Assemblée nationale : la distribution des postes clés démarre

Après l’élection des 577 députés de la XVIe législature, l’heure est désormais à la distribution des postes clés à l’Assemblée. Et cela commence par l’élection des présidents des groupes parlementaires. Les différentes formations politiques ont jusqu’au mardi 28 juin, pour désigner leur chef de file.

Ce mercredi s’ouvre au Palais-Bourbon une série d’élections internes pour des postes clés. Les groupes Renaissance, Modem, Horizons et EELV notamment choisiront leur chef de file pour les cinq prochai . Et la majorité désignera son candidat pour la présidence de l’Assemblée nationale. Personnage emblématique, chaque président de groupe dispose de prérogatives. Outre son rôle politique crucial au sein de sa formation politique, il siège au sein de la Conférence des présidents, qui décide de l’ordre du jour de l’Assemblée, aux côtés notamment des présidents des huit commissions permanentes.

Un changement de présidence pour plusieurs groupes

Du côté des oppositions

La France Insoumise (LFI) a ouvert le bal mardi en fin de journée avec la reconduction à l’unanimité, à la tête du groupe La France insoumise (LFI), de Mathilde Panot. Figure de LFI,  la députée du Val-de-Marne, âgée de 33 ans, était la seule candidate à ce poste, qu’elle occupait déjà lors de la précédente législature. “Avec la Nupes, nous serons une opposition combative et déterminée“, a-t-elle aussitôt tweeté. “C’est une grande fierté, on multiplie par plus de deux le nombre de députés.“ Elle va toutefois devoir diriger un groupe bien différent de celui de l’ancienne législature, avec environ 75 députés, au sein d’une coalition de gauche Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) de quelque 150 élus.

Chez Europe Écologie Les Verts (EELV), les noms de Julien Bayou et Sandra Regol, respectivement numéro un et numéro deux du parti et tous deux fraîchement élus, circulent logiquement, tandis que chez les socialistes, on ne se bouscule pas au portillon pour succéder à Valérie Rabault, qui elle-même laisse planer le mystère sur ses intentions. Les intéressés ont jusqu’à cet après-midi pour se déclarer. Pour le groupe Gauche démocrate et républicaine, majoritairement composé de communistes, Fabien Roussel a exprimé le souhait qu’André Chassaigne reste en poste.

Toujours du côté des oppositions,  le match le plus relevé se jouait ce mercredi matin chez Les Républicains (LR) où Julien Dive, le représentant de la jeune garde et proche de Xavier Bertrand affrontait Olivier Marleix, député d’Eure-et-Loir et déjà candidat à la présidence du groupe en 2019. C’est finalement ce dernier qui a été élu, totalisant 40 voix, contre 20 pour son concurrent. Cet ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, proche de Xavier Bertrand et tenant d’une ligne dure face au gouvernement, est loin de faire l’unanimité. Son élection était redouté par certains, comme le néo-député Alexandre Vincendet, élu dans le Rhône, qui a fait savoir qu’il quitterait le groupe dans un tel cas. A noter qu’Eric Ciotti, qui lorgnait sur le poste et défend lui aussi une ligne d’opposition très claire, a finalement renoncé hier à se présenter.

Enfin, sans surprise, Marine Le Pen devrait prendre la tête du groupe Rassemblement National.

Du côté de la “majorité“

Bien que moins intense, le suspens est également total pour le groupe la République En Marche (bientôt Renaissance), qui doit également élire son président de groupe ce mercredi. Quatre candidats sont en lice pour succéder à Christophe Castaner : Stella Dupont, Rémy Rebeyrotte, Guillaume Vuilletet et Aurore Bergé. L’opiniâtre députée des Yvelines, qui mène une campagne interne depuis des semaines, deux ans après avoir échoué à décrocher le poste face à Christophe Castaner, part largement favorite, bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité.

Les autres partis ont jusqu’à mardi, jour d’ouverture de la législature, pour élire leurs présidents de groupe. Toujours dans la majorité, trois candidats seraient en lice pour succéder à Patrick Mignola comme patron des députés MoDem : Elodie Jacquier-Laforge, Jean-Paul Mattei et Nicolas Turquois, selon L’Opinion, tandis que le Corse Laurent Marcangeli, un proche d’Edouard Philippe, est pressenti pour Horizons.

Les députés de la majorité doivent par ailleurs désigner aujourd’hui à 17h30 leur candidat au Perchoir. Ce dernier devrait être élu par ses pairs lors d’un vote à bulletin secrets et à la tribune mardi prochain, ce poste revenant logiquement à la majorité, toute relative qu’elle soit. Le scrutin inaugurera le bal des nominations aux autres postes clés de la chambre.

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