Nouvelles restrictions en Ile-de-France : “l’heure est venue“

Un durcissement des mesures sanitaires devrait être annoncé ce soir par le Premier ministre lors de la traditionnelle conférence de presse. Le confinement des deux régions les plus touchés par la Covid, à savoir l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, est envisagé. Reste à en définir les modalités, alors que le gouvernement poursuit ses consultations avec les élus locaux. Coulisses d’une décision à venir.

 

L’exécutif prépare maintenant le terrain depuis plusieurs jours. Très présent dans les médias, Jean Castex a dès dimanche soir annoncé sur le réseau social Twitch“un possible confinement de l’Ile-de-France“. S’il est nécessaire, comme on l’a fait ailleurs, nous y procéderons“, avait t-il indiqué au journaliste Samuel Etienne. Un mantra réaffirmé dès le lendemain sur BFMTV. Il me semble que le moment est venu de prendre des dispositions pour l’Ile-de-France, avait indiqué le Premier ministre (…) . “Les données d’un reconfinement de la région sont réunies“, avait t-il affirmé. 

Une confirmation de la mesure a été apportée ce mercredi par le porte-parole du gouvernement. Au cours d’un Conseil de défense sanitaire qui s’est tenu mercredi matin à l’Élysée, “il a été décidé que des mesures supplémentaires allaient être prises“, a indiqué Gabriel Attal à l’issue du conseil des ministres. “Pour ce qui est des mesures qui peuvent être prises, c’est tout l’objet des concertations qui sont menées au niveau local“ a-il ajouté, sans autre précisions.

Si une décision de confinement pour les deux régions de France les plus touchées par l’épidémie, à savoir l’Ile-de-France et les Hauts-de-France est imminente, reste à en définir les modalités.

Les discussions en coulisses

Lors d’un conseil de défense décrit comme “studieux mais très froid“,, mercredi matin, trois scénarios de confinement ont été présentés par le ministre de la Santé. Les deux premiers consistaient en un confinement à la semaine, l’un uniquement en Ile-de-France, l’autre en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et en PACA. Le troisième consistait en un confinement national.

Mais ces trois pistes ont été rejetées par la quasi-totalité des intervenants. À commencer par Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, qui plaident tous deux pour un durcissement le week-end uniquement. “Cinq jours d’ouverture et deux jours de fermeture valent toujours mieux que sept jours de fermeture“, a insisté le ministre de l’Économie, avant d’être rejoint sur cette ligne par Emmanuel Macron.“Le confinement ne doit être envisagé qu’en ultime recours“, a rappelé le chef de l’État.

Quelques heures plus tard, L’Express, puis Le Figaro toujours, écrivaient que la décision avait finalement été prise de confiner partiellement la région parisienne, le week-end uniquement. Le quotidien ajoutait que la mesure serait également étendue à l’ensemble des Hauts-de-France. Des informations que l’Elysée n’a pas pris la peine de démentir, assurant seulement que les décisions n’étaient pas prises. “Rien n’est encore décidé définitivement“, confirmait hier soir à Playbook, l’un des ministres présents au Conseil de défense.

Un peu plus tard dans la journée, le président de la République a visité un service de réanimation à Poissy dans les Yvelines. Il s’est, au passage, entretenu avec des maires franciliens auprès de qui il a voulu “prendre le pouls“, au grand dam de la présidente de région, Valérie Pécresse, qui n’a pas apprécié de découvrir le déplacement présidentiel sur BFMTV et l’a fait savoir. Les douze élus, dans l’ensemble défavorables à une mesure le week-end, ont plaidé la “spécificité“ de la région Ile-de-France. La présidente de région a indiqué mercredi à Jean Castex et Olivier Véran qu’elle privilégierait un confinement le week-end à un confinement total, à condition d’avoir une “réelle accélération sur la vaccination“.

Lors de cette visite, bien qu’ayant souligné aussi que la situation était “critique“ en région francilienne ainsi que dans les Hauts-de-France, les Alpes-Maritimes et le Grand-Est, avec des capacités hospitalières saturées et des séjours plus longs en réanimation, le chef de l’Etat ne serait pas apparu “comme un fervent défenseur du confinement le week-end“ en Ile-de-France, selon le maire de Poissy, Karl Olive.

Le soir, lors de la réunion de consultation des présidents des groupes parlementaires  — députés, puis sénateurs, dans deux réunions visio différentes — le Premier ministre Jean Castex a expliqué, en substance, que la “logique territoriale“, continuerait d’être privilégiée. Il a soumis aux parlementaires les trois scénarios sur la table : un confinement le week-end, à la façon de ce qui a été fait à Dunkerque et sur le littoral niçois, un confinement comme le dernier, au mois de novembre, et enfin un confinement “à la mode du mois de mars 2020, incluant la fermeture des établissements scolaires”. Une option qui semble avoir été néanmoins écartée d’emblée.

Côté élus locaux, Valérie Pécresse a été contactée hier par téléphone par Jean Castex et Olivier Véran, avec qui elle est convenue qu’un confinement le week-end était à ses yeux la “moins pire“ des solutions, dixit l’un de ses conseillers. La présidente de la région Ile-de-France a néanmoins insisté sur la nécessité d’accélérer la vaccination des Franciliens. La maire de Paris Anne Hidalgo, de son côté, a parlé hier en fin d’après-midi avec le préfet de police. Un échange était prévu avec le Premier ministre hier soir aussi.

Conclusion : “En matière de sanitaire, on ne fait pas de pari. Emmanuel Macron a construit un raisonnement tout seul, à partir de ses lectures, de corrélations hasardeuses entre les effets de la vaccination, le beau temps et je ne sais quoi. Il s’est inventé un trou de souris qui n’existait pas en Ile-de-France.”, indique un haut fonctionnaire de la Santé. “Le même ajoute que les épidémiologistes, s’ils n’ont pas été “à la semaine près“, “ne se sont pas trompés.“

Pour autant, Emmanuel Macron a pris acte de la situation épidémique. “Il faut être pragmatique. Il y a une dégradation des chiffres, et il faut qu’on suive le réel“, a-t-il déploré. En clair, il a demandé à ce que l’exécutif fasse émerger la solution la plus cohérente scientifiquement et la plus acceptable socialement, en lien avec les collectivités locales concernées.

Le sort de la région PACA

La région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ne devrait pas faire l’objet de nouvelles restrictions, malgré des difficultés dans les services de réanimation locaux. Le territoire fait déjà l’objet de mesures locales avec le confinement hebdomadaire instauré à Nice et sur le littoral des Alpes-Maritimes, du vendredi 18 heures au lundi 6 heures. Le gouvernement doit encore acter la prolongation, ou non, de ces restrictions.

 

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