Le plan de déconfinement présenté mardi à l’Assemblée

Le Premier ministre, Édouard Philippe présentera la stratégie de déconfinement de la France à l’Assemblée, mardi 28 avril, à 15 heures. Une présentation qui sera suivie d’un vote, malgré les demandes de report de l’opposition.

Samedi 25 avril dans la soirée, Matignon a soudainement accéléré la cadence : le plan de déconfinement qui devait être débattu au Parlement début mai, sera en fait soumis au vote des députés dès ce mardi, à partir de 15 heures. Le Premier ministre « colle » ainsi au plus près du calendrier fixé initialement par le chef de l’état lors de son allocution du 13 avril. Emmanuel Macron avait alors donné 15 jours au chef du gouvernement pour présenter une stratégie de déconfinement.

A l’origine, ce mardi devait être consacré à la seule question du traçage numérique des données mobiles, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Les députés devaient notamment évoquer la mise en place de l’application mobile « StopCovid ». La députée de la République En Marche (LaREM), et présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet a confirmé que ce vote spécifique n’aurait pas lieu. Pour l’heure, cette question sera évoquée mardi, parmi d’autres, comme l’une des mesures de la stratégie de déconfinement présentée par le Premier ministre.

Les députés « vent debout » contre la stratégie du gouvernement

Les Insoumis voteront contre le plan

Unanimes, les oppositions de droite et de gauche se sont insurgés contre cette accélération du calendrier, réclamant un délai pour avoir le temps de juger sur pièce le projet que présentera Edouard Philippe. Les Républicains ont ainsi déploré l’impossibilité d’avoir un « temps de réflexion » et appelé à un report du vote à mercredi ou jeudi , qualifiant « cette accélération du calendrier » de  » déni de démocratie ». Au Parti socialiste, Olivier Faure a demandé que le vote attende la présentation de l’ensemble du plan de déconfinement, une condition pour « voter en connaissance de cause. » Quant aux Insoumis, leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon a prévenu que les députés de son groupe ne voteraient pas le plan de l’exécutif, dénonçant dimanche, une « imposture » et une « méthode insupportable », qui ne laisse « aucun temps d’examen critique ».

La protestation de « Marcheurs »

La question fait débat, y compris au sein de la majorité où des députés ont réclamé un report du vote. Une façon de « se prononcer en sérénité » plaide la députée LaREM, Martine Wonner, dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Autre figure à l’aile gauche du parti, Aurélien Taché, estime que la méthode présentée « ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant ».

Pas de report du vote à l’Assemblée

En dépit de la requête unanime des groupes d’opposition examinée lundi matin, lors de la conférence des présidents de l’Assemblée, les députés devront se prononcer mardi après-midi, dans la foulée de la déclaration du premier ministre. Le gouvernement, par la voix du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, y a opposé une fin de non-recevoir, maintenant le vote à mardi, en fin de journée.

Une déclaration historique suivie d’un vote

Des débats d’une durée de près de 3 heures

Les députés se prononceront donc, mardi, sur l’ensemble de la stratégie de déconfinement du gouvernement. Dans le détail, à 15 heures, Edouard Philippe, exposera les grandes lignes du plan gouvernemental de déconfinement. Son allocution terminée, le chef du gouvernement regagnera le banc des ministres. S’engagera alors un débat d’au moins 3 heures, orchestré en trois actes, et suivi d’un vote, comme le permet l’article 50-1 de la Constitution.  Dans un premier temps, les représentants de chacun des huit groupes politiques répliqueront au premier ministre ; ensuite, Edouard Philippe leur répondra ; enfin, un député de chaque groupe justifiera son vote. Suivra ensuite le vote du plan de déconfinement, en début de soirée.

Un hémicycle quasi-vide

Malgré le caractère historique de ce débat, c’est devant un hémicycle quasi-vide que s’exprimera Edouard Philippe. Compte de l’assouplissement de son format par l’Assemblée nationale, la semaine dernière, 75 députés au maximum (sur 577) seront présents afin de respecter les règles sanitaires strictes fixées face à l’épidémie de Covid-19. Au total, 100 personnes au plus avec les ministres et les fonctionnaires, seront donc présents. Les députés porteront chacun les voix des membres de leur groupe. Les élus dont la position est différente pourront toutefois se manifester auprès des services de l’Assemblée, jusqu’à 18 heures.

Un dispositif de déconfinement en six points 

Comment déconfiner 67 millions d’habitants à partir du 11 mai ? C’est la question à laquelle va devoir répondre le chef du gouvernement, ce mardi. Les réunions du week-end entre le chef du gouvernement et Jean Castex, chargé d’orchestrer le déconfinement, ont abouti à un plan quasi finalisé. La plupart des copies rendues mercredi par les 17 ministres concernés ont été jugées  « solides » par le Premier ministre. Une réunion interministérielle qui s’est tenue lundi matin a apporté la dernière touche à cet édifice.

Ainsi qu’il l’a indiqué, Edouard Philippe présentera aux députés un dispositif de déconfinement en six points : la santé publique, la réouverture des écoles, la reprise du travail, la réouverture des commerces, la relance des transports publics, et les rassemblements dans les lieux culturels et de cultes.

 

 

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