à rejoindre les cortèges du 1er mai.

Plusieurs manifestations dans la capitale

La manifestation intersyndicale

La manifestation intersyndicale parisienne partira à 14 h 30 de la place de la République en direction de la place de la Nation. Comme toujours, le cortège parisien suscitera une attention particulière. On y attend 20.000 personnes environ qui seront encadrées de manière stricte. Une vingtaine de forces mobiles sont d’ores et déjà mobilisées – composées de CRS et de gendarmes. Au total donc, ce sont quelque 1500 membres des forces de l’ordre qui sont pour l’heure prévus au programme.

Des figures de gauche sont attendues dans le cortège parisien, dont Jean-Luc Mélenchon (LFI), le chef de file d’EELV, Julien Bayou, et son homologue du PS, Olivier Faure. Le communiste Fabien Roussel sera à Lille. Il n’est pas dit que les partis de gauche, engagés dans de difficiles tractations autour de LFI avant les élections législatives, défilent sous une bannière commune.

À la demande de la Préfecture de Police, plusieurs stations de métro se trouvant sur le parcours seront fermées: les trains ne marqueront pas l’arrêt et les correspondances éventuelles ne seront pas assurées. Ce sera le cas :

à partir de 10h, de la station Champs-Élysées-Clémenceau (M1 et M13)

À partir de 12h, des stations suivantes :

· Nation (M1, M2, M6, RER A)
· Temple (M3)
· Oberkampf (M5, M9)
· Saint-Ambroise (M9)
· Voltaire (M9)
· Charonne (M9)
· Rue des Boulets (M9)
· Richard Lenoir (M5)
· Bréguet-Sabin (M5)
· Filles du Calvaire (M8)
· Parmentier (M3)
· Rue Saint Maur (M3)

Certaines artères de la capitale seront également interdites à la circulation.  Ce ne sera pas le cas cette année des Champs-Élysées, qui n’ont pas été inclus dans les rues interdites à la circulation automobile et seront donc ouverts aux véhicules.

Les autres rassemblements

D’autres défilés sont prévus dans la capitale avec notamment un rassemblement Force ouvrière dès 10 heures place Gambetta après un hommage du syndicat aux 147 derniers communards fusillés contre le Mur des Fédérés du Père Lachaise. Des rassemblements de Gilets Jaunes sont prévus au square du Temple et place du Maréchal-Juin.

Entre 100 et 150 rassemblements sur tout le territoire

Entre 100 et 150 points de rassemblement sont prévus dans le pays, selon la secrétaire confédérale de la CGT, Céline Verzeletti. Selon BFM TV, les métropoles de Marseille où l’on attend 5000 manifestants, de Nantes où on table sur 3500 personnes , de Rennes (2000 personnes attendues), où une manifestation d’ultra-gauche a été interdite, de Dijon (1500), ou encore de Strasbourg (environ 1200 escomptés) feront l’objet d’une vigilance policière amplifiée. Des cortèges devraient prendre au moins autant d’ampleur que celles-ci mais leur niveau de risque est jugé inférieur: c’est le cas de Lyon – avec 5000 participants prévus -, à Grenoble – 4000 personnes -, et enfin Saint-Etienne, où on pourrait dénombrer 3000 individus dans le cortège.

 

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