Coronavirus : les annonces phares d’Emmanuel Macron

Lors d’une troisième allocution solennelle aux français, Emmanuel Macron a esquissé pour la première fois, lundi soir, les contours d’une sortie de crise. Un discours sobre d’une trentaine de minutes, marqué par la promesse d’un déconfinement progressif à partir du 11 mai. Les crèches, écoles, collèges et lycées  rouvrirons progressivement, des masques pour tous seront distribués et des tests systématiques pratiqués. Sans oublier des aides renforcées.  Retour sur la série d’annonces formulée par le chef de l’état ce 13 avril.

C’était une allocution très attendue, suivie par quelques 36,7 millions de français. Un record d’audience absolu. Lors d’une prise de parole à 20h02, pour laisser le temps aux français d’applaudir les soignants en première ligne, Emmanuel Macron a pris pour la troisième fois la parole depuis le 17 mars.  Le chef de l’état a esquissé dans la soirée de lundi, des voies pour sortir de la crise sanitaire qui paralyse le pays. Et promis aux français le retour « des jours heureux« , même si « rien n’est acquis« .

Un confinement strict jusqu’au 11 mai

Assurant que la situation est toujours très tendue en région Grand Est et en Île-de-France, le président a indiqué que « l’épidémie n’est pas encore maîtrisée »« C’est pourquoi le confinement le plus strict doit se poursuivre jusqu’au lundi 11 mai ». « C’est la condition pour ralentir davantage l’avancée du virus« . Les règles ne seront « ni renforcées ni allégées », mais elles devront être « pleinement appliquées », a averti le chef de l’État. Elles seront levées le 11 mai de façon « de façon progressive », a t-il ajouté.

Emmanuel Macron s’est toutefois voulu prudent sur cette date : « Le lundi 11 mai ne sera possible que si nous continuons d’être responsable et si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir. Je mesure l’effort que je vous demande ». Une prudence confirmée au lendemain des annonces présidentielles, par le ministre de l’Intérieur sur les ondes de France Inter. Interrogé sur la date du 11 mai, Christophe Castaner a insisté sur le fait que « ce qu’a annoncé le président, ce n’est pas le déconfinement le 11 mai, c’est le confinement jusqu’au 11 mai. Il y a des conditions pour que nous puissions déconfiner le 11 mai. C’est un objectif, pas une certitude », a t-il déclaré.

Une fin de confinement qui ne touchera toutefois pas les publics les plus fragiles. Les personnes les plus vulnérables, personnes âgées ou en situation de handicap sévère ainsi que celles atteintes de maladie chronique « devront rester confinés même après le 11 mai, tout au moins dans un premier temps », a précisé Emmanuel Macron.

Alors que la possibilité de « »tracer » les déplacements des Français via leur smartphone fait débat, le Président a évoqué une « ​application numérique dédiée, sur la base du volontariat, pour savoir si les personnes malades ont été en contact avec d’autres« ,  renvoyant son utilisation à un débat parlementaire. « Le gouvernement aura à y travailler mais je souhaite qu’avant le 11 mai nos Assemblées puissent en débattre car cette épidémie ne saurait affaiblir notre démocratie ni mordre sur nos libertés », a-t-il assuré.

Une fermeture maintenue, pour les bars, restaurants, cinémas, musées

Les «  lieux de rassemblement du public »  ne rouvriront pas «  à ce stade », a prévenu le chef de l’état, en énumérant « restaurants, cafés, hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacle et musées ». Les festivals seront également annulés  jusqu’à « mi-juillet au moins ». « La situation sera collectivement évaluée à partir de mi-mai, chaque semaine », a assuré le président, qui a également annoncé la fermeture des frontières « jusqu’à nouvel ordre ».

Une réouverture des écoles à partir du 11 mai, mais pas des universités

Si tout se passe bien, les enfants des crèches, écoles, collèges et lycées seront les premiers à retrouver le chemin des établissements scolaires pour éviter, « un creusement des inégalités« , a indiqué le chef de l’état. « A partir du 11 mai, nous rouvriront progressivement les crèches, écoles, collègues, lycées», a annoncé Emmanuel Macron. « Trop d’enfants, dans les quartiers populaires, sont privés d’écoles et ne peuvent être aidés de la même manière. Les inégalités de logement sont encore plus marquées », a-t-il déploré. Un retour à la normale qui ne concernera toutefois pas les étudiants de l’enseignement supérieur, dont les cours ne reprendront pas physiquement jusqu’à l’été.

Des tests systématiques en cas de symptômes et des masques pour tous, après le 11 mai

Pour réussir la sortie du confinement, alors qu’une «  ​minorité de Français »  seulement est immunisée, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une « organisation nouvelle »  à partir du 11 mai.  Une utilisation « la plus large possible » de tests sera réalisée dans les prochaines semaines a indiqué le chef de l’état. Les personnes dépistées en priorité seront les soignants, les personnes âgées et les plus fragiles. « Le 11 mai, nous serons en capacité de traiter toutes les personnes présentant des symptômes » a assuré Emmanuel Macron. Par ailleurs, à partir de cette même date, chaque Français pourra se procurer « un masque grand public », qui pourrait être obligatoire en certaines circonstances, dont les voyages en transports en commun. « Le gouvernement présentera d’ici 15 jours les détails de l’après 11 mai » a indiqué le chef de l’état.

Des aides aux entreprises et aux plus démunis

Les mesures de chômage partiel « prolongées et renforcées »

Conscient que la vie économique du pays est fortement pénalisée par la crise sanitaire, le chef de l’Etat a annoncé que sur cette période, les mesures d’activité partielle et les aides aux entreprises seront prolongées et renforcées. « Quand la sécurité des travailleurs et des entrepreneurs est bien garantie, ils doivent pouvoir produire. Pour tous ceux qui doivent être aidés durant cette période, les mesures de chômage partiel pour les salariés et de financement pour les entreprises seront prolongées et renforcées », a indiqué le chef de l’État. Ce dernier a annoncé l’accroissement des aides aux entreprises, afin que les banques puissent décaler les échéances. Un plan spécifique pour les secteurs touchés, comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la culture, sera lancé prochainement. Des aides spécifiques seront mises en place pour soutenir ces secteurs. Emmanuel Macron n’a en revanche pas répondu à la demande du Medef d’augmenter le temps de travail, qui fait polémique depuis ce week-end.

Mais l’exécutif attend également une contribution de plusieurs secteurs économiques à l’effort de solidarité dont la banque et l’assurance. « Je souhaite que les banques décalent les échéances (…) et les assurances doivent aussi être au rendez-vous de cette mobilisation économique. J’y serai attentif  » a souligné le président de la République avec détermination.

Une aide exceptionnelle pour les familles et les étudiants précaires

Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une aide exceptionnelle pour les familles les plus démunies, afin de leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels. Il demande au gouvernement de « verser sans délai une aide exceptionnelle pour les familles les plus modestes afin de faire face aux besoins essentiels « . Il promet également une aide pour les « étudiants les plus précaires ». Ces mesures seront étudiées dès mercredi en conseil des ministres.

« Des failles, des insuffisances » dans la gestion de la crise

Etions-nous préparé pour cette crise? « A l’évidence, pas assez”, a reconnu Emmanuel Macron qui a admis “des failles, des insuffisances”, notamment sur la pénurie de masques, de blouses et de gel hydroalcoolique. « Dès l’instant où ces problèmes ont été identifiés, nous nous sommes mobilisés, mais je mesure que quand on est au front il est difficile d’entendre qu’une pénurie mondiale empêche les livraisons. D’ici trois semaines, nous aurons multiplié par cinq la production de masques et nous aurons produit 10000 respirateurs de plus », a assuré le président. « Comme vous, j’ai vu des ratés, encore trop de lenteurs, des faiblesses de notre logistique. Nous en tirerons les conséquences en temps voulu ». 

Si l’opposition salue le « début de mea-culpa » du chef de l’état, la déclaration du président a toutefois reçu un accueil mitigé de la part de nombreux responsables politiques.

 

 

 

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